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"Ne nous prenez pas pour des kambos !"
Comment peut-on expliquer le pillage de laide alimentaire qui est destinée justement à ceux qui se ruent sur les camions pour en retirer violemment une couverture, un pain ou des produits de première nécessité ? Comment peut-on expliquer que la confiance est à ce point entamée, que ces personnes sinistrées, et encore sous le choc du tremblement de terre, se pressent en donnant du coude pour arracher la couverture de celui qui était hier encore son voisin de palier ? Ces personnes que lhistoire récente a sacrifié sur lautel des préjugés "ethniques" et qui se sont dautant plus enfermées dans leur identité "berbère", pour arracher un moyen dexister. Des jeunes gens quon a privés déducation, les laissant senfoncer dans les méandres de la médiocrité, de génération en génération, abandonnés à leur errance, assis sur les grosses pierres au bord des routes à saluer les voitures immatriculées dun "labass âalikoum". Ce quils savent de leur pays, cest quil ne faut surtout pas faire confiance à ces "gaouris" (étrangers)
des villes, quil ny a dhonnêtes gens que ceux qui volent le moins, et quil faut vénérer le cousin de la ville car il possède un poste stratégique de petit fonctionnaire et que, sans lui, point de salut pour obtenir un papier administratif. Lair de la campagne (el âaroubia) et celui de la ville sont contaminés par la même pollution : la corruption. Et cette région maudite est bien au fait de cette gangrène. Ne vit-elle pas grâce au rodage infaillible dune corruption généralisée qui permet de distiller toutes sortes de trafics et de contrebandes, au sein desquelles la confiance est un mot fantôme ? Dans leur regard, on peut lire : "Ne nous prenez pas pour des kambos (naïfs), on sait à qui est destinée cette aide internationale, à vos proches des environs qui nont pas perdu de maison ou à un parent, aux employés de ceux qui dans la région ont le bras long, suffisamment long pour dérouter laide et tellement peu scrupuleux quils ne se gêneront pas pour la revendre au marché noir". Alors ils se servent, ces incrédules, ils nattendent pas quon leur donne les miettes. Ce nest pas à eux quon fera oublier que lenfer est pavé de bonnes intentions, et quil ne peut y avoir de solidarité nationale dans un pays où la pauvreté accule les êtres humains à des comportements de sauve-qui-peut. Ils ont grandi dans une région qui leur apprend dès leur plus jeune âge à sentir lhypocrisie des dirigeants du pays, à voir ces connétables makhzenisés et hauts placés se dorer le blason devant une Union européenne exigeante, signer la condamnation des trafics et autres contrebandes, devenus un "competitive advantage" qui fait vivre la frange la plus pauvre de la région ; et de la main gauche empocher le chèque des récoltes et enrichir ceux qui, parmi cette population, se seront révélés les moins scrupuleux.
Imane Halib
Nos irresponsables responsables
Nos responsables ont encore une fois brillé par leur anarchie et leur incompétence à gérer cette catastrophe, et tant dautres avant elle où les populations avaient été abandonnées à leur sort. À chaque crise ou catastrophe, cest SM le Roi qui doit intervenir personnellement pour distribuer les aides, veiller à ce quelles ne soient pas détournées, réconforter les sinistrés, donner des instructions. Que fait notre gouvernement ? SM le Roi doit tout faire lui-même, soccuper des investisseurs, recevoir les pauvres, inaugurer les orphelinats, lancer les projets socioéconomiques dans les différentes villes du royaume sans oublier de rattraper les erreurs commises par nos vaillants sécuritaires (journalistes emprisonnés, violation des droits de lhomme, procès douteux de centaines de soi-disant terroristes islamistes, etc.). Comment peut-il tout gérer en même temps ?
Reda Taoujni
Ces femmes en noir
Celles qui portent "une tombe en toile de tente" et celles qui sont "enfoulardées comme la âroubia" (comme la si bien dit Amale Samie dans son article, TelQuel n°114) nont rien à faire dans un pays comme le Maroc, qui se bat pour leur liberté, alors quelles simposent des règles étouffantes, et reviennent ainsi dau moins cinq siècles en arrière. Pourquoi ne partent-elles pas en Afghanistan, là où elles sont maltraitées et considérées comme de la vermine ? Je trouve que cest ce quelles méritent si elles veulent être ainsi Cest vraiment stupide de leur part de ne pas jouir de tous leurs droits et de ne pas se battre pour en obtenir davantage.