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La frappe pédagogique existe toujours
Je vous écris pour la première fois afin de répondre à M. Ibrahim Sballil de Sidi Ifni (TelQuel n°105) Permettez-moi, monsieur, de vous dire quavec tout le respect dû à certains enseignants et certains responsables détablissements, la grande majorité de nos éducateurs deviennent des chiens enragés dès quils franchissent le seuil de leur lieu de travail. En voici quelques exemples :
- Ma fille, en classe de terminale, a été giflée et piétinée par un professeur en dehors de la classe parce quelle a trouvé une pépite dans sa poche et la inconsciemment porté à sa bouche. Jallais poursuivre ce monsieur par tous les moyens dont je dispose (et dont tout citoyen peut disposer sil ouvre les yeux), mais ses collègues mont prié de ne pas le faire et mont présenté leurs excuses.
- Ma fille, toujours elle, ma rapporté que lun de ses camarades de classe a été conduit dans les locaux de ladministration et a été sauvagement tabassé par le directeur et ses collaborateurs. Pour quelle raison ? On ne le sait pas, toujours est-il quils nont pas le droit dinfliger des punitions corporelles à des élèves.
Et ceci se passe à Fès, ville spirituelle. Alors monsieur Sballil, méditez (jai beaucoup dautres exemples, mais je me contente de ces deux-là).
M. Abdelkader
Où va largent du contribuable ?
Je n'ai jamais autant apprécié Zakaria Boualem que dans le numéro 105. Réda Allali y a abordé un excellent sujet, celui de la cotisation du contribuable sous forme d'impôts. La majorité de la population active (fonctionnaires, employés ou commerçants) payent une somme considérable à lÉtat, soit sous forme d'IGR, de TVA ou autres et dont elle ne bénéficie presque jamais, pire encore, elle ne sait même pas à quoi servent ces fonds On paye la redevance télé alors que nos programmes télé sont bons pour la poubelle, on paye la taxe d'assainissement alors que certains dentre nous ne possèdent pas encore de fosses septiques, on casque sur la vignette auto alors que nos routes sont pleines de nids de poule Reste à savoir ce que fait lÉtat de tout ce fric. Il est vrai que nous, les Marocains, ne sommes guère conscients qu'il existe quelque chose qui s'appelle l'argent du contribuable.
Otman
Le Maroc en fusion
Le Maroc est une énorme sphère dont le centre, tout petit, représente une minorité qui détient la plupart des richesses, qui vit dans les beaux quartiers à la mode occidentale. Tout autour de ce minuscule centre samasse tout un tas dautres individus que lon appellera «classe moyenne», et pour qui laboutissement est darriver à intégrer le centre de la sphère.
À elles deux, ces entités représentent tout au plus 25% de la population. Et les 75% restants, me demanderez-vous ? Et bien ceux-là sont totalement négligés, sombrent dans la misère et lincompréhension, ils sont autant Marocains que les autres, mais eux, ils nont rien. En plus de cela, ils se sentent mal aimés par le centre de la sphère qui les considère comme le berceau de la violence ou même du terrorisme. En se référant à la métaphore du volcan, ici la logique est inversée, cest la surface qui est en fusion tandis quau centre, la température est normale. Même si ce volcan dort depuis bien longtemps, il risque un jour de se réveiller et ce pourrait être bien plus ravageur et violent quon ne le pense.