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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Remaniement ministériel : Les grands lignes du gouvernement Jettou II

Déjà repoussé par le séisme d’Al Hoceima, le remaniement gouvernemental risque de prendre une nouvelle direction après les attentats de Madrid. Selon des sources sûres, des milieux diplomatiques américains et européens ont poliment invité le royaume à remanier… sa politique d’État, notamment en matière de sécurité et de développement. Depuis le 11 mars, les problèmes du Maroc concernent directement l’Europe et, plus loin, l’Amérique. En clair, le pays n’est pas suffisamment développé et ses efforts pour contrer le terrorisme, malgré des écarts de conduite largement répercutés par les ONG de droits de l’homme, n’ont pas empêché l’irréparable. Le Maroc est invité à revoir sa copie, non seulement en matière de lutte contre le chômage, l’analphabétisme, la précarité sociale, mais aussi dans la lutte contre l’immigration clandestine et le trafic de drogue. Voilà en gros ce qui ressort des "recommandations" glissées par les instances internationales au royaume.
Sur le terrain, les décideurs marocains devraient traduire cela par un remaniement gouvernemental désormais à l’ordre du jour. Il semble acquis que Driss Jettou, malgré ses relations parfois difficiles avec les hommes du sérail, conservera la Primature, l’homme jouissant d’un a priori positif auprès de ses interlocuteurs tant marocains qu’européens ou américains. Deux hommes-clé pourraient faire les frais du remaniement : Mustapha Sahel et Mohamed Bouzoubaâ. Les deux hommes, à l’état de santé fragilisé, sont à la tête de deux départements sur lesquels tous les regards seront tournés : l’Intérieur et la Justice. Autre départ très probable, celui du ministre des A.E Mohamed Benaïssa au profit de son "adjoint" Taïeb Fassi-Fihri, qui a déjà mené les négociations sur les ALE avec les États-Unis. Benaïssa, ancien ambassadeur du Maroc aux E-U, pourrait récupérer une ambassade européenne.
Pour le reste, c’est la bouteille à la mer. Les leaders de l’USFP, de l’Istiqlal, le RNI et le pôle haraki négocient toujours pour arracher des portefeuilles ministériels au profit de leurs protégés, voire d’eux-mêmes. Le nom de Abbes El Fassi, ministre de l’Emploi du temps du scandale Al Najat, fait notamment partie des favoris (du fait de sa formation de juriste) pour succéder à Bouzoubaâ à la tête de la Justice.


À deux semaines du congrès du PJD : Khatib cherche statut désespérément

Abdelkrim Khatib (Photo AFP)
Non, le docteur Abdelkrim Khatib ne battra pas en retraite. Le fondateur du PJD a réitéré sa position, lors du dernier conseil national du parti, tenu le weed-end dernier à Bouznika : non à une présidence d’honneur que les cadres du PJD avaient pourtant "fabriquée" sur mesure pour lui. Il propose à la place d’être nommé S.G d’honneur. Malgré ses dehors évasifs, la contre-proposition de Khatib, qui ne surprend personne, revient à maintenir le statu quo. Dans les faits, cela fait longtemps que la fonction de S.G effectif n’est plus assurée par Khatib, mais par son adjoint, Saâdeddine Othmani.
Mais le refus de Khatib d’assurer une présidence qui l’écarte
d’une candidature à sa propre succession, ne signifie pas que la question a été tranchée pour autant. On apprend ainsi de source interne au PJD que "le conseil a voté à la majorité pour l’adoption des nouveaux statuts du parti". Autrement dit, les amis de Khatib, à quelques exceptions près, ont discrètement voté pour sa nomination en qualité de "président fondateur". Mais, continue notre source, "par respect à Khatib, le parti a décidé de ne rien lui imposer et de laisser le prochain congrès du PJD (avril 2004) trancher la question du statut de son fondateur".


Yassine n’a pas renoncé : Al-Adl en parti, c’est possible

Al-Adl Wal Ihsane n’a pas abandonné l’idée de se muer en formation politique. La preuve, la jamaâ d’Abdeslam Yassine a fini par organiser sa conférence-débat, dans la discrétion absolue, sur le thème de "la problématique des programmes politiques". La rencontre, animée par le chercheur Mohamed Darif, a eu lieu le 9 mars, à Nadi al-hiwar, la cité universitaire du Souissi à Rabat. Elle devait déjà avoir lieu en décembre 2003 au centre Ibn Khaldoun. Elle avait été interdite à l’époque par les autorités marocaines. La jamaâ, après ce coup d’arrêt, a donc repris son travail de fourmi qui consiste à sonder la société et le pouvoir et à tester sa propre capacité à s’adapter à la prochaine loi sur les partis qui interdit toute référence à l’islam.


Cadavre fantôme : Épilogue

Le corps de Allal Lemssyeh, le terroriste tué lors de l'assaut du douar de Leghouazi, est bien à la morgue de Fès. La mort remonte pourtant au 25 janvier. La justice avait retenu le cadavre la première semaine, pour les besoins de l'autopsie. Ses parents, qui étaient venus le réclamer à cette période, s'étaient entendus dire que "personne de ce nom" ne se trouvait à la morgue. Puis… on avait oublié là le corps. Sa famille vient d'être notifiée (par TelQuel !) que le corps de Allal Lemssyeh se trouvait bien à la morgue. Nous ne lui avons peut-être pas rendu service : elle ne l'a toujours pas récupéré, faute de moyens pour l'inhumer…

 
 
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