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N° 111
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Bonne nouvelle
Croissance : Une embellie mondiale en 2004


Les prévisions de croissance en 2004 de la mission économique des Nations unies sont optimistes. Les économistes de l'ONU, se basant sur une reprise de la première économie mondiale, ainsi que sur la dynamique impulsée par l'entrée de la Chine dans le marché des échanges, prévoient un taux de croissance de l'économie mondiale à 3,5%. Dans un rapport, intitulé "Situation économique mondiale et perspectives 2004", ils dressent comme tableau noir dans leur analyse "l'emploi dans le monde qui devrait poser problème". Les décideurs ont ainsi été appelés à "ne pas supprimer prématurément les mesures d'incitation politique". À côté de cela, les auteurs du rapport s'attardent longtemps sur le potentiel de l'économie mondiale pour l'année à venir. Les pays en voie de développement devraient ainsi renouer avec la croissance, après trois années de vaches maigres. Ceci en grande partie grâce à l'envolée de l'investissement étranger direct, qui a atteint les 660 milliards de dollars durant les deux dernières années. L'Amérique latine devrait aligner un taux de croissance de 3% et l'Afrique de 4%. L'Asie affiche les meilleures prévisions, avec 6,25%.



Mauvaise nouvelle
Démographie : L'emploi sous haute pression


Au Maroc, d'un côté on vit longtemps, on est jeune et de plus en plus nombreux. De l'autre, l'offre du marché de l'emploi a du mal à contenir la demande. Ainsi, selon l'étude annuelle du Haut commissariat au plan, la population marocaine a presque triplé en l'espace de 40 ans. Cette augmentation s'est accompagnée d'une réduction de la mortalité infantile et d'une augmentation de l'espérance de vie de 47 ans en 1960 à près de 70 ans en 2003, explique le département de Lahlimi. Résultat : la structure par âge de la population s'est métamorphosée, en réservant la part belle à la tranche active, qui est passée de 49,4% à près de 62% durant l'année écoulée, soit plus de 10,7 millions de personnes. Cela fait dire au Plan que le marché du travail au Maroc est soumis à une pression démographique soutenue. Malgré cela, le royaume tire son épingle du jeu en stabilisant depuis les années 1960 son taux de chômage à 11,6%. Le travail des enfants a, quant à lui, beaucoup reculé, mais il est compensé par un grand taux d'activité des personnes de troisième âge, notamment en milieu rural. Comme quoi, une mauvaise habitude en remplace une autre.



Made in China : Les potiers en danger

Hassan Chami a fait valoir sa double casquette de président de la Confédération générale du Maroc (CGEM) et d'opérateur dans le métier de la céramique, pour dénoncer la fragilité du métier au Maroc. Lors d'un séminaire tenu à Rabat le 14 janvier, le patron des patrons s'est plaint de sous-facturation, de dumping et de contrebande. Ceci alors que la Fédération des industries des matériaux de construction préconise, dans une étude sectorielle, de porter la consommation nationale à 100.000 m2 par an contre 37.000 actuellement. Le danger le plus imminent, selon Chami, demeure les pays d'Europe pour qui la suppression des barrières douanières n'est plus qu'une question de temps. Quant à la Chine, "les opérateurs doivent se préparer au pire", a déclaré un intervenant de l'administration.


Risque de change : De nouvelles garanties

L'Office des changes vient d'émettre une circulaire (n° 1699) instaurant un nouveau régime de garantie contre les fluctuations des prix mondiaux pour certains opérateurs à l'import et à l'export. Le nouveau régime autorise les opérateurs à souscrire une couverture de ce risque auprès des intermédiaires agréés. Les domaines concernés sont l'importation des céréales (blé, maïs et orge), des graines oléagineuses, des huiles brutes végétales, du sucre, du cacao ainsi que de certaines matières premières énergétiques (pétrole, gaz, lubrifiants…). Il semble ainsi que les pouvoirs publics aient répondu favorablement aux demandes des importateurs, lesquels se plaignaient d'une forte volatilité des cours mondiaux. À l'export, l'autorisation de couverture s'applique surtout à certains minerais, comme l'argent et le zinc.


