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N° 114
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1961 : naissance à Larache
    1975 : intègre la "Chabiba madrasia" de l’Istiqlal
    1981 : décroche son bac et quitte Larache
    1988 : journaliste à Al Alam
    2004 : réélu SG de la jeunesse de l’Istiqlal

Smyet Bak ?
Sadek Bakkali.

Smyet Mok ?
Khadija Bakkali.

Ils sont cousins ?
Oui.

Nimirou d’la carte ?

L 112 060.

Bien. Vous avez été récemment réélu à la tête de la jeunesse de l’Istiqlal. On croyait que vous n’alliez plus vous
présenter ?

C’est ce que j’avais décidé depuis plus de trois ans. Mais il y a eu des nouveautés qui m’ont fait changer d’avis.

Des nouveautés ?
Oui, disons que j’ai senti que mon désistement arrangeait certains cadres du parti et je ne voulais pas faire durer leur joie. Je n’irai pas jusqu’à dévoiler leurs noms, mais je suis en mesure d’affirmer que notre expérience à la Chabiba les gêne, eux qui se croyaient tout permis dans le parti.

C’est la Chabiba qui joue aux garde-fous maintenant ?
Non, pas à ce point. Nous n’avons pas de différent avec le secrétaire général, mais avec certains cadres. Sinon, nous entretenons des relations naturelles avec le parti. À aucun moment, nous n’avons senti que nous étions contrôlés ou censurés.

C’est facile lorsqu’on n’est pas fils de notable, de prendre des responsabilités à l’Istiqlal ?
Non, c’est très difficile.

Mais encore ?
Je crois que c’est suffisant en soi. Ceci dit, il y a pas mal de fils de leaders du parti à la Chabiba. Ils militent à la base et travaillent au quotidien, comme tout le monde.

Lors de votre dernier congrès, vous avez présenté un rapport où vous demandiez des réformes politiques et constitutionnelles. Vous ne vous êtes pas trop fait gronder pour ça ?
Pourquoi cela ? Lors de son 14e congrès, il y a moins d’une année, le parti avait également appelé à des réformes constitutionnelles.
On ne vous a pas dit que vous étiez "trop jeune pour ce dossier" ?
Pas exactement. Le parti nous a demandé de ne pas rentrer dans les détails de la réforme constitutionnelle, vu qu’il n'y a pas encore eu consensus au sein du parti. Mais nous sommes d’accord sur le principe.

Qu’est-ce qui détermine la Chabiba d’un parti, l’âge des militants ?
Certains leaders du parti, et c’est grave, la conçoivent comme un jardin d’enfants. Je crois que c’est une véritable école, une antichambre du parti. C’est ici que sont formés les cadres de demain. Et c’est généralement ceux-là qui ont le plus conscience de l’organisation et de l’esprit du parti.

Vos actuels "jeunes ministres" sont passés par là aussi ?
Hjira a été à la Chabiba, et il sait très bien ce qu’est le parti.

Et les autres ?
Ils font leur apprentissage. Mais je dois dire que Karim Ghellab et Adil Douiri font beaucoup pour s’intégrer. Ce sont de bons élèves.

Lors du dernier congrès, le bureau de la Chabiba a été renouvelé au deux tiers. Qu’est ce qui empêche un pareil renouvellement au sein de l’Istiqlal ?
L’esprit de jeunesse qui anime la Chabiba et qu’on ne retrouve pas au parti. Nos jeunes ont cette culture du changement, du dynamisme. Alors que les autres militants du parti sont plus préoccupés par la stabilité de l’Istiqlal. Ils ne conçoivent pas de grands changements du jour au lendemain. À la Chabiba, nous n’avons pas cette obsession de stabilité du parti. Notre seul souci, c’est la transparence des élections.

Lancez l’assaut !
Ce n’est pas comme ça que ça va changer. Il faut que nos militants, à la base, soient convaincus de cette culture du changement.

À quel moment cesse-t-on d’être dans la Chabiba ?
Quand on sent qu’on a tout donné. Qu’il faut passer à autre chose, comme prendre des responsabilités au sein du parti et de ses organisations. Mais, il ne faut pas que la Chabiba soit un parapluie pour cacher son échec organisationnel. On ne peut pas rester éternellement dans une jeunesse de parti non plus.

La barbe, c’est idéologique ?
Du tout. Je la garde depuis 1986.

Souci esthétique ?
Vous pouvez appeler ça comme ça.

 
 
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