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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

À l’approche des élections présidentielles : Sale temps pour la presse algérienne

(Photo AFP)
Plus la peine aujourd’hui de chercher des mots savants pour faire le constat de ce qui se passe en Algérie : la presse indépendante locale est désormais dans le collimateur du clan Bouteflika. Rappelez-vous, il y a quelques jours, le 20 février précisément, plusieurs imams avaient ouvert les hostilités, en s’attaquant violemment du haut de leur perchoirs à la presse indépendante. Certains n’hésitant pas à nommer le quotidien turbulent Liberté, du célèbre dessinateur Dilem. En gros, les journalistes de ces médias ont été qualifiés d’apostats et d’ennemis de l’islam, les journaux ont été, quant à eux, accusés "de semer la discorde au sein de la communauté des
croyants".
Puis il y a cette décision prise par les autorités algériennes d’interdire aux journalistes locaux de correspondre pour le compte d’un organe de presse étranger. Un système d’accréditation unique, décidé par le département de la culture et de la communication, et qui vise selon plusieurs journalistes correspondants de médias étrangers cités par RSF, "à étouffer ce qui se passe en Algérie et ne pas en alerter l’opinion publique internationale" ou à "forcer ces médias à traiter avec des journalistes récupérés par l’équipe dirigeante".
Dernière affaire, la plus récente, concerne, elle, le quotidien Le matin, dirigé par le non moins turbulent Mohamed Benchicou, auteur du livre événement Bouteflika, une imposture algérienne. Le quotidien indépendant a été mis en demeure par l’administration fiscale de payer l’équivalent de 4 millions de dirhams avant le 6 mars 2004, sous peine de voir le journal condamné à la fermeture. "Dans un contexte pré électoral tendu, note RSF, cet ultimatum peut être interprété comme une volonté de faire taire Le matin".


Presse RNI : Attajamouâ, c’est fini

Ahmed Osman
Le Rassemblement national des indépendants se retrouve à nouveau sans presse. Après la disparition des titres "mythiques", Al Mithaq (en arabe) et Al Maghrib (en français), un nouveau titre avait vu le jour. Attajamouâ, édité exclusivement en arabe, a essayé de tenir le coup. Il a finalement cédé. Le 25 février dernier, le comité exécutif du parti avait annoncé l’arrêt de l’expérience du nouveau journal, pour cause de non rentabilité. Selon ce responsable du parti, "le journal vendait à peine une moyenne de 280 exemplaires par jour, Ahmed Osman supportait une grande partie des dépenses et des dissensions avaient vu le jour entre les différents
dirigeants du parti au sujet de la gestion du journal". Pour le moment, on ne sait rien quant à l’intention des RNIstes de reconduire une nouvelle expérience. Selon le même responsable du parti, "de nombreux militants aimeraient voir les budgets prévus pour la presse utilisés pour moderniser et renforcer les structures du parti".


Al Hoceima : Un journaliste de la Map malmené

Lundi dernier, notre confrère Mohamed Bakali, journaliste à la Map, a été insulté et diffamé en public au siège de la wilaya d’Al Hoceima. Bakali s’apprêtait à envoyer sa correspondance depuis le siège de la wilaya et avait sollicité à cet effet une ligne téléphonique, qu’il relierait pendant une dizaine de minutes à son ordinateur. Pour interlocuteur, notre confrère a eu affaire à M. Hamdaoui, chef de cabinet du wali de la région. Face à la requête, pourtant simple, du journaliste, ce dernier aura une réaction pour le moins surprenante. D’abord, il refusera d’accorder la ligne pour une durée de plus de deux minutes et s’enfermera après dans son bureau, claquant sa porte au nez de M. Bakali. À sa sortie, il s’emportera contre le journaliste et le couvrira d’insultes en public. Dans un communiqué, le SNPM a vivement condamné ces agissements.


Affaire AZF : Sarkozy a "recommandé" le silence

Le ministère de l'Intérieur français a demandé la discrétion aux journalistes dans l'affaire du groupe "AZF", dans une "note aux rédactions" diffusée de manière exceptionnelle mardi 2 mars, alors que de nombreux médias étaient déjà au courant. Selon l’AFP, "c'est la première fois que le ministère diffuse une note aux rédactions de la sorte". "AZF" est le nom qui s'est donné une mystérieuse organisation menaçant de faire sauter des installations ferroriaires si le gouvernement français ne lui versait pas 5 millions d'Euros.

 
 
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