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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Encore un tabou brisé

D'abord je vous remercie d’avoir, encore une fois, brisé un tabou. Parler de l’homosexualité au Maroc, c’est soutenir moralement ces gens qui vivent à l’ombre d’une société homophobe. Les sociétés libres et démocratiques sont des sociétés révélatrices de leurs composantes où les tabous sont généralement abolis. Dans les sociétés dites arabo-musulmanes, comme la nôtre, où la pensée religieuse prédomine, il est difficile de quantifier ou de connaître les vraies facettes des choses. Ces dernières sont tout simplement voilées. L'homosexualité, qui touche plus de 10% des hommes, est considérée en islam comme un mal qu'il faut éradiquer. L’homosexualité n’est donc pas une affaire de l’Occident, c’est l’affaire de tout être humain qui se respecte et qui respecte la diversité. Quand on entend parler d’une manifestation d’homosexuels quelque part en Europe ou en Amérique, on pense automatiquement que l’homosexualité est "une affaire à
eux". Chez nous, il faut être un grand hypocrite pour être un bon musulman. On ne peut pas afficher son homosexualité ou la pratiquer librement. Tout se fait en cachette. Il ne faut pas oublier qu’on a toujours exécuté des homosexuels en Arabie saoudite sans que ça ne fasse le moindre bruit. Ceux qui évoquent les textes religieux, je leur demande : est-ce que la pédophilie est autorisée dans l’islam, puisque aucun texte ne l’interdit ?

Houssine



Arrêtons de nous intoxiquer !

Plutôt que de s’intoxiquer avec l’idéologie du seul martyr musulman (car, évidemment, on ne parle jamais des Palestiniens chrétiens !), que le peuple de Palestine se retourne contre ses idéologues qui l’on conduit là où il est. Bizarrement, personne n’a l’air de se rendre compte que ça ne peut pas marcher comme ça. S’il y a un terrain, le seul, où les Palestiniens pouvaient reconquérir leurs terres et rééquilibrer les forces, c’était sur celui de la démocratie, des droits humains, du développement social et du développement économique. À l’heure où des pays comme le Maroc souhaitent se développer, se démocratiser et aller de l’avant, il n’y a plus de place pour tous ces terroristes, de même qu’il n’y a plus de place pour tous ces dirigeants arabes qui conditionnent la liberté de leurs peuples, la démocratie et le développement humain et économique à la situation en Palestine et maintenant en l’Irak. Autant attendre que les poules aient des dents et remettre sine die toute avancée ! Que ceux qui souhaitent aller vers une vraie démocratie avancent, sans se préoccuper des potentats incultes, et que les dictatures arabes qui ne souhaitent rien faire se débrouillent avec les Américains et leur Grand Moyen-Orient !

Serge-Alexandre D'Archambaud



Adieu Forain

Joli titre n’est-ce pas ? Peut-être faudrait-il le rendre à son auteur, le poète Ahmed Bouanani ? Au demeurant scénariste du film homonyme, si admirablement traduit en darija (par lui-même) : "Bye bye çuerti".

Sid Ahmed El Ghoufala




D'où vient la violence ?

Dans ces moments de terrorisme, de douleur, de souffrance, je n'ai autre parole à vous offrir que cet extrait d’un article du rabbin Michael Lerner, paru dans Tikkun Magazine*, en septembre 2001 et traduit de l'anglais par J. M. Gaudeul :

[...] Quand la violence devient si répandue partout dans la planète, il est trop facile de parler tout simplement "d'esprits dérangés". Nous avons besoin de nous demander, "qu'y a-t-il dans la façon dont nous vivons, organisons nos sociétés et nous traitons les uns les autres qui fait que la violence semble plausible à tant de personnes ?" [...]

[...] C'est un monde qui a perdu contact avec lui-même, rempli des gens qui ont oublié comment reconnaître et répondre au sacré les uns dans les autres parce que nous sommes si habitués à estimer les autres en fonction de ce qu'ils peuvent faire pour nous, et de la façon dont nous pouvons les utiliser à notre service. Les alternatives sont dramatiques : ou bien commencez à vous soucier du destin de chacun sur cette planète ou bien soyez prêts à glisser rapidement vers une violence qui finira par dominer nos vies quotidiennes. [...] Olivier BARROU

* Michael Lerner est rédacteur en chef de Tikkun Magazine et rabbin de la synagogue Beyt Tikkun à San Francisco.




Erratum

Dans le dossier sur Driss Basri, "Et s’il parlait ?" (TelQuel n°117), la plupart des photos utilisées appartiennent à l’hebdomadaire Al ousboue. Nous avons omis de le signaler, nous nous en excusons.

 
 
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