Carnage à Madrid : Entre l'ETA et Al Qaïda
| L'Espagne est toujours sous le choc. Plus de 190 personnes sont mortes et plus de 1000 autres ont été blessées dans 4 attentats qui se sont produits dans des trains de banlieue bondés, jeudi 11 mars, entre 7 heures 35 et 7 heures 45, à Madrid. Selon la police, treize bombes en tout ont été utilisées, à base de dynamite, avec des systèmes de mise à feu à retardement. 3 ont explosé à la gare dAtocha, en plein centre de Madrid, 4 à proximité de cette gare, une dans la gare de Santa Eugenia et 2 dans celle du Pozo, a précisé le ministre espagnol de lIntérieur, Angel Acebes. Les artificiers de la police ont ensuite procédé à lexplosion contrôlée de trois autres |
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engins. 2 personnes qui ont été vues en train de monter et descendre plusieurs fois de trains à Alcala de Henares, à 35 kilomètres à lest de Madrid, sur la ligne ferroviaire où ont eu lieu les quatre attentats, étaient recherchées par la police immédiatement après les attentats.
La première réaction des autorités espagnoles aura été d'incriminer l'organisation terroriste basque ETA, dont la responsabilité ne faisait "aucun doute", a déclaré Angel Acebes, quelques heures après les attentats. Jamais, pourtant, une attaque des séparatistes basques n'avait atteint une telle ampleur. Lattentat le plus meurtrier commis par cette organisation avait fait 21 morts dans un supermarché de Barcelone, le 19 juin 1987. Arnaldo Otegi, dirigeant du parti radical basque Batasuna (interdit), a ainsi déclaré quil se "refusait à envisager" que les attentats de Madrid soient luvre de l'ETA. L'organisation avait toujours pris soin, par le passé, de prévenir les autorités peu de temps avant les attentats qu'elle menait. Cette fois-ci, le carnage a été exécuté sans aucun préavis. Dans la soirée de jeudi, un e-mail d'un groupe islamiste lié à Al Qaïda, revendiquant les attentats du matin, parvenait au quotidien londonien Al Qods Al Arabi. À quelques minutes d'intervalle, Angel Acebes informait les médias espagnols qu'une camionnette suspecte, volée quelques jours plus tôt près de Madrid, avait été retrouvée à proximité d'un des sites des attentats. Elle contenait sept charges explosives ainsi que des enregistrements du Coran. Suffisant pour jeter le trouble sur le début d'enquête, mais pas assez pour dévier de la piste ETA qui restait à jeudi soir, selon les autorités espagnoles, "prioritaire". Al Qaïda, en effet, n'a jamais revendiqué un attentat terroriste aussi rapidement, et aussi clairement que dans le courrier reçu par le quotidien arabophone londonien. Par ailleurs, la proximité des attentats avec les élections législatives (prévues 3 jours plus tard), et donc la déstabilisation de la classe politique ibérique, profiteraient beaucoup plus à l'ETA qu'à une organisation terroriste islamiste, qui n'a aucune raison de se soucier de politique intérieure espagnole. Enfin, dernier élément qui fait pencher la balance vers la piste ETA, l'interception, quelques jours avant l'attentat, d'une importante quantité d'explosifs en route vers Madrid, en provenance du pays basque.
Réuni en cellule de crise, le gouvernement espagnol a annoncé jeudi trois jours de deuil national. La parti populaire au pouvoir a indiqué qu'il mettait fin à sa campagne électorale. Le PSOE (socialiste) a fait de même, tout en appelant les Espagnols à voter en masse. Ce serait, a déclaré José Luis Zapatero, leader du PSOE, "la meilleure réponse à donner aux terroristes". À l'heure où nous mettons sous presse, le scrutin était toujours maintenu. |
Irak : La Constitution approuvée
| La Constitution provisoire irakienne a été signée, lundi dernier, par le Conseil intérimaire du gouvernement irakien. Ce document, qui a été difficilement négocié, est appelé à régir lIrak du 30 juin jusquà la tenue délections générales fin 2004 ou début 2005. Les vingt-cinq membres de lexécutif irakien qui ont approuvé auparavant le texte de cette Constitution lont ensuite signé. Cette Constitution provisoire "est un tournant dans lhistoire de lIrak et dans sa marche vers le retour de sa souveraineté et d'un gouvernement élu", a déclaré M. Bahr Al-Ouloum, le président en exercice du Conseil transitoire irakien. "Nous sommes en train de bâtir un nouvel Irak, cest un moment historique", a-t-il ajouté. |
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