Victoire ! Habile ManÏuvre royale
7 janvier 2004 : le récit d'une folle journée
Les dessous d'une grâce
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Victoire ! Habile Manœuvre royale
7 janvier 2004 : le récit d'une folle journée
Les dessous d'une grâce



Ali Salem Tamek : Le jeune "zaïm" d’Assa

Avec Ali Lmrabet, la grâce aura bénéficié à 32 autres "prisonniers d'opinion". Zoom sur les cas emblématiques.



Devenu depuis son incarcération le symbole de la lutte dans son petit bourg d’Assa, Ali Salem Tamek a été accusé, en gros, d’appartenance au Polisario. Chose qu’il a confirmée devant le tribunal qui le jugeait, en affirmant avoir de fortes sympathies pour le mouvement. À Assa où il est né, un comité de soutien très actif, constitué de membres de sa famille
et d’autres activistes de la région, s’est constitué au lendemain de son emprisonnement. Son influence sur les jeunes de la région est très grande, aussi attend-on son retour à Assa avec beaucoup d’intérêt. Tout au lONG de son incarcération, Tamek a multiplié les sorties dans la presse et dénoncé les différentes formes de persécution dont il aurait été l’objet. Ces dernières semaines ont également vu la mutation (abusive et non justifiée) d’activistes d’Assa et d’autres provinces du Sud vers d’autres villes comme Rabat et Casablanca.


El Ouardi : L'homme qui a déchiré le portrait royal


Boujemaâ El Ouardi est aussi éloigné que possible de l'image que l'on peut se faire, logiquement, d'un prisonnier d'opinion. Ce jeune homme originaire de Tata est un simple commerçant ambulant qui, un beau jour, s'est vu imposer l'achat d'une revue dont il ne voulait pas. Normal, l'homme n'est pas un féru de littérature, et puis il ne disposait pas des 20 DH que coûtait la revue. Les autorités l'ont quand même forcé à acheter cette revue parrainée par un membre de la famille royale. En colère, il a attendu le départ de ses visiteurs pour déchirer la fameuse revue. Résultat : le portrait royal, qui figurait à l'intérieur de la publication, s'est retrouvé par terre, en morceaux. Dénoncé par un voisin, Boujemaâ a écopé d'une peine de 5 ans de prison. Sa grâce vient réparer un cas d'injustice pour le moins flagrante.


Sahraouis : Les mystérieux vandales


Les détenus sahraouis relâchés sont au nombre de 12, Tamek compris. La majorité est originaire d’Assa et de Laâyoune. Jeunes pour la plupart, ils ont été arrêtés au courant des deux dernières années et purgeaient des peines allant de 1 à 10 ans. On ne sait pas grand chose d'eux, sinon leur appartenance à une mystérieuse structure pro-Polisario dite "Organisation sahraouie des masques" (Al aqniâ). Cette même organisation est accusée d’avoir perpétré une série d’actes de vandalisme en 2001 et 2002 (jets de pierres, cocktails Molotov…). Pour analyser cette libération, un observateur local retient deux explications. La première est qu’une grâce pareille ne pouvait ne pas bénéficier aux détenus sahraouis. Deuxième explication, l’épée de Damoclès du plan Baker et la fin de la mission de la Minurso le 31 janvier prochain.


Khazar, Saâd : Les derniers de l'affaire Benjelloun


Mustapha Khazar et Ahmed Saâd sont les seuls, parmi les 33 grâciés, à ne pas figurer sur la liste de l'AMDH. Les deux hommes purgeaient une peine de 30 ans pour l'assassinat, en 1975, du socialiste Omar Benjelloun. Anciens de la chabiba islamiya de Abdelkrim Moutii, ils devaient recouvrer leur liberté en 2005. "Nous les avons libérés, expliquera le ministre de la Justice, après avoir consulté la famille de Omar Benjelloun, son parti et ses anciens amis politiques".


Chrii : La justice, enfin !


A Safi, Mohamed Rachid Chrii est un militant des droits de l'homme très connu. Populaire mais mal-aimé par les services de police, il purgeait une peine de 18 mois "officiellement pour trafic de drogue et outrage à fonctionnaire". La phrase figure dans le communiqué officiel de grâce et a été reprise, fidèlement, par le ministre de la Justice lui-même. Cet "officiellement" en dit lONGsur le degré de fiabilité des chefs d'accusation sur les bases desquelles Chrii avait été condamné. Sa grâce est une victoire pour ce militant qui, peu avant de séjourner en prison, avait enquêté sur les conditions de vie inhumaines en milieu carcéral!


La liste des 33

Hakimi Belkacem
Oukil Mustapha
Saâd Ahmed
Khazzar Mustapha
lghiri Hassan
Cheblal Omar
Banjilali Abdelkader
Kassou Ou Ali
El Moudden El Houcine
Najem Abdeouahed
Hammaz Saïd
Mohamed Boussouf
Mohamed Rachid Chriî
El Ouardi Boujamaâ
Ali Salem Tamek
Ali Lmrabet
Mohamed El Hard

Mustapha Alaoui M'daghri,
Mustapha Kechnini
Abdelaziz Jellouli
El MiIoud Boutriki
Abdelmajid Ben Tahar
Al Moussaoui Adkhil
Bazid Salek
Souidi Timgulit
El Moussameh Baba
Saya Zine
Soullami Mohamed Mouloud
Lafkir Abdeslam
Boutabaâ Salek
Ahmed Moussaoui
Bourhil Mohamed Lamine
Ahmed Sebaa

 
 
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