
Les polycliniques de la CNSS cesseront d'être gérées directement par la Caisse et ce, conformément au projet de loi sur l'Assurance maladie obligatoire (AMO). Ces polycliniques feront l'objet, dès l'année prochaine, d'une série d'appels d'offre visant à octroyer leur gestion à des professionnels de la santé. Pour les patients, le transfert devrait s'accompagner d'une amélioration des prestations et de la compétence du personnel soignant. En effet, durant les quatre dernières années, les tarifs instaurés par la Caisse n'ont cessé de baisser avec des abattements de 50% au profit de ses assurés. Des baisses jugées contre nature par la concurrence, les cliniques privées, puisque les 13 polycliniques enregistraient des déficits colossaux - 500 millions de dirhams en 2000 - qui se traduisaient par une dégradation des prestations. En fait, le déficit était d'autant mal apprécié par la concurrence que les tarifs bas des polycliniques profitaient à des patients autres que les assurés - en 2002, sur les 234 millions de dirhams de CA, seuls 12% sont générés par les assurés - et donc aux clients potentiels des cliniques privées.

L'une des réactions les plus attendues au projet de budget 2004 est celle du patronat marocain, la CGEM. Celui-ci, comme à son accoutumée, a publié un concentré de requêtes. Tout y passe, de la traditionnelle suppression de la patente à la limitation des pouvoirs des contrôleurs fiscaux et la durée du contrôle, en passant par une forfaitisation des droits d'enregistrement, pour les augmentations de capital. Bref, la CGEM a fait un tour d'horizon des principales requêtes fiscales de ses adhérents pour les transmettre au gouvernement et à son circuit de lobbying au Parlement. La mauvaise nouvelle est que la réaction de la confédération intervient moins d'une semaine avant le vote du texte. En fait, explique un conseiller USFP, rares sont les amendements portés au projet de budget lors de son passage au Parlement, "encore moins des propositions formulées la veille du vote décisif". Pour le député, dans ce cas, le recours à l'opinion publique n'est pas d'une grande aide, l'essentiel du lobbying se passant dans les coulisses du ministère des Finances. Certes, on ne peut accuser la CGEM de ne pas connaître les couloirs de ce ministère, mais ses dirigeants prennent-ils le temps de les sillonner ?
Devant le silence des sociétés concernées, le marché financier s'attend à une intervention musclée de Bank Al-Maghrib (BAM) pour lever le doute : oui ou non, le CIH, la banque affligée de tous les maux, sera repris par le groupe Banque populaire. Dans le sillage du méga rapprochement entre la BCM et la Wafabank, la rumeur d'une union entre les deux banques, avancée par la presse, selon une source de BAM, a pris de l'ampleur au point de désarçonner les boursicoteurs. Le titre CIH, qui vogue en deçà de son nominal (100 DH) depuis deux ans, a gagné, depuis septembre 2003, plus de 70% de sa valeur, se situant à près de 80 DH. Depuis le12 décembre, la rumeur concernant un démenti de l'opération a provoqué un repli du cours. Mercredi dernier, le démenti n'était pas tombé et le titre a continué à valser dans le brouillard absolu. Résolument, le black-out fait vibrer les coulisses. À qui profite-t-il ?
Le changement d'opérateur dans la production de la voiture économique inquiète les équipementiers. Il s'agit d'une série de PME qui fournissait une partie des pièces de fabrication à Fiat Auto Maroc, avant que celle-ci n'annonce son retrait après l'octroi de la concession à Renault. Certains d'entre eux ont profité du point de presse organisé par leur association, l'AMICA, le 10 décembre, pour faire connaître leurs craintes. En face, les représentant de l'administration et de la Somaca ont tenté de tempérer les esprits. Ainsi, l'impact du retrait de Fiat sur le carnet de commande des sous-traitants a été minimisé : "Les commandes en pièces de rechange se poursuivant pour 10 ans encore". Pour le directeur de la production industrielle au ministère de l'Industrie, le projet Renault ouvre aussi des perspectives de sous-traitance dans des volumes importants : 100.000 voitures. L'espoir comme le doute existent.
Après une série de polémiques et un audit accablant de la commission parlementaire, avec bientôt un transfert devant la justice, les pouvoirs publics donnent l'impression de vouloir remédier aux carences de gestion de la CNSS. Un projet de loi a été soumis aux députés. Il opère un transfert de la prise décision de la direction générale aux membres du Conseil d'administration (CA), composé traditionnellement du gouvernement, du patronat et des syndicats. À la manière d'une société anonyme, le CA devrait, après la publication du texte, se réserver l'approbation du plan d'action annuel ainsi que l'arrêté des comptes. Parmi les actes de gestion transférés au CA, figurent les autorisations pour remise sur majoration de retard. Actuellement, elles sont du ressort du ministère de tutelle. Le code de recouvrement des créances publiques devrait être modifié dans ce sens.
La stratégie de communication du Club des investisseurs arabes démarrera dès 2004. Cette association qui réunit les principaux investisseurs arabes présents au Maroc entend promouvoir leur activité et "combler la vacance des instances diplomatiques en matière de lobby", déclaraient, il y a quelques semaines à TelQuel les responsables du club. Selon Jamal Baamar, fondateur et président du club, également président de la Samir, avec plus de 20.000 emplois et 4 milliards de dollars, les pays arabes occupent le rang du 3e investisseur étranger au Maroc après la France et lEspagne. En se regroupant, les investisseurs arabes entendent marquer le coup auprès des centres de pouvoir. Notre enquête (n°100) avait montré qu'il s'agissait d'une population d'investisseurs sinistrée par des décennies d'arnaques de part et d'autre. Disons que la campagne atteindra son but si la confiance est restaurée.
Les agents de voyages de la puissante fédération américaine de tour-opérateurs (TO), ASTA, tiendront leur congrès en 2005 à Marrakech. Cette manifestation est doublement symbolique. D'abord, parce qu'il a été décroché en temps de crise. En d'autre termes, même vis-à-vis du marché le plus réticent aux pays jugés à risque terroriste, le Maroc demeure attractif. Certes, la confiance a reçu un coup dur après les attentats du 16 mai, mais, globalement, la destination Maroc s'est bien rattrapée. Deuxième fait notable, à lui seul, le congrès des TO américains représente un marché de plus de 6000 visiteurs pour la ville ocre. Avant de se frotter les mains, les opérateurs hôteliers doivent faire bonne impression en mars 2004, date à laquelle le conseil d'administration de l'ASTA est prévu à Marrakech pour préparer entre autres le congrès devant se tenir une année plus tard.
 |

