Après la bastonnade des militants des droits humains
: Lettre ouverte au ministre de lIntérieur
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Mustapha Sahel, appelé à mettre
fin à des pratiques "barbares"
(Photo AFP)
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| À croire que nos dirigeants cherchent à nouer des liens privilégiés avec les ONG internationales de défense des droits de lhomme. Des liens dun genre un peu spécieux puisquils semblent ne pas avoir compris que moins elles parlaient de nous, mieux cétait. À peine le dernier rapport de la FIDH, épinglant sévèrement le royaume pour ses pratiques barbares, dans le cadre des procès du 16 mai, a-t-il été rendu public (TelQuel n°113), que nous voici de nouveau désignés à la vindicte internationale pour manquement grave aux principes élémentaires des libertés fondamentales. Ainsi, une lettre ouverte en date du 16 février et signée par Sidiki Kaba, président de la FIDH, et Eric Sottas, président de lOrganisation mondiale contre la torture (OMCT), vient dêtre adressée à notre |
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ministre de lIntérieur, au nom de lObservatoire pour la protection des défenseurs des droits de lhomme (1). La raison ? La répression utilisée en réponse à la manifestation pacifique organisée le 28 janvier dernier, par la coalition pour le droit aux soins et laccès aux médicaments et celle pour la diversité culturelle (TelQuel n°114). Du coup, sont condamnées avec la plus grande vigueur les violences subies par Abdelhamid Amine et les autres défenseurs des droits humains et perpétrées dans le cadre de leurs activités, ce qui est contraire aux libertés fondamentales. Ainsi, lObservatoire prie les "plus hautes autorités marocaines de veiller à ce quun terme soit mis à toute forme de menace et de violence à lencontre des défenseurs des droits de l'homme". Comme il leur demande de se conformer aux dispositions de la déclaration sur les défenseurs des droits humains adoptée par lAssemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment son article 1, qui dispose que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international".
(1) L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme est un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
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Bouteflika mauvais joueur : Flambée de censure en Algérie
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Les révélations de Mohamed
Benchicou ont donné lieu à de nombreuses interpellations
"illégales" (Photo AFP)
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| Quand Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le matin sort un livre, le moins que lon puisse dire cest quil met en émoi le pouvoir algérien. Dès la sortie de l'ouvrage, le 16 février, des policiers ont visité tous les imprimeurs de la capitale ainsi que ceux d'Oran et de Constantine pour savoir lequel d'entre eux l'avait imprimé. Des libraires d'Alger et d'autres villes du pays ont reçu la visite de policiers et ont été sommés de ne pas le vendre. Dimanche, des dizaines de policiers en civil se sont déployés autour du siège du journal Le matin et du domicile de l'auteur. Des employés du journal ainsi qu'une journaliste, Saïda Azzouz, ont été interpellés et conduits au commissariat pour interrogatoires, et les ouvrages en leur possession saisis. Le caricaturiste du quotidien Liberté, Ali Dilem, en possession du livre, a également été interpellé avant d'être relâché après interrogatoire. Pourtant, ce livre n'est pas interdit par une décision de justice. Un communiqué du Matin fait remarquer qu'il est l'objet d'une mesure de fait "au mépris de toutes les lois". Les policiers ont agi sur instructions de leur hiérarchie, le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, et non sur une décision de justice comme le prévoit la loi algérienne. Il n'empêche : malgré la pression policière, 13.000 exemplaires |
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| ont déjà été vendus, 13.000 autres devraient l'être dans les jours qui viennent. Intitulé Bouteflika, une imposture algérienne, ce livre est un véritable brûlot sur la vie et la personnalité de lactuel président, candidat à sa propre succession. Résultat d'un travail d'investigation mené par le journaliste, il comporte des révélations, fondées sur des faits avérés. Mais on le sait, toute vérité nest pas bonne à dire, surtout à quelques semaines de lélection présidentielle, prévue le 8 avril prochain. |
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