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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



25 morts dans l'attaque-suicide
du 18 janvier (Photo AFP)
La deuxième franche tentative de déstabiliser directement les intérêts et personnels occidentaux à Bagdad s’est à nouveau soldée par un sanglant bilan, le dimanche 18 janvier. Après l’ONU le 19 août 2003, la coalition américaine (CPA) est touchée, mais encore une fois seuls des Irakiens en sont victimes. 25 morts de plus… Et une forte odeur de pourrissement qui s’en dégage. Paul Bremer ne le sait que trop. Absent aux appels de Kofi Annan depuis plusieurs semaines, il s’est pourtant rendu en début de semaine à l’ONU, fait spectaculaire selon les spécialistes, lui qui a toujours refusé une quelconque ingérence onusienne dans "ses" affaires. Au menu
des discussions, la fameuse Constitution et son improbable rédaction. Improbable, car inadéquate telle que les Américains la conçoivent. L’ONU saurait-elle trouver le système juste qui manque actuellement au CPA pour tenter d’organiser des élections, demandées par des chiites descendus en masse dans les rues, sans pour autant disqualifier un nouveau gouvernement incluant les sunnites et les Kurdes ? Pas si sûr. Kofi Annan ne démord pas, lui, de sa conviction que des élections dans un contexte aussi instable soient inenvisageables. Mais la pression monte et les chiites s’empressent de défendre la tenue d’élections au suffrage universel, favorisant nettement leur communauté, forte d’une présence à 60% dans la population. Interpellé directement par le leader charismatique chiite, Ali Sistani, en décembre dernier, Kofi Annan s’est vu proposer la venue d’une délégation qui pourrait infirmer ou non ses convictions. Habile dans le discours comme dans l’action, l’ayatollah modéré a choisi une sournoise neutralité pour jouer à l’entremetteur, en finissant par damer le pion à Bremer. En renouvelant ses propositions à l’adresse de l’ONU, Sistani pourrait bien faire pencher la balance de Kofi Annan, partagé entre la bonne volonté et la rancœur. Par ailleurs, il semble que ce troisième homme ait aussi séduit la diplomatie britannique dont le chef, Jack Straw, déclarait au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 21 janvier, que la coalition devait travailler "avec un grand respect" avec l’ayatollah Ali Sistani… Paris et Berlin, elles, s’affirment prêtes à fournir une contribution dans la sécurité "dès lors qu’un gouvernement sera formé", a déclaré D. de Villepin.

 
 
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