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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1944 : naissance à Marrakech
    1970 : secrétaire administratif du Raja
    1995 : secrétaire d’État chargé des Affaires de l’UMA
    1997 : premier président de la région de Marrakech
    1998 : président par intérim de l’Union Constitutionnelle (UC)

Smyet bak ?
Lhaj Hammou Belhaj Lemsiwi

Smyet Mok ?
Zahra Laroussi

Nimirou d’la carte ?
W 54 292

Vous n’êtes pas de Marrakech ?
Si, mais ma carte nationale est de Settat.

Bien. Vous publiez depuis deux semaines vos mémoires dans Assabah. À quel moment se décide-t-on à rédiger ses mémoires ? Quand on sent qu’on a vécu l’essentiel ?
J’ai plusieurs mémoires, vous savez. Jusque-là, je n’ai publié dans la presse que mes mémoires sportives. Il reste aussi les mémoires politiques, où je pourrais évoquer mes expériences au gouvernement, au Parlement, tant dans la majorité que dans l’opposition et au parti. Ce qui me dérange, c’est que les mémoires renvoient généralement à une fin de carrière. Or, ce n’est pas le cas. Je publie mes mémoires sportives parce que le contexte général, et celui de la préparation de la Coupe du monde de 2010 en particulier, s’y prête.

Vous croyez que le Maroc a une chance ?
Bien sûr, parce que contrairement aux précédentes éditions, les autres candidats sont à notre portée. Reste à craindre l’imaginaire occidental, pour qui l’Afrique est d’abord noire, surtout si on reste face à l’Afrique du Sud qui, je le rappelle, reste un grand pays ami du Maroc, qui soutient son intégrité territoriale.

Vous êtes un politicien féru de sport ou un sportif tombé dans la politique ?
Plutôt sportif tombé dans le chaudron de la politique, je crois.

Racontez-moi la chute !
En fait, je suis rentré en politique grâce à deux dirigeants sportifs. Feus Maître Bouabid, président du Raja, et Abdellatif Semlali, secrétaire général du club. Quelques amis m’ont déjà demandé quel était le rapport entre le Raja et l’UC. Je répondais, parce qu’à l’époque les partis avaient des couleurs, que pour passer orange, il fallait d’abord être vert.

Ça tombe mal, je suis plutôt rouge. Mais c’est facile d’allier sport et politique ?
J’ai passé 18 ans au Parlement. Je n’ai jamais raté une seule réunion de la commission des sports, sauf durant la période de mon passage au gouvernement. J’ai, par exemple, été à l’origine de l’amendement de l’actuelle loi sur le sport.

Depuis qu’on ne vous voit plus le mercredi après-midi à la télé, on se demande ce que vous devenez…
C’est le repos du guerrier. Je suis toujours élu communal et j’assiste ponctuellement aux réunions de ma commune. Sinon, je navigue sur Internet.

Comment devient-on secrétaire d’État chargé des Affaires de l’UMA ?
La question est à poser à celui qui en a décidé ainsi.

Ce n’est plus possible, malheureusement !
Je ne sais pas, mais ce qui m’a toujours étonné, c’est qu’en plus de deux ans, je n’ai jamais eu de questions orales ou écrites posées par mes collègues parlementaires, toutes tendances confondues.

Ça vous manque, le Parlement ?
Rien ou presque n’a changé au Parlement. Les interventions n’ont pas évolué et la deuxième chambre est une copie conforme de la première. L’assiduité fait défaut et j’ai horreur d’entendre que les parlementaires devront aussi faire du pointage. Un parlementaire doit être responsabilisé. Je vais vous révéler un secret, tiens. Parlementaire, je touchais 1200 DH. Je m'explique : Quand j’ai quitté le gouvernement en 1997, mon mandat parlementaire a été renouvelé jusqu’en 2002. Mes indemnités s’élevaient alors à 25.200 DH. Si j’étais resté chez moi, j’aurai touché 24.000 DH (retraite d’un secrétaire d’État). Je travaillais donc au Parlement pour 1200 DH de plus. Parce que ça aussi, c’est une idée reçue. Les deux indemnités ne sont pas cumulables.

C’est dur, l’opposition ?
C’est une grande école, ainsi que je l’ai toujours espéré. Maintenant, c’est une nouvelle opposition. Nos buts et nos moyens sont différents de ceux de l’ancienne opposition. En plus, la majorité use à la longue.

Vous croyez que le Makhzen est mort ?
S’il n’est pas mort, il est capable de répondre.

Quel est votre livre de chevet en ce moment ?
Comment guérir du complexe de gauche, de Thierry Wolton.

Tiens, tiens. Parce que vous l’avez eu un jour ?
Nous avons tous un complexe de gauche. La gauche marocaine doit finir avec ses mythes de l’autre siècle et la droite ne doit plus avoir honte de ses idées.

 
 
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