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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1968 : naissance à Rabat
    1984 : débuts au théâtre avec A. Fennich
    1990 : intègre le circuit professionnel avec Founoune
    1996 : premier grand rôle dans Adieu forain
    2000 : crée sa troupe de théâtre amateur
    2003 : intègre la troupe "Tensift"

Smyet bak ?
Abdelaziz Didane, que Dieu ait son âme.

Smyet mok ?
Rabea Didane, ils sont cousins.

Nimirou d’la carte ?

AB 124 061.

Vous la connaissez par cœur à ce que je vois !
Parce que je ne la porte presque jamais avec moi. Je ne suis pas un mec à problème, vous savez.

Vous sortez d’une répétition que vous avez dû arrêter plus de cinq fois pour chasser les intrus qui rôdaient autour de la cour où vous jouiez. Vous trouvez cela sérieux ?
Bien sûr que non, surtout quand vous voyez comment ça se passe ailleurs. Si on accepte de jouer dans des conditions pareilles aujourd’hui, c’est qu’on espère un changement pour l’avenir. Pour que la génération qui nous succèdera ait un terrain plus favorable à la création. Nos aînés se sont également battus, mais la plupart l’ont fait pour leurs propres petits intérêts malheureusement. Si, à notre tour, on abandonne le navire, la pays vivra dans un marasme culturel.

Vous jouez dans plusieurs troupes de théâtre (amateur, commercial et professionnel). Vous faites du cinéma, de la télévision. On ne vous a jamais appris à sélectionner ?
J’aime le jeu. Je suis capable de jouer tous les rôles. Je ne peux pas faire de sélection en raison de mes conditions de vie, pas confortables. J’aimerais bien ne faire qu’une chose à la fois. Signer un contrat avec une troupe professionnelle pour jouer des pièces d’auteur et des grandes adaptations, vivre d’un art respectable. Mais c’est impossible. Je suis peut-être le seul acteur qui joue dans trois troupes à la fois. C’est à peine supportable, mais j’y suis bien obligé.

L’art n’est donc pas un bon plan pour sortir de la misère ?
Du tout, si ce n’est pas le contraire. La plupart de nos artistes vivent dans la précarité. Nos responsables ne veulent pas le développement du théâtre. Ils n’en ont peut-être plus peur, mais ils ne font rien pour qu’il évolue non plus. Les subventions ont fini par tuer le théâtre.

Pardon ?
Avant le système de subvention, nous faisions souvent salle comble pour plus de cent représentations. Aujourd’hui, on nous subventionne dix représentations. Il nous arrive de dépasser ce nombre, mais c’est un système qui apprend la paresse.

Pourquoi vous ne refusez pas cette subvention alors ?
La subvention n’est pas le problème. Je crois que nos responsables doivent repenser le système des subventions.

Petit, vous rêviez d’une carrière théâtrale ?
Ma vie a connu un tournant quand j’ai intégré les scouts. J’avais rejoint la section théâtre et j’ai découvert en moi l'amour du jeu. J’ai voulu apprendre et de retour à Salé, j’ai rejoint plus de cinquante associations de théâtre. Je jouais toute la journée, des dizaines de rôles à la fois, et parfois même je travaillais sur les costumes, le décor, etc. C’est là qu'Abdelmajid Fennich m’a repéré, puis j’ai intégré la troupe professionnelle Founoune, qui m’a tout appris pendant plus de 13 ans.
À la troupe “Tensift”, vous êtes le seul à ne pas avoir suivi de formation.

Vous n’avez jamais pensé à rattraper ce retard ?
Quel retard ? J’ai appris en 13 ans ce que je devais étudier en quatre ans. J’ai en plus une bibliothèque personnelle qui me permet d’être au point au niveau des connaissances générales. Les membres de la troupe avaient peur au début mais ça s’est vite dissipé. J’ai la chance d’avoir acquis de l’expérience. Les lauréats de l’institut (NDLR : ISADAC) reçoivent un véritable choc quand ils intègrent le circuit. La réalité est à des années lumières de ce qu’ils apprennent. Ceux qui s’en sortent, ce sont généralement ceux qui créent leurs propres troupes comme Tensift.

Vous n’avez pas peur de jouer souvent au travesti ?
Je l’ai fait deux fois seulement. La première au cinéma dans Adieu Forain. Pour ce rôle, j’avais passé 20 jours avec des travestis à Mehdia. Après le film, une occasion de jouer le même rôle s’est présentée au théâtre et je n’ai pas refusé. Un bon acteur doit s’essayer à tous les rôles et ne pas en avoir peur. Si cela marque les gens, tant mieux.

Vous vivez pour l’art ou vous faites de l’art pour vivre ?
Au début, je vivais pour l’art. Aujourd’hui, l’art est ma seule source de revenus. Heureusement, pour moi que j’aime ce qui me fait vivre.

Vous croyez que vous êtes une star ?
Donnez-moi le nom d’une seule star dans ce pays.

Mohammed VI !
C’est bien le seul aujourd’hui avec l’équipe nationale de foot.

 
 
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