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Zakaria Boualem
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N° 109
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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La frappe pédagogique existe toujours

Je vous écris pour la première fois afin de répondre à M. Ibrahim Sballil de Sidi Ifni (TelQuel n°105)… Permettez-moi, monsieur, de vous dire qu’avec tout le respect dû à certains enseignants et certains responsables d’établissements, la grande majorité de nos éducateurs deviennent des chiens enragés dès qu’ils franchissent le seuil de leur lieu de travail. En voici quelques exemples :
- Ma fille, en classe de terminale, a été giflée et piétinée par un professeur en dehors de la classe parce qu’elle a trouvé une pépite dans sa poche et l’a inconsciemment porté à sa bouche. J’allais poursuivre ce monsieur par tous les moyens dont je dispose (et dont tout citoyen peut disposer s’il ouvre les yeux), mais ses collègues m’ont prié de ne pas le faire et m’ont présenté leurs excuses.
- Ma fille, toujours elle, m’a rapporté que l’un de ses camarades de classe a été conduit dans les locaux de l’administration et a été sauvagement tabassé par le directeur et ses collaborateurs. Pour quelle raison ? On ne le sait pas, toujours est-il qu’ils n’ont pas le droit d’infliger des punitions corporelles à des élèves.
Et ceci se passe à Fès, ville spirituelle. Alors monsieur Sballil, méditez (j’ai beaucoup d’autres exemples, mais je me contente de ces deux-là).
M. Abdelkader


Où va l’argent du contribuable ?

Je n'ai jamais autant apprécié Zakaria Boualem que dans le numéro 105. Réda Allali y a abordé un excellent sujet, celui de la cotisation du contribuable sous forme d'impôts. La majorité de la population active (fonctionnaires, employés ou commerçants) payent une somme considérable à l’État, soit sous forme d'IGR, de TVA ou autres et dont elle ne bénéficie presque jamais, pire encore, elle ne sait même pas à quoi servent ces fonds… On paye la redevance télé alors que nos programmes télé sont bons pour la poubelle, on paye la taxe d'assainissement alors que certains d’entre nous ne possèdent pas encore de fosses septiques, on casque sur la vignette auto alors que nos routes sont pleines de nids de poule… Reste à savoir ce que fait l’État de tout ce fric. Il est vrai que nous, les Marocains, ne sommes guère conscients qu'il existe quelque chose qui s'appelle l'argent du contribuable.

Otman



Le Maroc en fusion

Le Maroc est une énorme sphère dont le centre, tout petit, représente une minorité qui détient la plupart des richesses, qui vit dans les beaux quartiers à la mode occidentale. Tout autour de ce minuscule centre s’amasse tout un tas d’autres individus que l’on appellera «classe moyenne», et pour qui l’aboutissement est d’arriver à intégrer le centre de la sphère.
À elles deux, ces entités représentent tout au plus 25% de la population. Et les 75% restants, me demanderez-vous ? Et bien ceux-là sont totalement négligés, sombrent dans la misère et l’incompréhension, ils sont autant Marocains que les autres, mais eux, ils n’ont rien. En plus de cela, ils se sentent mal aimés par le centre de la sphère qui les considère comme le berceau de la violence ou même du terrorisme. En se référant à la métaphore du volcan, ici la logique est inversée, c’est la surface qui est en fusion tandis qu’au centre, la température est normale. Même si ce volcan dort depuis bien longtemps, il risque un jour de se réveiller et ce pourrait être bien plus ravageur et violent qu’on ne le pense.

Saâd B.

 
 
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