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N° 117
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1952 : naissance à Casablanca
    1993 : fonde Avenir Conseil, agence de pub
    1995 : président de l’association des publicitaires
    2004 : sortie de son premier livre Satire sur tout ce qui bouge

J’ai comme l’impression de vous avoir déjà vu, vous…
Oui, je suis déjà passé par votre interrogatoire et je ne m’attendais pas à une deuxième convocation.

Vous savez que Ali Lmrabet est le dernier à être passé deux fois ?
Lui, c’est un as de la récidive. Moi aussi d’ailleurs, je compte récidiver.

Pour ça, on verra plus tard. Smyet Bak ?

Mohamed ben Mohamed.

On ne va pas y passer la soirée. La suite ?
Ma mère s’appelle Fakhita Lahmidi et mon nimirou d’la carte est le B 34 853.

Vous sortez un livre. Ça parle de quoi ?
ça parle de tout et… certainement pas de rien. Dans ce livre, je parle de tout ce qui m’embêtait jusqu’à présent. Et il en reste encore, rassurez-vous. Je crois que c’est un bon fonds de commerce. Notre quotidien est fait de tellement de conneries… Ce livre est fait pour combattre la connerie humaine, à l’intérieur des frontières bien évidemment. Jusqu’à maintenant, je n’ai fait que des petits coups : des chroniques ou des billets. Je me sentais limité et court. Je voulais tenter le coup et voir si j’avais du souffle.

Je suis sérieux, grincheux, je n’ai pas d’humour et votre livre entre les mains. Qu’est-ce que je suis censé en faire ?
J’ai écrit ce livre pour rigoler un bon coup. Je l’ai écrit pour mes amis qui apprécient mon humour, qui combattent la connerie au quotidien, chacun avec ses armes. Ce bouquin, je l’ai fait pour emmerder tous ceux qui m’agaçaient.

De qui vous parlez ? Enfin, citez des noms !
Je suis capable de mépriser, pas de détester. Les citer, c’est leur faire un honneur qu’ils ne méritent pas. À travers ce livre, je revendique un droit de citoyen. Celui de dire des bêtises. Il y a plein de gens qui se moquent de nous, j’ai bien le droit d’en faire autant. Chacun de nous a ce droit. Ce livre, je l’ai d’abord fait pour moi. Pour emmerder ceux qui se foutent de notre gueule.

Monsieur demande aux gens de payer 80 DH pour son propre petit plaisir ?
Ce que j’écris c’est au 2e, 3e ou 50e degré. Je n’écris pas pour les cancres au fond de la classe, ou pour les intelligents crapuleux. Je crois qu’on assiste à tellement de bêtises que je reste convaincu qu’on peut rire de tout, même des drames. Mon slogan serait : je ne me fous de la gueule que de ceux qui se foutent de notre gueule.

Vous avez déjà essayé d’aligner une phrase de cinq mots avec moins de six "je" dedans ?
Les gens qui me connaissent savent très bien que je ne suis pas orgueilleux. Je crois même aimer les autres plus que moi-même. Le "je" est en fait un jeu. C’est de la provoc. Que ceux qui ne m’aiment pas ou que j’emmerde le disent. Maintenant je suis publicitaire, je suis du signe gémeaux, j’ai donc un ego démesuré, mais que je n’utilise pas pour écraser les gens ou servir mon ascension sociale.

J’ai l’impression que vous inventez un nouveau genre littéraire qu’on pourrait appeler de la littérature d’amis. Vous ne trouvez pas ?
Peut-être. En tous cas, ça a convaincu mon éditeur qui a pris le risque de m’éditer. La bonne nouvelle, c’est que ça se vend comme des petits pains. Je ne compte pas faire de l’argent avec. Ce n’est pas en faisant des livres qu’on devient riche dans ce pays. J’ai juste envie de m’égarer. Je ne suis pas tout à fait à l’aise dans ce que je fais.

Laissez tomber !
Je gagne ma vie honnêtement et éthiquement. Mes clients sont contents que leur agent écrive des livres. Tant mieux.

Ardisson, ça vous dit ?
C’est un rêve, j’aime bien ce bonhomme. J’adore le cynisme de Baffie.

Faisons un essai alors. Est-ce que pour passer chez Ardisson, vous seriez prêts à aller dans un club échangiste ?
Je compte lui envoyer une copie de mon bouquin, mais c’est par amitié. Maintenant, si ça marche et qu’il m’invite, ce serait très bien.

Dites-moi, il n'y a aucun de vos collègues dans la pub qui vous emmerde ?
Si, beaucoup.

Pourquoi vous n’en parlez pas dans le bouquin ?
Aujourd’hui, je ne peux pas le faire. J’ai toujours payé cher les conséquences de mes sorties.

C’est un bon projet de retraite ?
J’aimerais avoir les moyens de le faire avant ma retraite. Ou alors que mon business évolue tellement que je n’aurai plus envie de cracher dans la soupe (rires).

 
 
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