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Ali Benflis,victime de la nouvelle politique du "tous les coups bas sont permis" (Photo AFP)
Crise ouverte pour prise d'otage judiciaire, au nom d'une guerre des chefs. Le gel des activités du Front de libération nationale, récemment imposé par la justice, bouscule violemment la scène politique algérienne qui se prépare tant bien que mal au rendez-vous électoral d'avril prochain.
À la source, les luttes fratricides internes à l'ex-parti unique : effrayés par l'issue du congrès extraordinaire qui a consacré Ali Benflis à la tête du FLN, les partisans du président Abdelaziz Bouteflika ont conduit le tribunal administratif à invalider ce nouveau rapport de force pas assez favorable au chef de l'État. Il apparaît clair pour les "redresseurs", rassemblés derrière le
chef de la diplomatie Abdelaziz Belkhadem, que le premier parti du pays sera "pro Boutef" ou ne sera pas. Ils envisagent déjà de reprendre la direction en main en organisant en janvier de nouvelles assises, délestées des éléments trop indépendants.
Pour l'heure, le premier visé est - et ce n'est pas un hasard - Benflis. Rival principal du président sortant, la puissante bannière du FLN lui est désormais interdite pour briguer le mandat suprême. Mais s'il dénonce le "coup de force judiciaire", le candidat se garde de livrer un message trop virulent, le regard toujours porté vers le match qui l'opposera bientôt à Bouteflika. Depuis plusieurs mois, le bras de fer entre les deux anciens collaborateurs anime les débats. L'audace trop frontale du "poulain" de l'actuel président lui avait valu d'être remercié de son poste de Premier ministre en mai dernier. Bouteflika reste mystérieux sur ses intentions, mais ses manœuvres tortueuses cachent mal un but limpide : se concocter une candidature confortable pour sa réélection.
Ce nouvel échantillon de trafic politique semble la goutte d'eau en trop aux yeux des observateurs qui invoquent à grands cris l'unité nationale. Plusieurs acteurs politiques d'envergure en appellent à la formation d'un "front républicain" pour faire barrage à cette dérive autoritaire. La presse indépendante, à l'instar d'El Watan, pointe les "méthodes mafieuses" pratiquées dans une Algérie "prise en otage par un clan de culture makhzenniene" où "tous les coups bas sont permis". Le ton est monté cette semaine parmi la société civile, inquiète de voir les actions de rues du FLN virer au rouge sous la répression policière et lasse des tentations monarchistes du palais d'El-Mouradia. Elle devra pourtant choisir entre les deux hommes : l'un ,avec ce qu'il lui reste comme bases, l'autre, de crédibilité.




C'est une cure d'optimisme que nous offre Colin Powell dans les pages du New York Times du 1er janvier dernier. "Ce que nous ferons en 2004" dresse en toute bonne conscience le bilan d'une année si fructueuse qu'elle ne peut qu'ouvrir l'appétit pour la suite. Ce modèle d'autosatisfaction policée salue "la formidable puissance des États-Unis", qui "doit continuer à être déployée au nom de principes (…) à la fois bien américains, mais qui nous dépassent aussi". Le secrétaire d'État américain lève son verre au globe entier dans un toast onctueux porté à la "diplomatie audacieuse" de son pays, gage de liberté, de prospérité et de paix. Les doutes sont dissipés. Bonne année.




(Photo AFP)
Rapprochement historique. La venue du président syrien Bachar El-Assad sur le sol turc, mardi 6 janvier, suscite les applaudissements des deux parties, heureuses qu'un vent d'unité vienne réconforter le Moyen-Orient. Au cœur de cette visite de trois jours, inaugurée par le chef d'État turc, Ahmet Necdet Sezer : le problème kurde, épine commune à ces deux pays limitrophes de l'Irak. Chez l'un comme chez l'autre, les vœux d'autonomie des Kurdes irakiens suscitent la même crainte de déstabilisation dans un contexte régional à fleur de peau. Les deux dirigeants ont dénoncé de concert tout projet de remodelage qui viendrait agresser leur intégrité nationale, déjà
travaillée par des séparatismes. Une entente d'apparence si naturelle marque surtout un réchauffement surprenant. La question kurde, avant d'être un facteur d'alignement, a été une pomme de discorde très sensible menant les deux pays au bord de la confrontation armée, jusqu'à ce que Damas accepte en 1998 d'expulser le leader séparatiste kurde, Abdullah Öcalan, à la tête d'une guérilla dans le Sud-est de la Turquie depuis le territoire syrien. El-Assad et Sezer optent aujourd'hui pour la coopération, rappelant que même dans la raison d'État, qui se ressemble, s'assemble.

 
 
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