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N° 114
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Notre politique soi-disant "antiterroriste"

Je pense fort que la lutte que mènent nos sécuritaires contre les mouvements islamistes et tous les islamistes du pays est une erreur fatale qui mènera notre royaume vers un avenir des plus sombres. Au lieu de mener cette guerre perdue d'avance, pour plaire aux Américains, n'aurait-il pas été plus sage de laisser au conseil des oulémas le temps de se réunir avec ces mouvements et créer un débat politique instructif au sein de toutes les composantes de notre société ? Là, on aurait gagné la vraie confiance des Américains et des Européens, nous serions devenus un vrai pays démocratique et aurions évité la déchirure de centaines de familles, dont les proches moisissent dans les prisons. Il est temps de revoir notre politique soi-disant "antiterroriste" avant qu'il ne soit trop tard, et éviter de jouer la carte des USA à l'aveuglette, car la solution du problème du Sahara se trouve au Maroc.
Mohamed Reda TAOUJNI, association Le Sahara marocain


Layla B. Chaouni
Ce n’est pas mon combat !

1974, la nuit du 4 au 5 novembre. Ils sont arrivés : quatre hommes, pas de coups, juste des insultes. Le commissariat glacial de Safi où nous étions, mon mari, notre ami et moi. L’attente sans fin, la camionnette, les menottes, le bandeau sur les yeux et direction Derb Moulay Chrif. Nous avions vingt ans et je croyais ces souvenirs enfouis à jamais. J’ai lu les arrestations des "islamistes et consorts" et les sensations sont remontées comme un remugle. J’ai lu la parodie de procès et j’ai revu "le président" Afazaz en 1977, gesticulant et hurlant devant une salle d’audience, où seules les familles avaient accès. J’ai lu les mots : "Moul Sebbat", victime de ses tortionnaires et je n’ai pu m’empêcher de penser à Abdelatif Zeroual, mort à cause de son courage. Ces militants islamistes avec lesquels je n’ai aucun lien, aucune affinité, se sont imposés à moi contre mon gré. Nous avons un passé commun, nous aurons les mêmes macabres souvenirs. Lorsque je pense à mes morts, Saïda Menebhi, morte à l’issue de sa grève de la
faim, à Jbiha Rahal, je ne pourrai m’empêcher de penser à Mohamed Bounit, crâne fracassé, à Hassan Dardari, mortellement renversé. Messieurs les vrais tortionnaires, Messieurs les petits juges, je vous pardonne pour moi. Mais, je ne vous pardonne pas de me faire revivre le même cauchemar pour un combat qui n’est pas le mien.

Layla B. Chaouni, directrice des éditions Le Fennec



Scandalisé !

Je suis surpris et scandalisé par le contenu de la lettre de Monsieur André Maréchal, parue dans le numéro 113 de TelQuel (NDLR : page Courrier). Je tiens à m'insurger contre son contenu sur plusieurs points. Je suis Français résident au Maroc. J’ai des amis homosexuels français et marocains qui vivent ici, dont des couples binationaux. En Europe et plus encore au Maroc, l'homosexualité reste un tabou, mais elle n’est pas une débauche, ni une importation de l’Occident... Elle existe de tout temps dans toute société... et toutes les sociétés ne fonctionnent pas sur la logique de M. Maréchal. Monsieur Marechal sait-il qu'El Jadida, comme Marrakech, sont avant tout des lieux de liberté pour les homosexuels marocains qui existent sans l'autorisation de Monsieur Maréchal ? Là où il voit de la débauche importée de l’Occident, d'autres y voient des espaces de liberté que des Marocains s’offrent à eux-mêmes. Monsieur Maréchal n'a rien compris. Je suis conscient d'être au Maroc, je suis conscient de l'importance de l'islam, importance structurante que je respecte profondément... Je sais que l'homosexualité est taboue et souvent mal vue, mais je ne pense pas qu'il faille mettre ici dans TelQuel de l'huile sur le feu, avec tous ces propos stupides, qui amalgament des choses qui n'ont rien à voir (homosexualité, pédophilie, violence, prostitution). Des pratiques scandaleuses d'exploitation sexuelle existent, homo comme hétéro... Mais, ce qui a gêné Monsieur Maréchal, ce n’est pas la prostitution, c'est la débauche homo... et ce qui me choque, c'est la débauche d’homophobie de ce Monsieur... J’aimerais que TelQuel, le magazine du Maroc tel qu'il est, le magazine anti-tabou, cherche de préférence à relater la vie des homos marocains, plutôt que l'avis de Français ou Marocains homophobes.

Jean-Louis Touton



 
Mustapha Alaoui
Erratum


Dans notre numéro précédent, la rubrique "L’interrogatoire" invitait Mustapha Alaoui à répondre à nos questions et non pas Hassan Alaoui, tel qu’il a été publié… Vous l’aurez corrigé de vous-même. Toutes nos excuses aux lecteurs et à M. Alaoui.

 
 
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