Le livre moteur de la culture : Des ponts jetés à Casablanca
| Le Salon international du livre de Casablanca se tiendra cette année sous lemblème de linterculturel. Passons outre le nombre dexposants étrangers (46 pays), très peu significatif. Le plus marquant est lintérêt porté dans le programme culturel, dabord aux ponts susceptibles de lier la littératures des autres à lunivers des nôtres. Des rencontres porteront ainsi sur le poète chilien, Pablo Neruda, et le réalisme magique mexicain. À un autre niveau, des éditeurs de plusieurs bords, arabes, africains, francophones, se retrouveront ensemble pour sonder leurs espaces de circulation respectifs. Une place de choix sera consacrée à la culture amazighe, la traduction du Coran y sera enfin présentée publiquement. Le parcours de lesthète Edmond Amran El Maleh sera apprécié aussi bien comme critique que comme écrivain. Le thème de la mondialisation sera décortiqué sous langle de lurbanisation, par Olivier Mongin (directeur de la revue Esprit), aux côtés dauteurs marocains, comme |
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Abderrahmane Rachik, mais aussi sous langle du phénomène religieux qui se propage.
Linterculturel sera encore plus présent à travers le Prix grand Atlas, consacré principalement aux traductions. Le jury bilingue, mené par Farouk Mardam-Bey, conseiller culturel à lIMA et ancien directeur de la collection Sindbad, a du pain sur la planche. Lessentiel des textes en compétition sont des romans ou des témoignages. Avec trois textes de Jean Genet, au menu, lune des rares fictions bien ficelées de T. Benjelloun, Lauberge des pauvres, sera jaugée sur un pied dégalité avec un polar de M. Hamdouchi, Le chacal blanc, mais aussi le sublime et non moins iconoclaste Retour dAbou al Haki dE.A. El Maleh. Sous la plume décrivains reconnus comme M. Berrada ou A. Chaoui, mais aussi des traducteurs patentés, comme A. Cherkaoui, le livre porté du français vers larabe est à lhonneur. En face, dans un registre plus soutenu, la traduction du Livre des exemples dIbn Khaldoun par Abdeslam Cheddadi, sort carrément du lot. Tous jettent des ponts pour briser la chaîne des malentendus entre arabophones et francophones. |
Colloque : Malraux à Casa
Depuis quelle a publié sa thèse sur la vie, luvre et la personnalité dAndré Malraux, Anissa Chami en a fait son cheval de bataille. Aujourdhui, elle organise, via lauteur de La condition humaine, un événement littéraire à Casablanca, du mercredi 25 au vendredi 27 février. Avec des séances plutôt académiques, le jour, dans lenceinte de la faculté des lettres Aïn Chock, des conférences plus grand public, une table ronde, une exposition et un film à lInstitut français, cette passionnée de lécrivain-ministre sort sa faculté de ses murs. Les étudiants suivront-ils ? Le public trouvera-t-il de lintérêt à un auteur au souvenir lointain ? Il faut y aller pour sen assurer.
Le programme détaillé est disponible à lIF de Casa
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Parution : Le voile vu par Debray
Le dernier livre de Régis Debray, Ce que nous voile le voile, est un cas décole. Dabord parce quil est laboutissement dune réflexion quil a faite en tant que membre de la commission de Stasi, et quil remet à lappréciation du lecteur. Ensuite, parce quil y fait étalage de tous les doutes qui lui taraudent lesprit, suite à tous les débats soulevés par le projet de loi interdisant le port du voile à lécole. Le ton sceptique de Debray est instructif de bout en bout. Il cherche le bon équilibre entre lEurope chrétienne et libérale et la France laïque et sectaire. Il refuse de limiter la question des signes visibles à ce qui est religieux et lélargit à ce qui est marchand, pour éviter toute discrimination par défaut. Il délimite les frontières entre espace public et espace civique, pour que linterdiction du voile et compagnie ne fasse pas tache dhuile. Il rappelle le droit à la mixité mais sinterroge sur lécoute que doivent avoir les maires pour lappel à la pudeur des autres. Il redéfinit les termes de la laïcité tels que définis par la République, mais appelle à une reconsidération de la notion de communauté en son sein. Et enfin, il rappelle que la laïcisation touche lÉtat et la loi et la sécularisation la société et la culture, et que les deux ne vont pas toujours de pair.
Ce que nous voile le voile, La République et le sacré, Régis Debray, Gallimard
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