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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Auditions post-11 septembre aux USA : Bush face aux siens

Richard Clarke prêtant serment
lors des auditions (Photo AFP)
11septembre 2001. Al Qaïda perpètre les attentats les plus meurtiers que les États-Unis aient connus. C’est aujourd’hui avec retard que les Américains réclament la vérité sur une politique de guerre qui ne les a menés à rien si ce n’est à une terreur permanente. L’Espagne, elle, est frappée pour la première fois le 11 mars 2004 par ce "maudit" terrorisme international et il ne lui a pas fallu deux jours pour se réveiller, le peuple sanctionnant en masse un homme et une politique, ses mensonges et l'hérésie de dirigeants qui n’ont d’autre loi que celle des élections. Cette semaine, George W. Bush est lui aussi en campagne et son administration devant les responsables de la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre, chargée de détecter les failles d’une
administration qui, depuis Clinton, n’a pu prévoir ce que l’on appelle désormais le "9/11", alors que ses services secrets - soi-disant les plus performants de la planète - étaient mobilisés en permanence sur la piste d’Oussama Ben Laden. Alors comment croire à la négligence ? Tout simplement par la bouche de certains directeurs de services qui fustigent eux-mêmes un laisser-aller acquis en haut lieu. Plus de 1000 témoins entendus depuis 16 mois et quelques 2 millions de pages de rapport épluchées, la tache est lourde mais les résultats probants. Richard Clarke, ancien patron de la lutte antiterroriste à la Maison blanche sous Reagan, Bush I, Clinton et Bush II, vient de publier un livre (Against all ennemis), où il révèle les coulisses d’une imposture à peine voilée. Extraits d’une interview de ce dernier donnée à CBS après le 11 septembre : "En janvier 2001, j’ai remis un rapport à Condoleeza Rice dans lequel je précisais qu’il était urgent - j’ai surligné urgent - que le cabinet se réunisse pour traiter d’une attaque imminente d’Al Qaïda et cette note urgente ne fut pas prise en compte. Je répétais que nous avions une organisation terroriste à nos trousses ! Al Qaïda. Cela aurait dû être l’un des premiers objectifs sur leur agenda. Mais cela fut repoussé pendant des mois et des mois. J’ai finalement organisé une réunion en avril 2001, mais pas avec le président, avec Paul Wolfowitz. J’ai commencé par lui dire : ‘Nous devons traiter avec Ben Laden et Al Qaïda’, Wolfowitz, alors secrétaire de la Défense, répondit : ‘Nous n’avons rien à discuter avec Al Qaïda. Pourquoi parler à ce petit homme ? Nous avons simplement besoin de parler du terrorisme irakien contre les États-Unis’ (…) Je lui ai alors répondu : ‘Paul, il n’y a jamais eu de terrorisme irakien contre les USA en 8 ans’. Puis je me suis tourné vers le directeur de la CIA qui a confirmé : ‘C’est vrai, il n’y a pas de terrorisme irakien contre les USA’". Après les attentats de New York, "Rumsfeld disait qu’il était nécessaire de bombarder l’Irak et nous disions tous ‘non, non, Al Qaïda est en Afghanistan, on doit bombarder l’Afghanistan’. Rumsfeld maintenait que l’Afghanistan n’était pas une cible intéressante, contrairement à l’Irak (…) Je pense qu’ils voulaient absolument croire à une connexion, mais la CIA était présente, le FBI aussi et moi-même, leur disant que nous travaillions sur cette éventualité depuis des années, que nous n’avons jamais rien trouvé(…) Le président m’a alors pris à part dans une salle avec quelques personnes, a fermé la porte et nous a lancé d’un air très intimidant : ‘Irak ! Saddam ! Trouvez une connexion’. J’ai compris que nous devions revenir avec une réponse, nous avons écrit un rapport". La suite, tout le monde la connaît… Sauf, aujourd’hui, George Bush, qui reste sur la défensive, mais jusqu’à quand ? Les électeurs auront certainement le dernier mot.


Sommet de Bruxelles : Un "Monsieur Terrorisme" pour l’Europe

Un "Monsieur Terrorisme" placé sous
l'autorité de Javier Solana (Photo AFP)
Au lendemain des attentats de Madrid, les pays de l’Union européenne resserrent les rangs et décident de faire front, ensemble, à la menace terroriste. Le sommet extraordinaire organisé à Bruxelles les 25 et 26 mars aura pour finalité de coordonner les actions de lutte via la nomination d’un "Monsieur Terrorisme", dont la tâche principale sera d’animer une cellule opérationnelle d’échanges de renseignements au sein du Conseil des ministres. Placé sous l’autorité directe de Javier Solana, ce Monsieur ou Madame (on ne connaît pas encore son identité) Terrorisme, à la formule bien choisie, démontre la volonté de l’Union d’obtenir enfin des résultats concrets, avec
l'intégration, notamment, dès fin 2005, d’empreintes digitales ou d’iris de l’œil dans les visas et passeports.

 
 
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