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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Vers "une formule d’autonomie
audacieuse" ? (Photo AFP)
Beaucoup de flou et de mystère entourent la réponse du Maroc au plan Baker, qui devait être remise le 9 janvier à Kofi Annan, le S.G de l’ONU. Seul indice fiable, Annan a fait savoir, mercredi, qu’il attendait une réponse formelle, "définitive", avant fin avril 2004. Y a-t-il eu une réponse préliminaire, entre temps ? Les autres parties concernées : Algérie, Espagne et Polisario affirment ne pas avoir reçu, jusqu’au milieu de la semaine dernière, la moindre contre-proposition marocaine, via l’ONU. À côté de ce retard inhabituel de transmission de projet, des sources marocaines confirment, en off, qu’une commission restreinte planche discrètement sur "une formule d’autonomie
très audacieuse". Depuis sa proclamation, le plan Baker a essuyé le refus catégorique du Maroc. La raison en est bien simple : les propositions de l’envoyé spécial onusien aménageaient la voie pour une éventuelle indépendance du territoire disputé, chose que le Maroc, ne saurait tolérer. Après avoir plaidé un nouveau report de la réunion fatidique du Conseil de sécurité, arguant des élections présidentielles en Algérie, les responsables marocains dépêchés à New York semblent avoir eu gain de cause. Le rapport du S.G de l’ONU, Kofi Annan, a en effet annoncé, avant même le 31 janvier prévu, que la mission de la Minurso sera de nouveau prolongée de 3 mois. Et pour une fois, le Maroc officiel semble déterminé à mettre cet intervalle de temps à profit. Enfin !




L'immunité des ministres sur
la sellette (Photo AFP)
Non, ce n’est pas un gag. Le Maroc examine, depuis quelques jours, la possibilité de créer une haute cour pour juger les ministres. Le plus étonnant dans l’affaire est que cette éventualité est déjà prévue par l’un des articles de la Constitution, et qu’elle a même été évoquée, par le passé, au niveau du gouvernement, mais sans être adoptée. Et pour cause ! Au moment, donc, où le royaume a décidé de supprimer la Cour spéciale de Justice (qui existe encore tant que les affaires courantes n’ont pas été liquidées), voilà que le gouvernement remet sur la table cette vieille disposition constitutionnelle qui prévoit de poursuivre un ministre en
violation de la loi durant son exercice. La réactivation de ce projet, en cours discussion au niveau de l’une des chambres parlementaires, reste un mystère. Selon des sources officieuses, cette levée d’immunité des ministres serait le prix à payer (par le gouvernement) pour avoir proposé d’amender la loi organique sur l’impunité des parlementaires. Les mêmes sources rappellent que, pour contourner les dispositions de la Constitution, qui ne prévoient de poursuivre un député qu’en cas de flagrant délit, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, a réussi à faire amender la loi organique de façon à faciliter la mise en examen d’un député, même en l'absence de flagrant délit. Cet amendement promet de relifter la Constitution sans la faire passer par l’examen référendaire. Les parlementaires, en retour, accepteraient volontiers de se priver de leurs immunité, si les ministres le faisaient aussi ! Un scénario à confirmer prochainement…




(Photo AFP)
C'est finalement mercredi que le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, a annoncé que les deux télévisions marocaines retransmettront bien en direct les rencontres que le Maroc disputera en Coupe d’Afrique des Nations, prévue à partir de ce samedi. Aucune explication n’a été fournie par l’agence MAP qui a rapporté l’information. Selon des sources proches des directions des deux chaînes, un accord financier de dernière minute serait intervenu entre les marocains et le groupe Darmon, qui serait lié au détenteur des droits de diffusion de la compétition, le groupe arabe ART. D’autres sources assurent, toutefois, que ce miraculeux
retournement de situation est dû à l’intervention in-extrémis du chef de l’État lui-même, Mohammed VI. Le point aurait été à l’ordre du jour du sommet Mohamed VI – Moubarak. Pour l’anecdote, au moment de l’éclatement de l’affaire ART, des sources sûres à l’intérieur des deux télévisions marocaines nous assuraient que "le seul espoir qui nous reste de retransmettre en direct les matches du Maroc à la CAN est l’intervention directe du roi dans cette affaire". Apparemment, c’est chose faite.

 
 
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