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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1962 : naissance à Znata, Casablanca
    1989 : 1989 : stagiaire à Al Ittihad Al Ichtiraki
    1990 : mariage
    2002 : lancement d’Al Bidaoui, hebdomadaire casablancais en arabe
    2004 : publie des couvertures à sensation successives. La dernière : "faut-il juger Hassan II ?"

Ça fait longtemps, Si Ariri. Vous connaissez le système maintenant. Bak, mok ?
Ahmed Benabdessalam et Halima Bent Lhoucine.

Et la carte ?
BE 20 25 63.

Dites-moi Si Ariri, que cherchez-vous en publiant chaque semaine des couvertures sensationnelles, où le roi est mis en cause trois fois sur quatre ? Un destin à la Lmrabet ? Il faut écrire en français pour ça !
Je ne cherche rien du tout, sinon à refléter ce que dit et pense l’opinion publique dans les rues, dans les cafés, dans les administrations, etc. Détecter les sujets qui intéressent le plus grand nombre et les traiter de manière professionnelle et objective. Nous n’inventons rien, nous restons très proches des préoccupations de nos lecteurs.

Vous croyez que vos lecteurs font autant de fixation sur le roi ?
C’est lui qui gouverne. C’est le responsable de l’administration civile et militaire, le pilier du système de gouvernance dans ce pays. Le Premier ministre fait de la figuration uniquement. Ce n’est donc pas une fixation, la Constitution, déjà, le rend omniprésent dans toutes les grandes décisions qui sont prises dans le pays.

Et en plus, il vend bien. N’est-ce pas ?
Encore une fois, le roi est derrière toutes les grandes décisions du pays, les nominations de hauts fonctionnaires. Je vais vous donner un exemple, celui de la lutte contre l’habitat insalubre. Après le 16 mai, le roi avait lui-même, en sa qualité de chef de l’État, fait le déplacement dans de nombreux quartiers périphériques et donné ses instructions pour éradiquer ce fléau, pour lutter contre l’exclusion. Nous sommes à moins d’un mois du premier anniversaire du 16 mai, en tant que journaliste, je demande ce qui a été fait. C’est mon rôle d’interpeller les autorités.

Les autorités, pas le roi !
Pourquoi ? Du moment qu’il est venu en personne, qu’il s'est personnellement impliqué ou engagé. Il faut, dès lors, poser la question : qui bloque les instructions et les décisions royales ? Le roi s’est engagé devant le peuple et les responsables de la mise en œuvre n’ont pas tenu son engagement.

Vous croyez que le roi n’est pas au courant de tout cela ? Qu’il attend de vous lire chaque mercredi ?
Je ne dis pas ça. Mais en tant que journaliste, je sais que j’ai un rôle à jouer dans la société. Tout comme les hommes politiques, les activistes de la société civile. Chacun avec ses moyens.

Sinon, les affaires, ça roule ?
Écoutez, ça va… Quand le sujet intéresse les lecteurs, onvend bien. Il faut que le sujet de couverture intéresse, le reste vient tout seul.

Vous vendez combien ?
Entre 13 et 14.000.
Dans l’une de vos dernières couvertures, vous vous demandiez s’il fallait juger Hassan II. Dites-moi ce que cela a de bidaoui, par exemple ?
Tout ce qui est local a forcément un lien avec l’administration centrale.

Mouais… Facile !
Pas du tout. Driss Basri est responsable, grâce à son système de gouverneurs, de détournements de fonds. Tous les grands chantiers de Casablanca sont bloqués parce que toute l’élite est focalisée sur les problèmes du passé. Casablanca a perdu 7350 postes d’emploi en une année, 140 projets d’urbanisme sont bloqués. Il faut en finir avec le passé, arrêter de ne regarder que dans le rétroviseur. Ça m’irrite.

Vous ne trouvez pas que c’est insultant pour les milliers de gens qui ont été torturés, enlevés, etc. ?
Je n’oserais jamais le faire. Je dis juste qu’il faut sortir tous les documents et en finir. Tous ces centres de détention étaient tenus par des fonctionnaires de l’État. Qu’on sorte les paperasses et qu’on en finisse. Sans rien omettre.

À quoi vous pensez ?
Nous disposons de documents que nous publierons bientôt sur les crimes perpétrés par des organisations politiques entre 1956 et 1973. Le passé, c’est un tout. Il faut "déhassaniser" le système. En finir avec une époque, avec toutes ses dérives.

Ça vous dérange qu’on ne vous poursuive pas ? De vous dire qu’en haut, on rigole un bon coup en lisant votre journal, que vous n’avez aucune influence ?
Notre audace est mesurée. Nous ne faisons pas de sensationnalisme et c’est toujours de bonne foi. Nos dossiers sensibles sont revus par un avocat. Lmrabet l’avait bien dit : nous sommes tous en liberté provisoire.

Si Ariri, vous êtes riche ?
Oh que non ! Les charges de papier me pèsent et un de mes annonceurs, c’est un exemple, s’est retiré après la couverture sur Hassan II.

 
 
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