
Antécédents
| 1961 : |
Naissance à Larache |
| 1994 : |
Décès de son père |
| 1998 : |
Publie Un Marocain à New York |
| 2000 : |
Les clandestins, prix Grand Atlas |
| 2002 : |
Paris Mon bled |
| 2003 : |
Prépare la sortie de Miniatures pour 2004 |
Smyet bak ?
Ahmed Kamal Elalamy.
C'est papa qui s'amuse à faire des anglicismes ?
Non, mon grand-père avait déjà le "y" sur ses papiers.
myet mok ? |
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Najia Mrini
Nimrou dla carte ?
A 11 40 21
Je trouve que vous avez une bonne tête, vous avez déjà été dans un commissariat ?
Oui et très jeune. À lâge de 4 ans pour être précis. Mon père travaillait à la PJ de Meknès, et je laccompagnais de temps à autre. Cest vous dire que les commissariats ne mont jamais intimidé. Ni les paniers à salade, dans lesquels je suis monté tout petit.
Votre père a été flic et
écrivain ?
Écrivain, poète, il jouait du luth, il a déjà monté Le Roi Lear de Shakespeare, avec une troupe amateur. En partant, il a laissé deux romans manuscrits.
Intéressant mais revenons à vous. Du Marocain à New York à Paris mon bled en passant par Les clandestins, on a limpression que vous navez quune obsession, cest de foutre le camp. Quest-ce que vous attendez ?
Vous avez déjà répondu. Il y en a qui prennent des pateras pour aller de lautre côté, pour respirer. Et moi, ma patera, cest lécriture. Quest-ce que je fais là ? Je vous répondrai que je suis constamment embarqué, en voyage. Demandez aux gens qui vivent avec moi, ils vous confirmeront que je suis tout le temps ailleurs. Je nai même pas besoin de visas. Lécriture, cest libre et gratuit.
Après le Journal de YAE (vos initiales), vous préparez un livre (Miniatures) également sur les attentats. Le 16 mai vous a bien inspiré, on dirait !
Jétais sur le projet de Miniatures quand cest arrivé. Je lai ressenti physiquement, à en être malade, comme si j'avais été agressé. Ce que je navais pas compris sur le coup, cest quil y avait une gestation en moi. Javais besoin de mexprimer pour comprendre et donner à comprendre à travers une lecture alternative. Cest aussi, pour moi, une manière dexorciser le démon.
Vous avez même préparé une chanson. Où en êtes-vous?
Cest prêt. Une chanson en zajal que jai composée avec un ami dans le style fusion gnawa-blues. Sur la chanson, il y aussi un compositeur de tango argentin qui vit à Marseille et qui joue du bandonéon. La chanson est émouvante et les paroles ne laissent pas indifférent. Ensuite, s'est posée la question de sortir la chanson ou pas. À l'époque, on m'en avait dissuadé.
Qui ça "on" ?
Sur conseil juridique, je veux dire. Mais je tiens encore à mon projet.
Vous avez attendu 37 ans pour vous découvrir une vocation décrivain, ça fait beaucoup ?
Non, parce que jécrivais avant. Javais publié des articles académiques et de critique dart au Maroc et à létranger. Par contre, je nai su que je portais la passion de l'écriture en moi qu'après le décès de mon père. Nous étions très proches. Il lui arrivait de solliciter mon regard critique pour ses écrits. Après sa mort, écrire est devenu capital pour moi. Une manière de poursuivre son uvre.
La carrière de flic ne vous a jamais tenté ?
Non, jamais.
Paris mon bled, cest un roman inachevé ou une cassette de rap qui na pas trouvé de producteur ?
Cest un texte que je voulais quon lise en tapant du pied. Pendant toute la période de lécriture, je nai écouté que du hip hop, je me suis documenté. Ensuite, jai voulu donner une dimension sonore au livre. Jai donc réécrit le roman en 15 chansons où jai mêlé le français, langlais, la darija et même lamazigh. Nous avons déjà constitué un groupe de cinq jeunes. Nous avons dû financer nous-mêmes 4 chansons, puis nous avons été bloqués, faute de producteur. Avis aux amateurs ! Il y a aussi un projet de comédie musicale, inspiré de Paris mon bled et des chansons du CD.
Récapitulons, donc. Vous avez fait de la pub, vous enseignez la stylistique, vous êtes écrivain, compositeur, vous vous lancez dans le cinéma. Il y a quelque chose que vous ne voulez pas faire ?
Pas dans la création, en tous cas.
Vous aimez la cannelle ?
Euh
oui.
Il paraît que c'est bon pour le moral !
Je ne sais pas, moi je croyais que cétait un aphrodisiaque. |
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