Être homo au Maroc
Cheikh Yassin : Après lui, le chaos ? Les conséquences d'un meurtre
Droits de l'homme : Sur les traces de Manouzi
Attentats de Madrid : Sur la piste des présumés coupables
Hommage : Ainsi était Fama...
Patrimoine : Adieu Forain
Société : Une tombe, ça se monnaie
Manar l'Anar
Économie
Problématique économique
N° 120
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Bonne nouvelle
Tourisme : Kounouz au pluriel


Dans l’hôtellerie, la chute des prix est symptomatique de la crise, mais celle-ci a l’avantage de profiter aux touristes nationaux. À quelques jours du démarrage de la campagne 2004 de l’opération Kounouz Biladi, les hôteliers de Marrakech ont pris les devants sur l’offre de leur ministère de tutelle. Kounouz Marrakech propose aux touristes locaux une réduction de 50% sur les tarifs grand public dans les hôtels de la ville ocre. Mais plutôt que d’empiéter sur Kounouz Biladi, l’offre de Marrakech se veut complémentaire. Elle permettra de faire profiter les touristes nationaux de la réduction des coûts d’hébergement en attendant le déclenchement de Kounouz Biladi le 14 avril 2004. Cette année, la promotion ministérielle inclut en plus des 50% de remise sur l’hébergement, la même réduction sur le transport (RAM, Régional Airlines, CTM, ONCF…). Kounouz Marrakech se limite aux hôteliers mais présente l’avantage d’être étalée sur 12 mois. En raison du succès des deux campagnes précédentes de Kounouz Biladi, les professionnels de Marrakech s’attendent à une grande affluence. Si c’est le cas, cela consacrera l’idée que le tourisme est essentiellement une question de prix.



Mauvaise nouvelle
Charbon : La Chine bouscule l’ONE


L'ouverture de la Chine au marché mondial ne se fait pas sans dégâts et le Maroc le découvre à ses dépends. Après le blé, le soja, l’acier, c’est au tour du charbon de s’embraser. Le prix de la tonne est passé du simple au double en l’espace d’un an. Vendue à 37 dollars en février 2002, elle se négocie actuellement à 73 dollars. Les grandes commandes de la Chine ont perturbé le marché du charbon qui connaît, même en temps de paix, une suprématie de la demande sur l’offre. À cela, il faut rajouter le coût du transport, les armateurs étant obligés d’investir dans leur flotte pour acheminer le charbon vers le dragon d’Asie. Que se passera-t-il au Maroc ? L’ONE, le distributeur public d’électricité, perd au change. Son management promet de supporter la différence de prix entre les cours à l’international et les tarifs locaux. Ceci via un système de compensation qui préserve les consommateurs. L’ONE se trouve d’autant plus pénalisée qu’il vient de consentir une baisse de sa facture aux professionnels de plus de 200 millions de dirhams. Mais ce n’est que justice rendue, étant donné que le Maroc compte parmi les pays où le coût de l’énergie est un handicap aux affaires.



CNSS : Le "salaire social" révisé

La CNSS prépare une mini révolution dans la fixation de l’assiette sociale. Une nouvelle circulaire attend la validation du conseil d’administration de la Caisse pour consacrer la notion de "salaire social". Cette notion a été toujours au centre d’une polémique entre le patronat et la CNSS, la caisse cherchant à maximiser la base de calcul alors que les entreprises tendent à la minimiser en jouant sur les compléments de salaire, primes ou autres de sorte à alléger la pression de la fiscalité. Dans sa nouvelle doctrine, la CNSS ratisse large en intégrant, par exemple, les pourboires du personnel de service comme un revenu. La démarche n’est pas sans poser des problèmes, aussi un terrain d’entente aurait-il été trouvé avec les hôteliers, de façon à exclure les activités non génératrices de pourboires du calcul.


Dallah Al Baraka : Une audience décisive

Dallah Al Baraka, le groupe saoudien, a tout l’air de racler le fond. Dépossédé de la station balnéaire Taghazout, en liquidation judiciaire pour son autre projet à Agadir, l’hôtel Palais des Roses International, Dallah Al Baraka fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires. Le 1er avril prochain, le Dr Lakhouaja comparaîtra devant la justice commerciale d’Agadir pour cessation de paiement. En effet, un comité de fournisseurs réclame à Dallah Al Baraka des créances de l’ordre de 76 millions de dirhams. Ceci sans compter les banques dont la créance se chiffre à hauteur de 270 millions de dirhams. Côté associés, il semble que le Dr Lakhouaja soit fâché avec le Sheikh Saleh Kamel. Le premier n’a pas hésité à faire plonger le second, en déclarant qu’il assume au moins à moitié l’échec du groupe au Maroc.


