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7 janvier 2004 : le récit d'une folle journée
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Le plus beau pays du monde
Zakaria Boualem
Économie
Problématique économique
N° 109
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



"En 2002, le chômage qui a concerné 11,6% de la population nationale active, n'aura enregistré qu'une petite baisse d'à peine 0,9 point par rapport à 2001 (…). Des statistiques concordantes révèlent (…) qu'une certaine inflexion s'est opérée, le taux de chômage urbain ayant enregistré une régression depuis 1999, évoluant de 22% à 19,5% en 2001 puis à 18,3% en 2002". C'est la Direction de la statistique et le Matin du Sahara qui le disent, la chose semble donc sérieuse. Nous avons, sérieusement, 11,6% de chômeurs, soit à peine 0,6% de plus qu'en Espagne, 2% de plus qu'en Allemagne et en Italie… Sérieusement, un tout petit effort nous suffirait pour remplir les critères de Maastricht !
Bon, sans rire. Jusqu'à quand singerons-nous les Européens sans nous inquiéter du ridicule ? Un chômeur, techniquement,
est quelqu'un qui cherche du travail et qui est inscrit en tant que tel sur des registres officiels. L'ANPE, en France, par exemple. Un temps, notre Direction de la statistique avançait que pour être pris en compte, un chômeur marocain devait figurer sur les listings de… la CNSS ! La population à sonder selon ce critère s'étant révélée dangereusement ridicule, on est passé, en douce, aux estimations résultant d'enquêtes par échantillonnage. Et puis plus personne n'a insisté. Finalement, on s'en fout de comment ça se calcule. L'important est que ça sonne bien, et tant pis pour les râleurs.




Bientôt, on nous recomptera. Le recensement général de la population revient, et il coûtera à l'État la bagatelle de 600 millions de dirhams. Très utile pour dresser des politiques générales, le recensement ne sert pas uniquement à dire combien il y a de Marocains, mais donne une foule d'informations d'ordre économique, social, culturel, etc.
Les résultats de tous les recensements qu'a connu le Maroc jusqu'à aujourd'hui avaient été intégralement rendus publics… sauf en ce qui concerne une information d'apparence anodine : le nombre de berbérophones. Pourtant, la question avait été posée systématiquement. Mais à la publication des résultats, silence ! Autrement dit, le taux de berbérophonie du Maroc a toujours été, jusqu'à présent, disponible quelque part, mais interdit d'accès au public. On appelle cela un secret d'État. Depuis le dernier recensement général (1994), bien des choses ont bougé. Jugera-t-on, cette fois, que nous sommes assez mûrs pour savoir qui nous sommes ?




Des inconnus ont tenté de pénétrer par effraction dans l'ancien bureau de liaison israélien à Rabat. S'agirait-il de la préparation d'un acte terroriste, dans la droite ligne de l'explosion au cimetière juif du 16 mai, destinée à tuer des morts ? En tout cas, l'information a suffisamment inquiété pour qu'un responsable de la sécurité israélienne se déplace discrètement à Rabat pour savoir où en était l'enquête. D'accord, les Israéliens sont très sourcilleux s'agissant leurs intérêts, mais quand même… La villa de l'avenue Ben Barka est inutilisée depuis mars 2000. Y aurait-il encore des secrets à percer, à l'intérieur ? S'y passerait-il encore des choses ? Le bureau ne serait-il pas tout à fait fermé ?




Sur 16 membres de l'équipe nationale de handball, qui se trouvaient dernièrement au Luxembourg pour un tournoi, seuls 8 sont revenus. L'autre moitié s'est égaillée dans la nature et dans le Benelux. Joueur de hand, ce n'est pas un métier rémunérateur, on veut bien l'admettre, mais quand même, atteindre l'équipe nationale ne devrait pas être à la portée du premier harrag venu. On a beau avoir l'habitude, cela fait toujours un peu honte d'entendre des histoires comme ça…




Un ministre iranien, récemment en visite au Maroc, a proposé la création d'une zone de libre-échange entre nos deux pays. "Zone de libre-échange" deviendrait-elle une formule de politesse ? Dès qu'ont veut booster des relations bilatérales, hop, ZLE ! Nos officiels se sont néanmoins engagés à répondre à cette proposition "dans les plus brefs délais". Si d'aventure, la réponse est oui, cela donnera une curieuse situation : le Maroc deviendra un "libre" trait d'union commercial entre l'Iran et les États-Unis, eux aussi aux portes d'une ZLE avec nous ! Peuples du monde, venez nous voir, on sera toujours prêts à rendre service. Le mot gentil qui n'engage à rien, c'est notre grande spécialité.

 
 
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