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7 janvier 2004 : le récit d'une folle journée
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N° 109
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



42 journalistes tués, au moins 766 interpellés, 1460 agressés ou menacés, plus de 500 médias censurés. Au 1er janvier 2004, ils étaient 124 journalistes emprisonnés dans le monde (dont Ali Lmrabet qui était encore sous les verrous à Salé) et 61 cyberdissidents. Tristes chiffres que ceux rapportés dans le bilan annuel de l'ONG française Reporters sans frontières. Pour cette association, tous les indicateurs des atteintes à la liberté de la presse sont au rouge. Le nombre de journalistes tués n'avait plus atteint cette ampleur depuis 1995. De même que les interpellations et autres censures ont accédé à des niveaux records. Raison avancée à cette recrudescence, constatée depuis 2001 : la lutte contre le terrorisme et les lois antiterroristes adoptées dans certains pays après le 11 septembre (ou le 16 mai 2003, en ce qui nous concerne). Sans conteste, cette nouvelle donne est venue rompre avec la tendance à la baisse généralisée entre 1999 et 2000.
Sans surprise, hélas, le Moyen-Orient fait figure de lanterne rouge. La guerre en Irak et le conflit israélo-palestinien sont à l'origine de la mort de 16 journalistes. RSF souligne "qu'au Maghreb et en Iran, l'expression d'une opinion ou la publication d'une caricature conduisent en prison".
Autre lieu du globe éminemment dangereux : l'Asie, qui, comme le Moyen-Orient, totalise 16 morts. La presse y souffre d'une violence endémique (Bangladesh), d'arrestations très nombreuses (Népal) et de censure (Chine ou Birmanie). C'est également la plus grande prison du monde pour les journalistes, les cyberdissidents et les internautes. En Amérique Latine, les atteintes à la liberté de la presse ont été stationnaires, excepté Cuba où les principales figures de la presse indépendante sont emprisonnées. Sur le continent africain, la tendance générale, comme le note le rapport, est "à la dégradation des conditions d'exercice du métier de journaliste, y compris dans les pays jusque-là cités en exemple comme le Niger ou le Sénégal".
Quant à l'Europe, la situation y est relativement satisfaisante, à l'exception notable de l'Italie où le conflit d'intérêts de Silvio Berlusconi, à la fois chef de l'exécutif et propriétaire d'un véritable empire médiatique, continue de représenter une menace pour le pluralisme de l'information. Pour les pays d'Europe centrale et orientale, les journalistes sont confrontés à des législations draconiennes et archaïques en matière de diffamation.
Journaliste : un métier à risque par les temps qui courent…




Pour beaucoup d'associations casablancaises, le 30 novembre ne sera plus une date comme les autres. En effet, ce jour-là, 70 militants associatifs représentant 33 associations de quartier fondaient l'association "Réseau des associations de quartier de Casablanca", officialisée le 28 décembre dernier. Les objectifs de cette initiative sont multiples. D'abord, renforcer les capacités d'action et d'intervention des associations de quartier. Ensuite, créer un espace collectif d'activités et de communication inter-associatifs. De même qu'est apparu primordial de créer une banque de données concernant ces associations et leurs projets, tout comme la mise en place d'une intermédiation financière entre elles et les différents intervenants dans le développement social. Premier apport - et non des moindres - de cette association : la légitimité que lui confère les 33 associations représentées. De plus, elle s'identifie à des valeurs universelles. Il est d'ailleurs à parier qu'une des clauses au moins des statuts aura des répercussions à l'échelle du monde associatif marocain : l'obligation pour les associations membres de se faire représenter dans le réseau par deux membres de sexes différents. Le 3e apport de ce réseau réside dans la promotion de l'auto-prise en charge des problèmes sociaux et de gestion locale par les élites de la population, ce qui permet aux fondateurs de parier sur le développement de la démocratie locale. Le réseau est par ailleurs placé sous le signe de la transparence en matière de gestion comptable, audit, réunions d'info périodiques… Ces exigences seront les mêmes vis-à-vis des associations membres qui auront à se mettre en phase, progressivement, sur tous les plans avec ces modes de gestion et de fonctionnement. Une initiative à encourager, voire à imiter.

 
 
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