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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Les pêcheurs réagissent : L’État poursuivi pour "coups et blessures"

Abderrahman El Yazidi
Les pêcheurs matraqués pour avoir manifesté et fait grève de la faim le jour de l’Aïd El Kébir ont décidé de réagir. Ils ont porté plainte contre "tous les responsables susceptibles d’avoir pris la décision de les matraquer". On se rappelle que le 2 février dernier, les marins et les officiers de la pêche hauturière avaient entrepris, sur l’ordre de leur syndicat sectoriel, une marche sur la capitale. Forcés au chômage à cause du prolongement de la période de repos biologique jusqu’à fin avril, quelque 600 pêcheurs (120 selon un communiqué de la DGSN publié le lendemain par la MAP) avaient fait le déplacement à pied depuis leurs régions en direction de la capitale. Habillés en noir (pour marquer le contraste avec un jour de fête ou l’usage veut
que l’on s’habille en blanc), ils avaient juré de faire grève de la faim (pour les mêmes raisons). Le comité d’accueil r’bati ne l’entendait pas de la même oreille, puisqu'après une sommation sommaire, les forces d’intervention rapides les ont roués de coups. Résultat de la battue anti-pêcheurs, une quarantaine de blessés (dont le secrétaire général du syndicat, Abderrahman Yazidi), selon l’organisation ouvrière ou… "un agent de l’ordre légèrement blessé", selon le communiqué du département de Hamidou Laânigri. Le 24 février, les pêcheurs matraqués ont décidé de porter plainte contre leurs bourreaux et là, chacun en prend pour son grade. Deux plaintes ont été déposées en justice. La première auprès du parquet de la Cour d’appel de Rabat contre les pachas d’Agdal et de Hassan. Le premier pour être l’autorité exécutive de son chef-lieu et le second pour avoir personnellement dirigé le matraquage "contre ceux qui veulent gâcher la fête de Sidna", selon une formule que lui prête un des pêcheurs bastonnés. La seconde plainte a été déposée auprès du parquet de la Cour suprême contre le ministre de l’Intérieur, le patron de la DGSN et le wali de Rabat (mêmes raisons, toujours). L’accusation est, en revanche, la même. Tout le monde est poursuivi pour "coups et blessures". Et cela, 43 témoins sont prêts à l’attester devant les juges. Navrant.


CNCA : L’affaire revient à Casablanca

Que se passe-t-il dans la tête de Mohamed Bouzoubaâ, le ministre de la Justice ? Alors que la loi sur la suppression de la Cour spéciale de justice (CSJ) a scellé le sort de cette juridiction d'exception, des décisions contradictoires la concernant montrent à quel point il s’agit d’un instrument politique. Un coup, c’est l’affaire Laâfoura et Slimani qui est enlevée au tribunal d’Anfa de Casablanca pour être livrée à la CSJ. Un autre, c’est l’affaire CNCA, à la CSJ depuis trois ans maintenant avec des condamnations en 2001, qui est exportée vers la Cour d’appel de Casablanca. Depuis le 16 février, l’affaire opposant Mohamed Laâroussi à la CNCA est à la Cour d’appel de Casablanca. Celle-ci remonte au début des années 1990. Des cadres de la CNCA en complicité avec l’entrepreneur Mohamed Fegane (condamné dans l’affaire CNCA et poursuivi ans l’affaire CIH) et un notaire de Temara auraient spolié Laâroussi de son affaire d’exportation d’agrumes, de ses deux villas et de ses terrains à Mohammedia. Sa plainte l’a conduit directement en prison pour trois années. Après l’éclatement du scandale, il est revenu à la charge et aurait la preuve, selon la synthèse de la police, que des faux contrats ont servi à sa spoliation. Selon une source judiciaire, l’affaire est un cas d’école des pratiques de gestion. Peut-être, mais une chose est sûre, elle est promise à moins d’éclats depuis qu’elle a quitté les bancs de la CSJ.


La télé au volant : Alerte à l’incivisme

Les enfants s’en régalent, certains parents s’en foutent et la police le découvre par notre intermédiaire. Les petites télés portables sont en vogue jusque dans les cabines des voitures. Le succès commercial de ces gadgets s’explique par leur prix abordable (à Derb Ghallef, elles se vendent à partir de 400 DH), leur technologie portable et leur dimension miniature. Malheureusement, la tentation est grande pour les automobilistes de les placer sur leur tableau de bord, ce qui transforme ces télés en armes meurtrières pour les piétons. Des lecteurs de TelQuel se sont alarmés de la prolifération de ces gadgets et se sont indignés qu’une promotion commerciale vante expressément les vertus de ces gadgets aux
automobilistes. Renseignement pris auprès de la police, il s’agit d’une habitude condamnable sous le registre de "conduite dangereuse". Cependant, le responsable contacté affirme n’avoir eu vent du phénomène qu’à la suite de notre coup de fil.

 
 
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