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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Terrorisme : 29 badauds et un cadavre fantôme

Allal Lemssyeh, tué lors de l'assaut contre sa maison (arbre), dans
laquelle il cachait Mohcine Bouârfa
Le 26 janvier au douar Laghouazi, près de Fès, prenait fin la cavale de Mohcine Bouârfa, un des terroristes les plus recherchés au Maroc. Dans son sillage, 29 personnes étaient emprisonnées, tous des habitants de Lahghouazi et du douar voisin de Oulad Boussaleh. Ils sont aujourd'hui incarcérés à la prison civile de Zaki, à Salé, en attente d'être jugés pour "constitution de bande terroriste, préparation d'actes terroristes et non dénonciation". Nous l'avions relevé à l'époque, sur ces 29 personnes, 20 appartiennent à 5 familles (Laâfou, Lemssyeh, Hmaïssi, Riyab et Mandour), et à une tribu, les Chejaâ. Le Maroc aurait-il découvert le terrorisme en famille ?
Après enquête, il s'est avéré qu'ils avaient été raflés simplement… parce qu'ils étaient sortis de chez eux pour voir ce qui se passait ! La capture de Bouârfa avait, en effet, mobilisé une centaine de gendarmes et de nombreux coups de feu avaient été tirés, tuant l'hôte de Bouârfa, Allal Lemssyeh. À l'heure où nous mettons sous presse, le cadavre de ce dernier n'a toujours pas été rendu à sa famille. D'après la gendarmerie de Fès, il serait resté à la morgue pendant 2 mois, personne ne l'ayant réclamé. Faux : son frère l'a fait dans les premiers jours après sa mort, et on lui a répondu qu'on "n'avait pas ce nom là". La justice avait, semble-t-il, besoin du corps pour l'autopsie. Cette fois, on dit qu'il est à la disposition des siens, pour être inhumé. Nous y reviendrons la semaine prochaine.


Syndicats : Abderrazak évincé de l'UMT

Mohamed Abderazak (à g.)
et Mahjoub Benseddik
Mohamed Abderrazak, le dirigeant UMT plus que septuagénaire, quitte la centrale. Malgré 50 ans de fidélité au syndicat, il ne part pas pour cause de retraite, mais a bel et bien "été démissionné" prononcée par le conseil national du syndicat. "Il est vieux et malade, à tel point qu’il ne participe plus aux travaux du conseil national depuis dix ans", justifie un des dirigeants UMT. Normal ? Oui, un article dans les statuts permet au conseil d’évincer un de ses membres pour "absentéisme". Moins normaux, en revanche, sont les dessous de cette exclusion. La demande a été introduite sur instruction de Mahjoub Benseddik lui-même, le secrétaire général de l’UMT,
compagnon de route de Abderrazak. "Une fois saisi, Benseddik a donné son feu vert", confie la même source. Dans les coulisses, l’affaire est commentée de différentes manières. On susurre que le conseil national de l’UMT s’est débarrassé de son dirigeant à cause de ses déboires avec la commission d’enquête parlementaire sur la CNSS. Abderrazak était membre du conseil d’administration de la caisse, où il présidait le groupe des travailleurs. Enfin, se résigne-t-on dans les couloirs du syndicat : "À son âge, toutes les raisons de départ se valent".


Affaire Slimani-laâfoura : Basri Jr dans le collimateur

Où est Hicham Basri, le fils de l’ex-ministre de l’Intérieur ? Dans les cercles du pouvoir, le nombre de ceux qui se posent cette question s’agrandit de jour en jour. Le nom de Hicham Basri a été évoqué dans l’affaire Laâfoura-Slimani, actuellement en instruction au niveau de la Cour spéciale de justice. Il serait lié au duo honni dans des histoires de fausses facturations. Pour Al Ahdate Al Maghribia du mardi 16 mars, le lien entre le fils de l’ex-homme fort de Hassan II et les arnaques du duo Laâfoura-Slimani semble si évident que son incarcération ne serait qu’une question de jours. Officiellement à la Cour spéciale de justice, H. Basri ne fait pas l’objet d’un mandat d’arrêt. Mais on ne manque pas d’indiquer que pareille décision est du ressort du ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, "qui a été saisi d’une demande dans ce sens". Selon une source au ministère de la Justice, Hicham Basri est introuvable aussi bien au Maroc, où il continue d’avoir des intérêts, qu'à Paris, où toute sa famille réside. Sur le principe, le sort de H. Basri serait scellé. Le juge d’instruction en charge du dossier à la Cour spéciale de justice a demandé à l’entendre. Il n’attend que le feu vert du ministre de la Justice qui, à son tour, n’attend que de le localiser pour déclencher la procédure.

 
 
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