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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Celui qui avait déposé plainte quitte le pays… : Mais qui donc veut la peau de Si Driss ?

Basri pourra-t-il rester au Maroc ?
(Photo AFP)
Le procès Basri par personnes interposées soulève deux questions, au moins : pourquoi ? Et pourquoi aujourd’hui, sachant que les faits reprochés au clan Basri remontent au début des années 90 et que la plainte, qui a officiellement déclenché la procédure, est déjà vieille de sept mois ? Dans l’entourage de l’ancien ministre de l’Intérieur, actuellement en "visite privée" en France, on assure que la mise en route brutale de la machine judiciaire n’aurait pour but que "d’intimider Basri et de l’empêcher d’éditer ses mémoires en France". Peut-être. Le fait est que Basri, depuis plus d’un an, n’a jamais fait mystère de son intention de publier, comme il le disait à l’époque, "des bouquins". L’ancien numéro deux du pays assurait, de son air le plus sérieux, qu’il éditerait "un livre pour expliquer la construction des édifices de l’État marocain par Hassan II (et par moi-même)". Ce fameux livre serait prêt et il ne devrait guère heurter la sensibilité des officiels marocains. Mais ce n’est pas tout. Basri aurait également consigné des notes plus personnelles, qui se trouvent depuis longtemps en
France, et dont, détail important, on nous assure que "les Marocains ne contrôlent pas tout le contenu". Autrement dit, des faits inédits et des façades peu reluisantes de la monarchie pourraient éclabousser les lignes du récit. L’intention d’éditer ces écrits personnels n’a jamais été clairement établie. Des sources proches de Basri soutiennent que ce dernier pourrait utiliser ce précieux document comme "un moyen d’acheter la paix". Si Basri, en effet, a tenté à plusieurs reprises d’obtenir la nationalité française (la dernière a eu lieu durant l’été 2003), il n’a jamais caché son envie de rester au Maroc. Le pourra-t-il ?
Ces péripéties interviennent au moment où 20 personnes du clan Basri viennent de passer des mains de la BNPJ à celles de la CSJ avec, à leur tête, le tandem emblématique Abdelmoughit Slimani-Abdelaziz Laâfoura. Déjà, une surprise de taille : le citoyen suisse, Jean-Victor Lovat, n’a pas été auditionné par les enquêteurs de la BNPJ, pour la simple raison qu’il ne se trouve pas au Maroc ! Comment se fait-il que Lovat, qui a tout déclenché via une plainte spectaculaire contre le clan Basri (auquel il était pourtant bien associé des années durant), a été laissé libre de ses mouvements au point de quitter le territoire en un moment aussi fatidique ? Ce fait troublant constitue la seule surprise véritable de la procédure en cours. Au bout de 85 auditions, la BNPJ a livré les vingt inculpés du clan Basri sur la base de quatre dossiers "seulement" : les projets Ouled Ziane et Fouarat, la construction du siège de la commune de Aïn Sebaâ, les rapports entre Helvetica de Jean-Victor Lovat et SCTP de Abderrahim Kennir, et la plainte de l’investisseur irakien, Mohamed Wahib, contre Abdelmoughit Slimani… et Jean-Victor Lovat. Les quatre affaires ne sont qu’une goutte dans la mal gestion de Casablanca, voire de tout le Maroc. Basri n’y est à aucun moment directement impliqué même si son nom est cité parmi les actionnaires de l’ombre de l’hôtel "Le Tivoli" à Agadir et même si, de toute évidence, il connaissait parfaitement les activités frauduleuses de son beau-frère Slimani et de son subordonné Laâfoura.
Des sources proches de l’instruction en cours précisent que, de tous les inculpés, Laâfoura est de loin le moins commode. "Je n’ai rien signé, aurait-il répété aux enquêteurs, vous m’inculpez sur la base de racontars, ceci est un procès politique". Slimani, lui, est le plus prolixe, n’hésitant pas à faire porter la casquette à plusieurs de ses "délégués", voire, nous assure-t-on, à quelques uns parmi ses protecteurs.



La liste complète des inculpés :

Abdelmoughit Slimani
Abdelaziz Laâfoura
Amine Demnati
Lahcen Haïrouf
Abdelkader Dariî
Mohamed Boudhir
Boujemaâ Yousfi
Noureddine Delli
Khalil Doghmi
Driss Almou
Mustapha Hicham
Mohamed Moussafir
Younes Tijani
M’hachem Bouâzza
Abdeltif Chraïbi
Abdelhamid Belqora
Azzedine Bekraoui
Abderrahim Kennir
Tapaloucht El Hafiane
Wafae Abou Maârouf

 
 
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