Échanges internationaux : La paperasse coûte cher

La dématérialisation des échanges internationaux est plus qu’une nécessité. Non ce n’est pas un vœu pieu de la Banque mondiale, mais bien le résultat d’une étude extrêmement sérieuse réalisée par l’établissement financier. Que montre l’étude ? Que le papier qui sert de support aux transactions internationales (lettre de change, contrat, connaissement) représente, en termes de coût, plus de 7% de la valeur globale du négoce dans le monde. L’enjeu financier, estime la Banque mondiale, équivaudrait à près de 420 milliards de dollars. L’étude a concerné toutes les opérations du commerce international, mais elle ne s’est pas arrêtée là. La facture écologique de l’usage du papier dans les échanges est "nettement supérieure". Chaque année, une surface boisée équivalente au territoire de la Belgique disparaît du globe.


E-governement : "Idarati" en chantier

Que de déception pour le e-governement. Entre le vœu post nomination de Driss Jettou et la réalité du terrain, le décalage est frustrant. Après son projet de réduction de la paperasse administrative (formulaires), le ministère de la Modernisation du secteur public s’attaque à l’informatisation des procédures. Idarati, la dénomination du projet, vise à doter les administrations de réseaux locaux et leur interconnexion via des centres intelligents. Le coût du projet est estimé à 62 millions de dirhams et sa réalisation devrait s’étaler sur 7 ans. Première cible d’Idarati, la mise en place d’une banque de données sur le personnel de l’État. Après, ce sera au tour de l’informatisation de la production législative. Bref, le projet est ambitieux et ne pêche que par son échéance, 2011, soit un an de plus que l’an sacré 2010.


Eau : La pénurie menace

Ce n’est plus une question de saison, l’eau est une ressource rare au Maroc. Le 22 mars, Journée onusienne de l’eau, est l’occasion de faire le point sur l’état de la ressource au Maroc. Ses 30 millions d’habitants reçoivent à peine 950 m3 par an et par personne, ce qui les place selon les critères onusiens en situation de stress hydrique. En 2025, la situation du royaume devrait s’aggraver. Son classement devrait empirer pour figurer parmi les pays frappés par la pénurie absolue, en ne disposant plus que de 500m3 per capita. Actuellement, les réserves sont évaluées à quelques 20 milliards de m3. Elles devraient descendre à 14 milliards de m3 dès 2010 dont 90% seraient monopolisés par l’agriculture irriguée. L’eau potable, elle, ne recevrait que le reliquat, alors que les besoins des ménages croîtraient de 20%, du fait de la démographie galopante. Alarmant.


 
Selma
Benjelloun Assari


Dans le secteur de la cosmétique, et à moins de figurer dans le panthéon du haut de gamme, il est rare qu'on suscite de l’intérêt. Oriflame peut se targuer d’avoir, au moins, pu surclasser les préjugés. Au Maroc, Selma Benjelloun Assari, directrice marketing d'Oriflame, connaît bien son produit pour l’avoir accompagné dès le début. Cette diplômée de HEM a d’abord été "séduite par le produit", avant de séduire son management. Après un bref
passage dans le secteur bancaire, cette parfaite anglophone a rejoint le géant suédois en février 1999. Depuis, elle trône à la tête des 25.000 conseillères Oriflame, la force de vente est originale puisque composée de ménagères qui font la particularité de la marque suédoise. En 2004, la branche marocaine a réalisé quelques 80 millions de dirhams de chiffres d’affaires. Près de 30% de ce chiffre sont retenus à la base par les conseillères, tandis que les plus performantes décrochent des compléments de revenus grâce à des ristournes. Assari connaît bien le sujet pour avoir été conseillère Oriflame. Et elle le connaît d’autant mieux, puisqu’elle a été sa propre cliente.


Dernière nouvelle
Agro-industrie : Les terroirs protégés


L'huile d’argane marocaine pourrait susciter autant d’intérêt que le roquefort. En tout cas, si elle était aussi bien protégée. Philippe Mauguin, le directeur de la l’Institut français des appellations d’origine (INACO) est catégorique. La "labellisation" des terroirs profite aux producteurs avec un gain en valeur de l’ordre de 30%, et aux consommateurs avec une certitude concernant les origines du produit.

 
 
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