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Le plus beau pays du monde
Zakaria Boualem
Économie
Problématique économique
N° 109
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La Banque mondiale a étudié durant le mois de septembre 2003 le cas de l’administration des douanes marocaines. Les auteurs de l’étude sont élogieux à l’égard des améliorations enregistrées par cette administration. Encore plus élogieuses, les remarques des auditeurs quant à la manière avec laquelle la douane a mené sa restructuration. Une révolution en douce qui a préservé sinon renforcé les fondamentaux, estiment les experts de la Banque mondiale. Ainsi, ils font remarquer que la simplification des procédures de dédouanement ne s’est pas accompagnée d’une baisse des recettes. Celles-ci ont augmenté durant le dernier quinquennat de 8%. L’étude réalisée par la Banque mondiale met en avance l’amélioration des services couronnée par des délais de traitement ramenés à une heure grâce à une large utilisation des échanges de données informatisées. Encore mieux, notent les experts, la modernisation s’est accompagnée d’un net recul de la fraude, de la corruption et des autres formes d’abus. Seule ombre au tableau, la proximité : les régions enclavées semblent exclues du processus de modernisation, et que les entrepôts sous douanes semblent rencontrer un faible succès.





Plus de 61 millions d’euros (620 millions de dirhams) dédiés à la mise à niveau de la PME marocaine cherchent preneurs désespérément. Sur près de six mois d’existence, le fonds intitulé FOMAN, supervisé par l’Agence nationale de la PME (ANPME), n’a réceptionné aucune requête. L’argent devant servir à la mise à niveau est offert dans des conditions avantageuses, un financement à 5% assorti d’une garantie de crédit. Des conditions avantageuses et pourtant… "D’une part, le FOMAN souffre de la frilosité des patrons et de la méconnaissance des avantages de ce financement alternatif. D’autre part, les banques-conseils des entreprises handicapent la diffusion du produit auprès des PME, qu’ils traitent comme une population à forte sinistralité". Le responsable de l’ANPME qui pousse ce coup de gueule insiste sur le fait que "la déficience des PME vis-à-vis des produits de financement alternatifs est générale". Il donne à titre d’exemple le FORTEX, fonds dédié à la mise à niveau du secteur textile, qui "depuis le début de l’année 2003 n’a drainé qu’une quinzaine de requêtes alors que le secteur est engagé dans un vaste mouvement de restructuration".





Jorf Lasfar Energy Company (JLEC), la société qui exploite les quatre centrales électriques sises au port éponyme, devrait changer de possesseur dans le mois à venir. En tout cas, une certitude semble acquise : ABB, l’équipementier mondial, entend céder les 50% qu’il détient dans JLEC pour résorber sa dette mondiale qui atteint un chiffre record, 9 milliards de dollars, à travers un programme de cession de ses actifs. La liste des repreneurs est encore ouverte même si l’ONE s’affiche comme un acquéreur "naturel". En plus de sa participation dans le capital, l’opérateur public est l’unique client de la production de JLEC. En effet, en vertu d’un contrat, l’ONE est obligé d’acheter toute la production d’énergie de la centrale. La maîtrise de l’amont n’explique pas tout l’attrait de l’unité de Jorf Lasfar. Elle serait parmi les plus viables du monde dans la mesure où son contrat est garanti pour 30 ans. Pour l’ONE, ce serait donc d’une pierre deux coups.




La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) annonce une augmentation sensible du prix des viandes blanches, et plus précisément du poulet. Contrairement aux hausses précédentes, conjoncturelles puisqu’elles interviennent durant la période de sécheresse qui augmente la mortalité des élevages, l’augmentation annoncée est décrite comme structurelle. En d’autres termes, les consommateurs devront payer le poulet au prix fort durant longtemps, "autant de temps que le maïs restera à son niveau de prix actuel sur les marchés internationaux", explique un producteur de Settat. En effet, l’alimentation de l’élevage se fait par cet aliment qui connaît une spéculation sans précédent (ainsi que que le blé dur). Ceci à cause de l’entrée de la Chine sur le marché de l’importation et des pertes survenues dans les cultures américaines et européennes du fait des sécheresses et du gel. Pour toutes ces raisons, le prix du poulet est appelé à s’envoler, note le même producteur de Settat.




Taoufik Hjira, le tonitruant ministre de l’Habitat, démarre l’année sur les chapeaux de roues en concrétisant deux de ses nombreuses promesses. Les deux fonds de garantie pour les prêts bancaires destinés aux personnes à revenus irréguliers (FOGARIM) et les fonctionnaires de l’État (FOGALOG) sont opérationnels. Comment fonctionneront ces caisses ? L’État octroiera, via sa Caisse centrale de garantie, une couverture du risque bancaire à hauteur de 70%, le reste sera assuré par les banques. Pour la première catégorie de personnes, le logement ne devra pas dépasser une valeur de 200.000 DH avec une mensualité inférieure à 1000 DH. Pour le fonctionnaire, son revenu doit être inférieur à 72.000 DH par an pour une charge de remboursement inférieure à 35% de son salaire. Concernant les taux, les pouvoirs publics n’ont pas voulu intervenir. Ceux-ci seront le fait du marché bancaire qui devra intégrer la garantie de l’État pour diminuer la part du risque dans la fixation de sa rémunération. Espérons.




Avec l’Union européenne depuis début janvier et avec les États-Unis impérativement avant la fin du mois, les négociateurs du commerce marocain à l’international sont sur tous les fronts. Ainsi, après 14 mois de négociations, les accords de libre-échange entre le royaume et l’Europe sont entrés en vigueur et devraient continuer à s’élargir à de nouveaux produits jusqu’à janvier 2007. Avec les États-Unis, les négociations sont apparues plus rapides mais passionnées. Ainsi, en moins de six mois et autant de rounds, les parties, selon plusieurs membres des deux délégation, ont quasiment bouclé le texte final, lequel contiendrait un millier de pages. En tout cas, sur les 13 commissions, seules deux n’ont pas encore rendu leur copie. Il s’agit de l’agriculture et du textile. Pour ces deux secteurs, les problèmes sociaux d’un démantèlement brusque inquiètent le Maroc. Pour éviter cela, le royaume a demandé à insérer des clauses de sauvegarde et de contingentement pour contrôler le flux des biens en fonction de l’aptitude du marché local à l’assimiler. Les Américains refusent d’en entendre parler.

 
 
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