Banques : Bon cru 2003

Le secteur bancaire a réalisé une excellente année 2003. Les chiffres livrés par Bank Al Maghrib laissent présager un bon cru. Ainsi, à fin novembre, précise un bulletin de la Banque des banques, les ressources du secteur se sont appréciées de 7,1% par rapport aux 11 premiers mois de 2002. Ces ressources se sont ainsi établies à 390 milliards de dirhams. Les comptes en chèques, détenus à 40% par les MRE, se sont situés à 108,5%, soit une appréciation de 13,4%. Par ailleurs, l'épargne du secteur s'est renforcée. Elle a augmenté de 10,4% à 39,2 milliards de dirhams. Rappelons que le secteur a été marqué par une forte tendance à la libéralisation et à la concentration. Une nouvelle loi bancaire et de nouveaux statuts de Bank Al Maghrib sont en préparation. En fin d'année, le secteur a vu sa physionomie changer avec la fusion de la Wafabank et de la BCM.


Conserves de poisson : +30% d'exportations

À Safi, il existe un "quartier de la mort" pour les industriels de la conserverie de poisson. Baptisé ainsi pour avoir vu le nombre de ses occupants chuter de 60 entreprises à moins de 14 aujourd'hui, le "quartier de la mort" sort doucement de sa léthargie. En 2002, le secteur avait à peine pu exporter autant de valeur qu'en 1995, soit 2 milliards de dirhams. En 2003, ce chiffre devrait augmenter du tiers, selon les prévisions des représentants du secteur, réunis lors d'une journée d'information. Ainsi, les professionnels s'appuient sur les 100.000 tonnes exportées pour situer la valeur générée à l'étranger à près de 2,9 milliards de dirhams. Malgré cela, les usines tourneraient "au ralenti". Les opérateurs sont confiants dans l'avenir. Ils programment d'injecter 200 millions de dirhams pour "moderniser leur outil de production".


ALE Maroc-USA : Textile et agriculture : les deux points noirs

La fin janvier 2004 approche et l'accord de libre-échange négocié entre le Maroc et les États-Unis n'a toujours pas vu le jour. L'agriculture et le textile demeurent toujours les deux points d'achoppement sur lesquels bute l'ALE. D'un côté, les textiliens demandent un moratoire sur "la suppression des tarifs douaniers", alors que l'agriculture refuse d'aligner ses échéances sur ceux de l'accord avec l'Europe. Les premiers ont pris leurs bâtons de pèlerins et sont partis à Washington plaider l'instauration d'un quota et d'un moratoire en leur faveur. Les seconds ont, selon une source, saisi le Premier ministre pour plaider leur cause. Rappelons que le volet agricole coince sur les délais accordés à la filière marocaine pour réaliser sa mise à niveau, l'économie américaine étant particulièrement compétitive dans ce secteur.


 
Amine Kandil


Charaf Corporation est un opérateur privé du secteur des engrais, qui a la prétention de bousculer un opérateur historique, Fertima, fraîchement sorti d’un monopole. Du temps du père Kandil, la société a pu se tailler 25% de parts de marché dans un secteur dépendant, autant que ses clients, des aléas
climatiques. Mais la société ne connaîtra vraiment son envol qu’avec sa prise en main par Kandil fils, Amine. Il multiplie et varie les montages financiers dans le but de se donner les moyens d’investir. Charaf Corporation sera ainsi la seule entreprise non financière et l’une des trois entités à avoir recouru aux billets de trésorerie au Maroc. 50 millions de dirhams ont été levés. En décembre dernier, Kandil a ouvert le capital de Charaf Corporation à un fonds d’investissement international à hauteur de 36,36%. L’opération a rapporté quelques 100 millions de dirhams. Avec des comptes déjà visés par le CDVM et Bank Al Maghrib, une société évaluée à 275 millions de dirhams et des équipes rodées aux montages, une seule question revient : à quand la bourse ? Pas pour le moment, déclare Kandil, mais tout semble fin prêt pour cela.


Dernière nouvelle : Les transporteurs publics en grève

Les transporteurs publics sont en colère contre la hausse des primes d’assurances. Les premiers à monter au créneau sont les titulaires d’agréments de petits et grands taxis. Ils observent, ce 24 janvier, un sit-in devant le siège de la Chambre de commerce de Rabat. D’autres manifestations sont attendues, notamment sur le tronçon autoroutier Kénitra-Rabat.

 
 
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