Détournements à la jeunesse : La villa fantôme à la CSJ
|
Mohamed El Gahs
joue la transparence
|
| Un des fonctionnaires du très pauvre secrétariat dÉtat chargé de la Jeunesse aurait détourné 823.900 DH. Cest en tout cas ce quavance le département dirigé par Mohamed El Gahs, qui vient de saisir la Cour spéciale de justice et exige la restitution de la somme. En fait, en ce qui concerne son montant, laffaire est insignifiante par rapport aux dossiers traditionnellement présentés à la Cour spéciale de justice. Mais les faits sont intéressants à relater. Laffaire remonte à lannée dernière. En prenant ses quartiers, le ministre découvre parmi le patrimoine de son département une villa à lorigine obscure. Les Finances nont jamais débloqué de fonds la concernant et la Jeunesse na |
|
| jamais exprimé le besoin de la construire. En revanche, elle est occupée par Abdelkader Tatou, un des ex-conseillers au cabinet de lancien ministre, actuellement au cabinet de Mustapha Oukacha, le président de la deuxième chambre du Parlement. Une enquête est demandée à lInspection générale des finances (IGF), qui rend son rapport le 9 avril 2003. LIGF conclut à un cas de détournement de fonds publics. La villa a été construite sur un terrain du ministère. Elle a été financée dans sa totalité par des dotations dentretien réservées initialement à la réfection des locaux du ministère, de sa délégation de Rabat et à la restauration du centre daccueil Bouhlal. Sitôt construit, le local aurait fait lobjet dun contrat de bail au profit de Tatou, pour la somme symbolique de 3350 DH/an. Mieux, le 16 juin 2003, ce fonctionnaire désirait le racheter mais le ministère des Finances a dû intervenir pour bloquer la procédure dachat. Cest là quon a découvert que lédifice na jamais été autorisé par les responsables de lurbanisme et ne figure nulle part dans les registres de la conservation foncière. Magistral. |
Affaire erramach : Plainte en diffamation contre Bouzoubaâ
|
Le ministre de la Justice
poursuivi ! (Photo AFP)
|
| C'est un tournant pour le moins surprenant quest en train de prendre laffaire Erramach & Co. Mercredi dernier, dans une audience consacrée à laffaire, la Cour spéciale de justice a octroyé la liberté provisoire à quatre des prévenus. Il sagit dun lot comprenant trois officiers de police et un officier de larmée, Younès Bennani, le neveu du général éponyme en charge de la région du Sud. Cela porte à 15 le nombre de personnes poursuivies en état de liberté provisoire sur un total de 32. La largesse de la cour en faveur des policiers poursuivis a été suivie dune autre : le rejet du rapport de linspection générale du ministère de la Justice. Ces rapports, basés sur des interrogatoires opérés à lintérieur de la prison de Salé, ont été jugés illégaux. Motif, le ministère de la Justice navait pas le droit de visiter les prévenus en labsence dune autorisation de la
Justice. Bref, la cour a rejeté les dires des accusés, mais elle a maintenu les pièces saisies, telles que les factures |
|
| téléphoniques et les relevés bancaires. Parallèlement, une plainte en diffamation a été déposée contre le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ. Un avocat, Abdelatif Ouehbi, se plaint des déclarations de Bouzoubaâ parues dans une interview donnée, le 10 décembre 2003, au quotidien Aujourdhui le Maroc. Le ministre l'avait accusé de souiller la profession en faisant circuler une pétition pour sattirer les faveurs des magistrats dans dautres dossiers quil défend. Me Ouehbi vient dadresser une requête au procureur général du roi près la Cour suprême pour poursuivre le ministre. Pour la petite histoire, magistrats et ministres bénéficient dun privilège de juridiction qui signifie quils ne peuvent être poursuivis que devant la Cour suprême. "Les juges que je défends dans le dossier Erramach nen ont pas bénéficié, mais ce nest pas une raison den priver le ministre", commente ironiquement lavocat. |
Invasion : Le criquet attaque le grenier
| En décembre dernier, une alerte de la FAO, lorganisation des Nations unies pour lagriculture mettait en garde les pays du nord de lAfrique contre une éventuelle invasion de criquets pèlerins, du fait de la prolifération des essaims. Il faut croire que cette fausse alerte a endormi nos responsables. Au manque de vigilance, il faut rajouter une lenteur de lintervention. Dès la deuxième semaine de février, la menace a été définie. Le 20 février, des groupes de criquets sévissaient dans la plaine des Doukkala, le grenier du Maroc. Le 4 mars, le dispositif de lutte était opérationnel. Aujourdhui encore, on na pas fini de compter les dégâts. |
|