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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

À un mois de son 5e congrès : Le PJD proclame Khatib président à vie

Abdelkrim Khatib règne sur le PJD
Le docteur Khatib peut respirer : tant qu’il est en vie, rien de bien grave ne pourra arriver au PJD. Pour la bonne raison que c’est lui, son président et le principal garant de sa bonne conduite, qui continuera de le guider jusqu’à la fin de ses jours. La nouvelle, relayée cette semaine par nos confrères d’ Assahifa, est avérée. Le comité préparatif au prochain congrès du PJD, prévu les 10 et 11 avril prochains, a décidé de modifier les statuts du parti en y incluant une motion spéciale : Abdelkrim Khatib présidera de facto toutes les réunions internes auxquelles il prendra part. "En clair, nous explique-t-on dans l’entourage du parti, cela signifie qu’aucune décision importante ne sera prise sans l’aval du docteur". Des dirigeants de premier
ordre, comme Saâd-Eddine El Othmani, numéro un virtuel du PJD, ont pesé de tout leur poids pour valider cette décision qui ne fait pas l’unanimité chez les militants de base, notamment les jeunes. "On n’est pas dupes, admet un membre de la chabiba du PJD, Khatib a été désigné par le pouvoir pour nous encadrer. Il est toujours en première ligne vis-à-vis du système. Il est un peu notre pare-choc, qui nous protège des mauvais coups venus de l’extérieur et nous assure une passerelle permanente avec les hommes du régime. Mais idéologiquement, il est loin de représenter les courants qui dominent au sein du parti, et puis c’est un homme vieux qui a déjà fait son temps…". Khatib, de fait, avait lui-même prévu, d’après ses proches, de quitter les structures du PJD au lendemain des législatives de septembre 2002. Un accord non écrit aurait été passé dans ce sens entre lui et les autres dirigeants du parti d’une part, et lui et les hommes du pouvoir d’autre part. Cet accord a été rompu au lendemain du 16 mai 2003. Tous les émissaires du pouvoir ont expliqué, patiemment, à leurs interlocuteurs du PJD que "la présence de Khatib à la tête du parti était plus que jamais nécessaire, pour tous les gages de sécurité que ce fidèle parmi les fidèles peut représenter". Khatib ne s’est pas fait prier pour reprendre du service, à 80 ans passés. Il a fait de l’ordre dans la maison, mettant Raïssouni hors d’état de nuire et rappelant le turbulent Ramid à l’ordre. Sa mission n’est visiblement pas terminée. Le fait même qu’il se voit confier cette surprenante "présidence à vie", soulevant le mécontentement d’une partie de la base, signifie quelque part que le PJD n’a pas totalement regagné la confiance des hommes du pouvoir.

 
 
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