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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Où est le deuil du Maroc ?

Pour 200 morts, l’Espagne a aussitôt décrété trois jours de deuil. En revanche, nos responsables n’ont pas jugé utile de faire de même pour plus de 600 morts parmi nos compatriotes d’Al Hoceima, alors qu’on nous a plongés dans un deuil de 40 jours, en juillet et août 1999, pour la mort naturelle d’un seul homme (on avait même peur de se raconter des blagues). Ikh oukhlas ! (Beurk et puis c'est tout)

Younes Jlok

Bémol sur les médias

Dans votre numéro intitulé "Chronique d'une catastrophe" (TelQuel n°116), votre analyse de la situation à Al Hoceima était complètement

pertinente, hormis un bémol. En effet, vous vous êtes permis de constater le manque de suivi médiatique de nos chaînes nationales à l’égard du désastre. Je regrette mais ce ne fut aucunement le cas. Les deux chaînes nationales ont enchaîné les éditions spéciales. Si j’apprécie particulièrement votre regard critique sur les événements nationaux, il faut toutefois reconnaître aussi les bonne choses. Ceci d’autant plus que cet événement a, certes, été médiatisé sur les chaînes internationales, mais pour un laps de temps très court…

Nadia Chemao

Sortons du silence

Je tiens spécialement à vous remercier pour votre article sur l’islam pratiqué dans certaines régions de France (TelQuel n°116) et je vous invite à faire le tour d’autres pays comme la Belgique, la Grande-Bretagne, etc. Il faut dénoncer les pratiques et mentalités moyenâgeuses que l’on retrouve à certains endroits. Plus que ça, il faut que tout le monde sache que certaines cités abritent des vrais fous, des intégristes. Il suffit de lire le site, qui se dit site officiel, des musulmans francophones et toute la haine propagée dans leur forum pour s’en rendre compte. En France, on s'attend à ce que le "ménage" se fasse de l’intérieur, c’est-à-dire que c'est à nous, musulmans, de dire haut et fort que nous ne sommes pas d’accord avec eux. Car, l’amalgame qui peut exister dans la tête des Européens, Américains et autres, c’est avant tout nous qui le cultivons, par notre silence.

Nawal (France)

Qui sont les vraies victimes ?

Défendre le droit à la dignité humaine est très louable. Le témoignage de Monsieur Hakimi Belkacem (TelQuel n°116), qui a passé 18 ans et demi de sa vie à la prison de Kénitra, est poignant et édifiant quant aux conditions de détention de ces hommes du quartier B des condamnés à mort qui restent, malgré tout, des êtres humains. Pourtant, je suis profondément choquée par certains propos tenus par Mr Belkacem. Ces criminels seraient en fait des victimes, les rôles sont inversés et nous serions presque tentés de croire que l’on cherche à culpabiliser les vraies victimes, celles pour qui la vie a basculé un jour, par hasard, sans qu’elles n’aient rien demandé ni rien mérité. Celles qui sont condamnées à vivre leur histoire et qui en ont pris elle aussi " à perpétuité " ! J’ai seulement envie de dire : respectons les souffrances des hommes, oui, mais de tous les hommes. Des prisonniers, mais aussi des victimes dont on ne parle plus jamais.

