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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Deux avions de chasse espagnols survolent le Maroc : Une "erreur de pilotage" qui peut coûter cher

Ana Palacio, ministre des Affaires étrangères espagnol et son
homologue marocain, Mohamed
Benaïssa (Photo AFP)
L'incident a eu lieu le jeudi 5 février où, d’après l’agence de presse officielle MAP, "des avions de chasse espagnols ont survolé à basse altitude la province de Nador, située à 550 km au nord de Rabat". Cette surprenante incursion dans l’espace aérien du royaume a attisé la colère des autorités marocaines qui ont demandé des explications, et obtenu des excuses officielles, auprès de leurs homologues espagnols. Voilà où s’arrête la version officielle. Au fait, que s’est-il passé au juste ? D’après des sources très proches de ce dossier, l’incident concerne deux avions de chasse espagnols. Lesquels, rajoutent les mêmes sources, auraient débordé sur l’espace aérien
marocain à cause du mauvais temps, mais sans être munis ni de caméras d’enregistrement, ni d’armes. Cette "erreur de pilotage", tout de même surprenante à ce niveau, n’est pas la première du genre, puisque d’autres incursions dans l’espace aérien du Maroc avaient eu lieu, notamment dans les suites de l’affaire Perejil, en 2002. Elle fait suite à une accalmie de plusieurs mois. D’après des milieux proches de la diplomatie espagnole, "Madrid a présenté ses excuses de facto et ne s’attendait pas à ce que Rabat fasse part, en public, de l’incident". En Espagne, on considère en effet que l’affaire est close, et on en tient pour preuve le maintien d’un programme d’exercices conjoint des forces aériennes marocaines et espagnoles qui se seraient tenus, quelques jours après l’incident, à Meknès. Pour la diplomatie marocaine, l’incident-provocation du 5 février pourrait être exploité comme une aubaine, destinée à maintenir la pression sur l’Espagne en attendant de régler le dossier du Sahara.


Le G5 élabore sa charte : Ce que sera le rassemblement démocratique de gauche

Les cinq partis d’extrême-gauche (GSU, PADS, CNI, Ennahj Addimocrati, Fidélité à la démocratie) constituent désormais un front, étape préalable à une éventuelle fusion. Selon les statuts de ce parti en gestation, l’instance exécutive devra être composée des secrétaires généraux des cinq partis, en plus de dix représentants nationaux, dont une moitié de femmes. Le secrétariat national devra revenir à cinq personnes. Détail important : ce qui s’appelle pour le moment le "rassemblement démocratique de gauche" ouvre la porte à des alliances, à l’intérieur comme à l’extérieur du G5. De même qu’il peut accueillir d’autres organisations ou partis de gauche, à la demande de deux membres du G5 et après accord de tous les autres. En plus clair, et même ses initiateurs s’en défendent, le futur parti propose à la gauche classique (USFP, PPS) de se joindre à lui, sous peine de la pousser à droite (lire dossier p14).


Coup de filet à Marrakech : Coke en (petit) stock

Ce n’est peut-être pas l’affaire Erramach avec ses barons de la drogue, réseau et couvertures, mais elle est promise à autant de succès auprès de l’opinion publique. Ses acteurs sont - selon un bilan provisoire arrêté jeudi 12 février - 24 personnes, toutes issues de grandes familles marrakchies. Elles sont actuellement poursuivies pour "détention, commercialisation, consommation de cocaïne et proxénétisme". Les faits remontent au 5 février. Tarik Benabdellah, jeune DG de l’hôtel Meriem, est interpellé dans une boîte de nuit, Jad Mahal, avec trois de ses fournisseurs de cocaïne. Leurs révélations conduiront à l’arrestation de 17 autres personnes. Parmi elles, un des descendants de Ali Belfellah, propriétaire décédé du célèbre parc d’attraction éponyme. On trouve aussi les deux fils d’Atlassi. Richissime promoteur immobilier et ex-officier de police, il les aurait lui-même livrés. Un ingénieur d’État du nom de Fakihani, un voyagiste (Benhakoun), deux agents immobiliers, des gérants de boîtes de nuit (Chawki), de maisons d’hôte (Belhatimi) et d’une station d’essence (Kaïssi) complètent la liste. Côté saisie, quelques 70g de cocaïne (900 DH/g, selon des estimations policières) ont été collectés. Les voitures des détenteurs de cocaïne ont fait l’objet de saisie, soit 6 engins de luxe. Des 24 personnes présentées le 13 février, 6 ont été remises en liberté provisoire. Manque de preuves ? Peut-être, mais des sources policières se sont plaintes de pressions.

A.H

 
 
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