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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Malgré les couacs du pont aérien : Ça plane entre Laâyoune et Tindouf

Imaginez un pont aérien entre
Laâyoune et Tindouf… (Photo AFP)
Annoncé en grandes pompes, l’établissement d’un pont aérien entre Laâyoune et Tindouf, sous les auspices de la Minurso et du Haut comissariat aux réfugiés, a démarré le 5 mars dans des conditions spéciales. Ce jour-là, 21 personnes ont quitté l’aéroport de Laâyoune à bord d’un avion qui les a transportés aux camps de Lahmada à Tindouf. Au retour, l’avion a ramené 19 personnes des camps vers Laâyoune. C’est là que deux mini-incidents ont eu lieu, selon des sources locales à Laâyoune. Devant les caméras de la télévision marocaine, un revenant des camps de Tindouf a déclaré, en réponse à une question du journaliste sur le "retour à la mère-patrie" : "Non, je
ne suis pas retourné à la mère-patrie, mon pays ce n’est pas le Maroc mais le Sahara". La séquence a été coupée au montage, mais l’incident a eu le don d’irriter les officiels marocains. Il y a de quoi : l’établissement du pont aérien a été fait sous la condition expresse qu’aucun revenant, de part et d’autre, ne se répande en déclarations hostiles à l’autre partie. Cet incident, heureusement, a été rattrapé au montage télé. Mais il n’a pas été le seul. À Laâyoune, on parle encore de deux témoignages dûment reproduits à la télévision, où le mot "istighlal" revient comme un leitmotiv. Istighlal signifie exploitation de ce côté-ci de la frontière. Mais de l’autre côté, pour des raisons de prononciation, le mot signifie plutôt istiqlal (indépendance). Ce qui, après coup, a rajouté une couche à l’irritation marocaine.
Accident ou provocation, ces deux anecdotes n’ont pas remis en cause la réalité du pont aérien, même si on dit déjà, à Rabat, que les vols suivants, prévus en fin de semaine, auraient été avancés à mercredi. Dans l’absolu, l’échange de visites entre les familles des deux bords devrait se poursuivre sur six mois. Il concerne un millier de familles, de part et d’autre de la frontière.


Autour du Dr Khatib : Un collectif pour Kettani

Pour la révision du procès Kettani
Hassan Kettani, présenté par la justice comme le guide spirituel de la "Salafiya jihadya", croupit actuellement en prison après avoir écopé, en septembre 2003, d’une peine de 20 ans. De tous les condamnés dans les procès qui ont suivi les attentats du 16 mai, il est celui dont le verdict a soulevé le plus d’interrogations. "Kettani n’est pas un criminel, on l’a lourdement condamné sur la base d’un dossier sans preuves ni arguments", n’avaient cessé de marteler ses défenseurs. Ce qui devait arriver, arriva. En début de semaine, le Dr Abdelkrim El Khatib, président du PJD et mentor de Kettani, a pris l’initiative, en compagnie d’un autre PJD Khalidi, du MNP Mahjoubi Aherdane et du PML Mohamed Ziane (par ailleurs avocat de Kettani), de constituer un collectif pour demander la révision du
procès de Hassan Kettani. D’autres sympathisants se sont joints à ce noyau de base, pour défendre la cause de Kettani. "Nous demanderons audience au ministre de la Justice, nous explique un membre du collectif, et nous rédigerons une lettre au roi. Nous ne demandons pas une grâce royale mais la révision d’un procès inéquitable". Pour mémoire, Hassan Kettani, 31 ans, a été arrêté dès mars 2003, deux mois avant les attentats qui ont ensanglanté Casablanca.


Un départ mystérieux : Les domaines royaux changent de patron

Des sources concordantes soutiennent, depuis le début de la semaine, que le patron des domaines royaux, K. Benharbit, a été brutalement relevé de ses fonctions au profit d’un mystérieux nouveau-venu. Si le départ supposé de Benharbit soulève tant de questions à Rabat, c’est à cause des liens de parenté qu’il entretient avec la famille royale. Dans le même temps, on apprend de source sûre que le régisseur du Palais royal à Agadir, un officier à la retraite, vient d’être révoqué. Il est actuellement interrogé sur des détournements de biens et d’argent qui se seraient produits à partir du même Palais. Y’aurait-il de l’assainissement dans la gestion des affaires royales dans l’air ?

 
 
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