Chronique d'une catastrophe
Al Najat : l'État coupable de complicité
Maroc-USA : Pourquoi l'ALE* fait-il si peur ?
Témoignage : Au quartier B des condamnés à mort
Education, L'art à l'école : Du bricolage
France : Cours d'islam à Nantes
Profession : Guide de montagne
Manar l'Anar
Économie
Problématique économique
N° 116
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Bonne nouvelle
Devises : Une carte de crédit, enfin !


La formule "valid only in Morocco" cessera dès la saison prochaine d’être gravée sur les cartes de crédit émises au Maroc. L’Office des changes vient, en effet, d’autoriser les sorties de devises à hauteur du plafond pour la dotation touristique, 15.000 DH. Plutôt que de trimballer de l’argent cash dans ses poches, le voyageur aura une recharge équivalente sous forme de carte de crédit. Au-delà de cet aspect pratique, les avantages et les inconvénients sont surtout d’ordre financier. Les banques n’auront plus à puiser dans leurs réserves en devises au moment des vacances d’été. Les sommes effectivement consommées par les voyageurs feront l’objet de compensation ultérieure avec les gestionnaires de la carte (Visa, Mastercard…).
Les particuliers gagnent au change (sans jeu de mots). Par le passé, les devises non consommées devaient faire l’objet d’une restitution aux banques ou étaient changées au marché noir. Enfin, le Maroc, lui, intègre le système de monétique mondial. Dans un communiqué, Visa s’est félicité de la décision de l’Office et Mastercard devait faire de même. La nouvelle réglementation est effective depuis le 17 février.



Mauvaise nouvelle
Acier : Les prix flambent


Les aciéries et les industries en aval s’attendent à des jours difficiles. Depuis le 9 décembre 2003, l'acier a connu trois hausses consécutives d’un total de 600 DH la tonne, passant de 5100 DH à 5700 DH. Pour une fois, les cours sur le marché international ne sont pas montrés du doigt. Les promoteurs immobiliers, principaux consommateurs d’acier (fer à béton) accusent la Sonasid, l’opérateur monopolistique du marché. Il reste, bien évidement, l’option "importation directe" pour les promoteurs, mais elle est quasi inutilisée en raison des droits et taxes douanières qui représentent, d’après l’association des promoteurs de Casablanca, près de 85% de la valeur déclarée. Résultat, côté promoteur, on préfère mettre le paquet pour faire cesser la position monopolistique de la Sonasid. Il faut savoir que le Maroc est un piètre producteur et consommateur de fer. La matière première de la Sonasid est, pour l’essentiel, issue de billettes (acier en vrac) qui est retravaillée dans son usine de Nador. Quant à la consommation, elle ne dépasse pas les 800.000 tonnes, appelées à doubler avec l’entrée en vigueur de la loi sur les normes antisismiques.



Recherche et développement : L'innovation manque de budget

À combien se montent les budgets consacrés à la recherche et au développement par les entreprises au Maroc ? Trois fois rien. Et c’est l’association R&D Maroc qui s’en est plainte lors de la semaine nationale de l’innovation qui a eu lieu du 17 au 20 février. Les travaux de la semaine ont beaucoup insisté sur la problématique du financement de la recherche. Certes, a fait observer un intervenant, on assiste ces dernières années à une multiplication des bourses de recherche et d’échange financées dans le cadre de la coopération internationale, mais la question du financement de projets concrets demeure insoluble. Ainsi, les jeunes créateurs refusent de s’ouvrir sur les entrepreneurs, de peur d’être spoliés de leurs projets. Y’a-t-il des chercheurs pour trouver une solution au problème de la recherche ?


ALE Maroc/Europe : Patten à Agadir

Chris Patten, le commissaire européen chargé des Relations extérieures, était au Maroc la semaine dernière pour signer "l’Accord d’Agadir". Présenté comme "une étape majeure vers la création envisagée d’une zone euro-méditerranéenne de libre-échange", l’accord concerne la Tunisie, la Jordanie, l’Égypte et le Maroc. Soit, au total, une population de 100 millions de personnes. L’Accord d’Agadir qui fait suite à la déclaration faite à la même ville en mai 2001 instaure de nouvelles règles et un planning pour faciliter le commerce entre les quatre pays et l’Union européenne. Notons que l’Europe n’envisage pas, à ce jour, et malgré les pressions des États-Unis dans la région, d’abréger la date de passage aux frontières ouvertes. L’année 2010 est maintenue comme objectif. Incha Allah…


