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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Tollé anti-américain : Non au "Grand Moyen Orient" !

George W. Bush veut dicter leur
politique au pays du "Grand
Moyen Orient" ! (Photo AFP)
L'administration américaine a proposé à ses alliés européens, vendredi 27 févier, un vaste plan de remodelage d'un ensemble régional allant du Maghreb au Pakistan. Ce projet dit du "Grand Moyen-Orient" comporte trois volets : répandre la démocratie, instaurer le libre-échange dans ces pays et lutter contre le terrorisme. Seulement, pour les pays arabes, ce plan signifie conquête et soumission. L’Égypte a pris la tête d’une fronde des pays arabes contre l’initiative américaine en rejetant notamment "toute recette prête à l’emploi", selon une déclaration du président Moubarak. Le projet, énergiquement condamné par la presse arabe, commence néanmoins à avoir des partisans, qui demandent à l’étudier avant de le rejeter. Ainsi, les ministres des Affaires étrangères arabes ont décidé jeudi, à l’issue d’une
réunion au Caire, de s’en remettre au sommet de Tunis (les 29 et 30 mars) pour adopter une position commune sur le projet américain. "La question touche à la souveraineté nationale et à l’avenir de l’ensemble de la région, c’est pourquoi les ministres ont décidé de la renvoyer telle quelle aux chefs d’État", a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa. Deux projets de résolution avaient été déposés devant les ministres, en réponse à l’initiative américaine, un égyptien et un autre jordanien, qui se recoupent en partie. Ils soulignent que les réformes politiques, économiques et sociales souhaitées par Washington dans le monde arabe doivent "venir de l’intérieur" et que c’est aux États d’en déterminer le rythme. Les deux projets jordanien et égyptien insistent notamment sur la nécessité d’un règlement du conflit israélo-palestinien, un des points faibles de l’initiative américaine, selon plusieurs capitales arabes.
Et pour prendre des distances avec le plan américain, la France et l’Allemagne se sont mises d’accord sur un plan de développement pour le Moyen-Orient et ont proposé celui-ci à leurs partenaires européens. Et si cette contribution se veut complémentaire de l’initiative américaine, Français et Allemands soulignent que "toute initiative pour le Moyen-Orient doit répondre aux besoins et aux aspirations de la région".
Aussi, pour sonder les principaux partenaires de l’Égypte au sein de l’Union européenne, sur ce projet que doit présenter Washington à la réunion du G-8 (prévue en juin aux États-Unis), Hosni Moubarak a entamé, jeudi, une tournée en Italie, en France et en Grande-Bretagne.

 
 
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