Dans le discours, la BMCI a toujours été décrite comme un des actifs les plus dynamique du Français BNP Paribas, dans son pôle "banque de détail à l'international". Dans les faits, c'est encore plus vrai. Le président de BNP en personne, Michel Pébereau, est membre du conseil de surveillance de la BMCI depuis le 1er décembre dernier. Il remplace à ce poste René Thomas, l'ex-président d'honneur du groupe bancaire français, décédé. Dans un contexte de fusion-absorption dans le secteur, sa présence au Maroc peut-être |
|
| perçue comme un gage de la maison-mère. Mais, son apport ira probablement au-delà, comme en témoignent ses nombreuses fonctions. Car ce sexagénaire préside également la puissante fédération bancaire française, sa commission de prospective et le conseil de direction de lInstitut détudes politiques de Paris. Il est administrateur d'une dizaine de grandes entreprises françaises, telles que Lafarge, Total Fina Elf et Axa. Il fait enfin partie du panel restreint des faiseurs de politique monétaire mondiale en étant membre de l'International Capital Markets Advisory Committee de Federal Reserve Bank of New York. Bienvenue. |
|

Le textile emploie une main d'uvre docile qu'il n'envisage qu'en tant que facteur de production. Le reproche a été confirmé par un audit social qui évalue à 70% (140.000) la part des femmes dans les effectifs du secteur. L'audit confirme aussi que le secteur est soumis à rude épreuve concernant sa compétitivité et appelle les autorités à soutenir sa mise à niveau.
|
|