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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1955 : naissance à Sidi Bennour
    1980 : lauréat en journalisme, intègre la TVM
    1989 : correspondant de Reuters en Afrique du Nord
    2002 : correspondant itinérant et chef du bureau d’Abu Dhabi en Afrique du Nord
    2004 : directeur de l’information à la TVM

Smyet Bak ?
Mohamed Benelmeki

Smyet mok ?
Zineb Bent Mohamed.

Nimirou d’la carte ?
Ça commence par D, mais je me rappelle pas du reste.

Vous avez raison. Vous venez d’être nommé directeur de l’information à la TVM après une carrière de 25 ans dans le journalisme. Vous percevez cela comme une promotion ?
Comme une lourde tâche plutôt. Une responsabilité. C’est aller au charbon ardent. Je conçois donc cela comme un challenge. En fait, j’avais trois choix. Soit rester à Abu Dhabi, c’était plus simple, malgré la restructuration financière que connaît la chaîne. Je pouvais également renégocier mon retour à l’agence Reuters ou aller en enfer.

Vous voulez sans doute dire à la TVM ?
Oui. Ce que me disaient mes amis me donnait l’impression que j’allais en guerre. Mais, en fait, j’ai fait ce choix pour contribuer au changement de l’image de cette boîte qui, quoi qu’on en dise, dispose de capacités et de moyens certains. Je crois que le temps est venu pour qu’on s’occupe de cette chaîne. Un cadre juridique est aujourd’hui en cours de finalisation. Il procurera aux décideurs de la chaîne une plus grande marge de manœuvre. Je suis un ancien de la boîte. Durant toutes ces années, j’ai acquis une certaine expérience dans le secteur privé et dans la presse anglo-saxonne, et c’est avec ce butin de guerre que je reviens aujourd’hui à la chaîne. C’est quand même l’image du pays à l’étranger, l’une des plus vieilles télévisions du Maghreb et d’Afrique. Je sais que ce sera difficile, mais il faut commencer par fédérer et par motiver la rédaction.

Vous croyez qu’une division de l’information avec 160 salariés est aussi simple à gérer ?
Évidemment non, mais c’est le cas de toutes les boîtes publiques. Le nouveau cadre juridique dira comment revoir le statut des anciens ou comment l’alléger. Mais pour le moment, je ne sais pas. J’ai une fiche de route pour restructurer la rédaction. Des sujets courts, des couvertures de proximité, comme dans toutes les télés du monde. On veut devenir une véritable source d’informations. Il faut valoriser l’information gouvernementale. Traiter les sujets de manière intelligente et consommable.

Votre nom circule depuis maintenant plusieurs mois. Pourquoi est-ce que votre nomination a pris autant de temps ?
Il fallait avoir une visibilité. Je n’ai jamais été pressé d’avoir un poste de responsabilité. J’avais besoin de savoir si j’avais la force et le courage d’introduire des réformes. J’avais besoin de me préparer psychologiquement pour affronter le changement.

Vous dites avoir perçu "une réelle volonté de changement". Vous avez eu des garanties ?
L’essentiel, c’est le cadre juridique, qui permettra à tout le monde de faire évoluer la TVM. Et puis, la TVM a-t-elle le choix ? Bientôt, une demi-douzaine de chaînes de télévision vont se créer et vont lui bouffer des parts de marché. Nous sommes donc obligés d’évoluer. À la TVM, il y a une volonté, un savoir-faire, une histoire. Maintenant, il faut créer un espoir, être transparent et jeune d’esprit pour faire évoluer les choses.

Vous serez prêt à claquer la porte si ça bloque ?
Si, un de ces quatre matins, je me réveille et que je ne me reconnais pas dans la glace. Mais je ne pense pas qu’on arrivera à un blocage. La TVM ne peut pas descendre plus bas. Elle a touché le fond. On ne peut que décoller.

C’est donc une si mauvaise télé aujourd’hui ?
Malgré tous les efforts déployés, la TVM pâtit encore de la touche de l’équipe Basri. La TVM est devenue une moqataâ, jusqu’aux couleurs des couloirs.

Jusqu’aux têtes aussi, peut-être ?
Je crois qu’il faut donner sa chance à tout le monde. Mais, si les résistances demeurent, il y aura inévitablement de la casse. Le travail est la seule valeur qui va prévaloir à la TVM. Que du sérieux et du mérite et que le meilleur gagne.

…ou reste ?
Ou reste (rires).

Votre prédécesseur est resté 17 ans à la tête de l’information. Combien de temps comptez-vous passer au même poste ?
Je crois qu’après cinq ans, il faut passer à autre chose.

 
 
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