M.O et N.L, fille et épouse d’un homme assasiné



La vraie démocratie

Àceux et celles qui pensent comme Samah (cf. Courrier TelQuel n°117). Je pense qu’habiter dans un pays "démocratique" donne le droit aux citoyennes de s’habiller en mini jupe, tout comme en "tombe en toile de tente" ou en "âroubia". Je signale que ces âroubias ne sont pas aussi bien habillées que Nicole Kidman, mais que leurs sacrifices sont tellement grands qu’elles méritent au moins un peu de respect de la part des gens supposés être "démocrates et ouverts" avec leur éducation "moderne" et leurs diplômes. "S’imposer des règles étouffantes", comme Samah a écrit, n’est pas vu de la même manière du côté de ces femmes et je pense que ces dernières sont assez mûres pour choisir ce qui leur chante. Tout comme vous et moi. Il faudra prendre en considération leur volonté de se mettre une "tombe en toile de tente" et de se "looker" à la "âroubia" tant que ça ne nuit ni à la société, ni à elles-mêmes. J’ai moi aussi 15 ans, je suis non voilée, lookée "à l’européenne", je vais au lycée… Je suis une citoyenne qui veut la vraie liberté du Maroc, c’est-à-dire trouver mon pays dans une génération parmi le G7 - pourquoi pas ? - côte à côte avec les USA et le Japon. Et ce n’est pas en proposant à toute compatriote qui ne partage pas mes idées d’aller en Afghanistan ou ailleurs que j’aiderai ma patrie à aller de l’avant. Pourquoi ne pas essayer de comprendre ces "âroubias" en leur parlant - allons, quelques efforts ! – et en échangeant les opinions avec fraternité ? C’est ça la vraie démocratie, le vrai combat pour la liberté. Souvenez-vous ma chère, qu’elles sont aussi des citoyennes marocaines et que c’est la différence des gens qui fait la richesse de ce bas monde !

Fatima Zohra Charqi



Islam : les chantiers à venir

Àchaque acte de violence qualifié de criminel ou de terroriste, les musulmans portent leur main sur leur cœur, de peur d’être immédiatement qualifiés de responsables. Ils demeurent partagés entre, d’une part, la condamnation ferme des groupes extrémistes que l’on appelle communément islamistes et, d’autre part, la demande, avant toute réaction, de preuves d’implication réelle de ces groupes. Ce n’est pas tant d’un appel redondant à une islamisation des
méthodologies dont les musulmans ont besoin, comme cela a été proclamé en mars 2004, à Jeddah, en Arabie saoudite, lors du dernier Conseil de la jurisprudence, institution de la Conférence islamique mondiale, qui regroupe les pays musulmans de l’OCI (Organisation de la conférence islamique). Ce dont ils ont davantage besoin, c’est d’une meilleure connaissance du monde et de ses valeurs. Ce qui leur est nécessaire, c’est de relativiser leurs certitudes, de libérer leurs esprits, mais aussi d’améliorer leur quotidien sur le plan économique et politique. Aujourd’hui, le monde est régi par des conventions, des traités, des lois et des règles. Il faudra les respecter et les appliquer avec impartialité, partout. La majorité des musulmans à travers le monde ont une conception de l’islam autre que celle qui est véhiculée par les groupes radicaux ou politisés. Il faudra combattre le crime d’où qu’il vienne et faire attention à ne pas jeter l’anathème sur des populations qui travaillent dur pour vivre un quotidien digne.
Si on persiste à procéder à des stigmatisations faciles, celles-ci ne feront que le jeu des extrémistes, de quelque bord qu’ils soient, et attiseront les haines. Le monde est appelé à faire disparaître les inégalités et les humiliations. Dans le même temps, la pensée musulmane est appelée à redéfinir son terrain d’action ainsi que ses modes de production et de transmission. Un chantier qui nécessite du courage, du temps et de la persévérance. C’est le défi majeur que nous lance le présent, si nous voulons vraiment vivre en paix, ensemble, dans le monde d’aujourd’hui et de demain.

Hakim El Ghissassi

Précisions autour du chiisme

Dans l’article sur le chiisme (TelQuel n° 117), il a été précisé dans les points de divergences entre sunnites et chiites que, pour les chiites, la Oumma musulmane connaîtra le retour de l’un de ses imams, le douzième dans la lignée. Permettez-moi de vous préciser les éléments suivants : le modèle d’occultation et de retour du Mahdi constitue l’une des caractéristiques principales du chiisme. Mais cet imam n’est pas le douzième pour toutes les branches de chiisme. En effet, les kaysanistes (de Kaysân) ne reconnaissent que 4 imams. Le quatrième imam occulté et attendu est Mohammed Ibn Hanafia, fils que Ali a eu avec une autre épouse que Fatima. D’autres en reconnaissent 7 (chiisme septimain) et le chiisme duodécimien reconnaît 12 imams, dont l’occulté est effectivement Mohamed Ibn Al-Hassan Al-Askari mais qui disparaît à l’âge de 5 ans et non durant son adolescence.

Ahmed Benaddou

 
 
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