
Antécédents
| 1968 : |
Naissance à Oujda |
| 1993 : |
Création du journal Asharq |
| 1997 : |
Correspondant de lAFP à Oujda |
| 1998 : |
Visite les USA sur invitation de Madeleine Albright |
| 2003 : |
Condamné à trois ans de prison pour avoir "fait léloge des opérations suicide" |
Je sais quun interrogatoire en prison, ce nest pas très commode, mais les procédures sont ce quelles sont. Smyet Bak ?
Belkacem Lhourd
Smyet Mok ?
Maghnia Boukabous
Nimirou dla carte ? |
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F 30 35 81
Bien. Le ministre de la Justice a récemment déclaré sur 2M avoir reçu de vous une lettre où vous niez avoir entamé une grève de la faim ou assisté à lagression dAli Lmrabet à la prison de Salé. Que lui répondez-vous ?
Ça a été pour moi, comme pour tous les spectateurs, une mauvaise surprise de fin dannée. Cest stupide de la part du ministre que de dire quil a reçu de moi une lettre où je dis ne pas être en grève de la faim, parce que dans ce cas tous les prisonniers du pays doivent envoyer des lettres à Bouzoubaâ pour linformer quils ne font pas de grève de la faim. Je considère que cest une tentative pour diviser le corps journalistique. Quand jai mené mes recherches, jai découvert quil y avait une conspiration de la part de ladministration pénitentiaire centrale et celle de Salé dun côté, et la DST de lautre. Depuis le 16 mai, la prison de Salé est presque exclusivement dirigée par la DST. Je suis presque quotidiennement persécuté, ma vie est en danger.
Daccord, mais dites-moi franchement, avez-vous, oui ou non, adressé une lettre à Bouzoubaâ ?
Jamais. Tout ce qui sest passé, cest que jai été, un jour, convoqué chez le directeur de la prison, qui était accompagné de deux responsables de la DST. Ils mont demandé de signer un papier qui était déposé devant eux, pour en fait, dire que je navais entamé aucune grève de la faim, etc. Ils mont ensuite menacé de misoler à "Guantanamo", qui est la quartier réservé aux islamistes dans la prison de Salé, parce jétais condamné en vertu de la loi antiterroriste. Jai donc griffonné une signature bidon pour mettre fin à une torture psychologique qui devenait insoutenable pour tous les membres de ma famille qui était aussi soumise à des pressions dun autre genre. Jai aussi été menacé dêtre transféré à la prison secrète de Temara ou dans une des "prisons punitives", comme Ait Melloul.
Cest tout de même bizarre que vous reconnaissiez les responsables de la DST à chaque fois. Comment vous faites ?
Je suis un journaliste, voyons. Ce sont des personnes qui travaillent pratiquement au quotidien avec le directeur de la prison. En plus, quand jai demandé qui ils étaient, des fonctionnaires mont appris que cétait des responsables de la DST qui étaient là depuis que la prison de Salé accueille les accusés du 16 mai, les journalistes, les accusés de la CSJ, etc. Nous sommes théoriquement sous la responsabilité de lÉtat quand on est en prison, mais je vous assure quon nous terrorise. On allait même jusquà appeler ma femme enceinte, et répéter que si je ne faisais pas ce quon me demandait, on allait me refuser la grâce ou la cassation.
À aucun moment, on ne vous a fait de promesses dans ce sens ?
Jamais. On me menaçait de ne pas inclure mon nom sur les listes de grâces ou de refuser la cassation. Javais tellement déprimé que jai déjà pensé au suicide. Maintenant, Bouzoubaâ a menti aux téléspectateurs et a exploité mon cas pour soigner son image et celle de son ministère, cest tout. Comment peut-il prétendre quil n y'a pas de torture alors que jai vu cela de mes propres yeux à la BNPJ de Casablanca, ou que la justice fonctionne normalement alors que notre dossier a été hâtivement jugé en moins d'une journée ?
Soit, mais pourquoi avoir attendu que Bouzoubaâ cite votre lettre sur 2M pour démentir ?
Encore une fois, cétait un piège. Ce nest pas ma vraie signature, je lai donc fait dans un seul objectif, faire cesser les persécutions. Mon point faible, cest ma famille. Après le passage sur 2M, je nai plus accepté quon me fasse dire ou faire ce que je nai pas dit ou fait, et quon exploite dune telle manière mon action. Le capital dun journaliste, cest bien sa réputation et sa dignité. Dailleurs, je défie le ministre de la Justice de me montrer une seule lettre signée par moi. |
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