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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Younès Moujahid, président du SNPM
C'est l’histoire d’une initiative (louable) lancée, selon ses initiateurs, pour resserrer les rangs des journalistes marocains et renforcer la corporation. Pour justifier son initiative, Abdennasser Banouhachem, journaliste, note (à juste titre d’ailleurs) l’absence de représentation au syndicat d’une large frange de la presse marocaine (essentiellement francophone et indépendante), le passage de lois sur la presse et la libéralisation des ondes contraires aux souhaits des professionnels et autres soucis auxquels la profession fait face depuis un certain moment. "En fait, explique Banouhachem, l’objectif est de renforcer les rangs du SNPM. Il faut penser la
corporation comme un corps qui a du poids". Niet, les responsables du bureau national du syndicat ne veulent rien entendre. "Les portes du syndicat sont ouvertes pour tous les journalistes marocains. Ces personnes n’ont pas à parler en son nom. Nous avons des instances pour gérer le syndicat et elles le font très bien", martèle un responsable. "Je suis étonné d’une réaction pareille, affirme Banouhachem qui poursuit, d’autant plus que nos objectifs sont d’augmenter l’attractivité du syndicat". En fait, ce qui dérange le bureau national du SNPM, ce n’est pas tant l’initiative que le timing et l’identité d'un autre de ses acteurs. Mohamed El Aouni, journaliste à la RTM, radié par le conseil administratif du syndicat lors du colloque de Bouznika, et qui tente, selon ce proche de Younes Moujahid, de revenir par la fenêtre, porté par un mouvement de masse qu’il aurait enclenché. Dans ce cas, l’affaire serait personnelle et, donc, grave. L’autre problème est celui du timing. À deux mois du congrès du SNPM, les responsables de ce dernier voient en l’initiative des deux journalistes "une tentative pour perturber le cours des préparatifs du congrès". "Bien au contraire, rétorque Banouhachem, j’ai toujours été un militant du SNPM et mon objectif est qu’on aille plus soudés et plus nombreux au congrès". Un observateur externe joint les deux bouts pour conclure qu’un débat s’impose au sein d’un syndicat, indispensable et incontournable, qui commence à s’essouffler et qui ne s’est plus renouvelé, à la base comme à la tête, depuis longtemps.




YAE comme Youssouf Amine Elalamy notre "interrogé" de la semaine (lire page 50). C’est, en effet, sous cette appellation que sont parus les textes réunis de l’auteur des Clandestins (Grand prix Atlas 2001), rédigés après les événements du 16 mai. Un projet audacieux porté par le jeune éditeur Abdallak Kerroum (éditions Hors Champs). Le journal, grand format en 4 pages, est actuellement en vente dans certains kiosques et librairies à Rabat et à Casa, ainsi qu’à l’appartement 22, au prix de 10 DH. "J’aurais aimé faire un grand tirage mais j’ai dû me limiter à 2000 exemplaires. En fait, nous avons beaucoup travaillé sur le format. Nous avons privilégié le concept de journal à celui du livre à cause de l’urgence et de l’actualité de la thématique traitée", affirme Kerroum. Huit textes en tout, entre nouvelles et commentaires, sont réunis dans le journal de YAE. Exemples de titres pour vous donner un avant-goût : "Le boulevard des jeunes kamikazes", "Al-Qaïda, just do it", "Touche pas à ton pays" et "Attent’art".




Une rencontre nationale sur les perspectives de développement de la presse amazighe s’est tenue, le 13 décembre, à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Rabat. Dans sa note de présentation, l’Institut royal de la culture amazighe dénombre les multiples problèmes (langue, diffusion, distribution, etc.) dont souffre la presse amazighe. Constatation relevée et confirmée par l’assistance. "Tous les initiateurs de projets de presse amazighe présents ont conscience d’avoir une presse de retard", témoigne une assistante. Parmi les idées retenues, la nécessité de passer pour la presse amazighe du stade revendicatif au stade professionnel et concurrentiel, et de satisfaire l’attente d’un
public, qui demande déjà plus qu’une simple présence dans les kiosques. Une des propositions émises lors de la rencontre vient de Latifa Akharbach, directrice de l’ISIC : "L’institut pourra s’associer à la presse amazighe pour qu'elle trouve ses solutions à travers la réflexion et la formation continue de l’élément humain", qui poursuit que "la meilleure manière de rénover le militantisme est d’adopter le professionalisme". La proposition a apparemment eu de l’effet vu le nombre de patrons de presse qui se sont dit concernés par le projet de formation continue proposé.

 
 
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