Poulpe : Les barques coupables

Taïeb Rhafès, le ministre des Pêches, continue d’essuyer les salves de ses détracteurs. Cette fois, les parlementaires, parmi lesquels l’ex-ministre Saïd Chbaâtou, sont montés au créneau pour dénoncer sa gestion du dossier du poulpe. Le secteur de la pêche vient de clore une saison singulièrement difficile avec des exportations de l’ordre de 200 millions de dirhams contre 2 milliards, une année auparavant. Côté production du poulpe, on continue d’accuser la surexploitation de la ressource. Les barques artisanales ont été jugées nombreuses et leurs prises, 88.000 tonnes par an, excessives, alors que les recommandations globales (y compris la pêche côtière et hauturière) sont limitées à 55.000 tonnes par l’INRH (Institut national de recherches halieutiques). Tout cela semble dans les cordes de Rhafès, sauf le projet du code la pêche qui attend, depuis 1997, de passer en conseil des ministres.


Emploi : Le chômage en hausse

Durant le dernier trimestre 2003, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 4,8%, soit de 63.000 personnes. La population globale des chômeurs passent ainsi à 1.377.000 personnes contre 1.314.000 en 2002. Ceci pour une population active de l’ordre de 10.722.000. Parallèlement, le taux de chômage a augmenté de 0,3 point, en passant de 12,5% au 4e trimestre 2002 à 12,8% au 4e trimestre 2003. Le milieu urbain est le plus touché par la conjoncture défavorable, puisqu’il concentre près de 86% des chômeurs. De même, le phénomène touche plus les hommes (71,8% des chômeurs) et les jeunes (80,9% des chômeurs). Le haut commissariat au Plan, qui a livré ces chiffres, a relevé "un décalage entre l’offre et la demande d’emploiss" sur le marché du travail, comme principale cause de la mauvaise conjoncture.


Recettes : Les douanes se frottent les mains

L'administration des douanes a terminé l’exercice 2003 en apothéose. Ses recettes ont grimpé de plus de 4 milliards de dirhams. En 2002, les caisses des douanes avaient enregistré un montant de l’ordre de 37 milliards de dirhams tandis que l’année 2003 a accouché de 41,8 milliards. Le comportement de la TVA et de la Taxe intérieure de la consommation (TIC) explique la hausse. La première a crû de 9,9% passant de 13,2 milliards à 14,5 milliards. La seconde s’est envolée de près de 50% (de 10 à 15 milliards de dirhams). Parallèlement, le trafic portuaire de marchandises à l’importation a régressé de 3,7%. La logique voudrait que les recettes des douanes suivent le trafic portuaire. Le contraire s’explique par une meilleure lutte contre la fraude.


 
Étienne Barel


Le nouveau directeur général et membre du directoire de la BMCI, Étienne Barel, a un CV éloquent. À 36 ans, il capitalise une carrière éclair qui l’a mené des bancs de l’École Supérieure de Commerce de Paris aux sommets de la direction de la banque BNP Paribas, qui contrôle la BMCI. En 1991, Barel est diplômé de la prestigieuse École Nationale d’Administration française et de l’Institut d’Études Politiques de Paris. En même temps, il a décroché une licence en économie et une maîtrise en droit. Une œuvre scientifique, Économie politique contemporaine, a clos sa carrière théorique. Après un passage au ministère des Finances en qualité d’inspecteur puis de
chargé de mission au sein de l’Inspection générale des finances, il débute sa carrière bancaire au sein du groupe BNP à la direction du développement. En 1999, il sera un des artisans du processus de rapprochement entre le groupe BNP et la banque Paribas. L’opération, on s’en rappelle, avait été réalisée au moyen d’un échange de titres entre la Société Générale et Paribas, banque qu’elle convoitait. Directeur du pôle banque de détail, Étienne Barel rejoint la BMCI, banque active sur ce segment de clientèle.


Dernière nouvelle
PME en difficulté : Un fonds d'aide


Le projet de fonds de restructuration de la PME est bouclé. Cet instrument, financé par la coopération internationale, propose d’aider les PME en difficulté financière à se relever. Ses conditions de financement seraient particulièrement avantageuses pour les bénéficiaires. Il a été doté d’un budget de 10 millions d’euros. À ne pas confondre avec le Foman, lequel finance la mise à niveau des petites et moyennes entreprises.

 
 
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