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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Abdessamad Kenfaoui ressuscité : Le livre, l’association et le théâtre

Cela fait 28 ans qu’il est mort. Un 31 mars. Juste retour des choses, Abdessamad Kenfaoui est tiré de l’oubli, cette année. Premier acte, une association d’amis de ce pionnier du théâtre marocain a enfin vu le jour, initiée par sa veuve, Danielle Kenfaoui, finalement devenue dépositaire de l’ensemble de son œuvre. La structure voudrait permettre aux Marocains de découvrir ce haut fonctionnaire de la Jeunesse et Sports, mentor des hommes de théâtre qui occupent la scène actuellement, comme Tayeb Saddiki et Tayeb Laalej. Deuxième acte, la publication de sa pièce à la dimension anthropologique, Soltane Tolba, est imminente chez Tarik Éditions, et sa mise en scène potentiellement acquise. Elle l’a été une fois à la demande de
Hassan II, en 1967. Ali Kadiri, qui a joué alors le rôle principal, se rappelle avec émotion du roi qui voulait que "l’on inverse la structure de la pièce". Troisième acte, celui-là n’est qu’un vœu pieux pour le moment, déjà exprimé en son temps par son ami et complice, feu Saïd Saddiki, il consiste en la rénovation et la valorisation de la salle de théâtre, sise au Parc de la Ligue arabe à Casablanca, qui porte son nom depuis sa mort en 1976, et qui a été laissée depuis belle lurette à l’abandon. Il nous arrive cycliquement de nous rappeler au bon souvenir de cet homme qui vivait mal ses hautes fonctions (OCE, CNSS, diplomatie), qui noyait son chagrin du mieux qu’il pouvait et s’isolait des journées durant pour pondre un texte théâtral à la charge historique et culturelle, comme Bouktef, Moula nouba. Ce fut le cas, une année après sa disparition, lorsque Masrah Ennass avait monté Bouktef. Depuis, Saddiki est moins disert sur les mérites de celui qui l’avait en quelque sorte initié à l’art de la scène. En 1996, pour commémorer le vingtième anniversaire de sa disparition, il y a eu la publication de quatre pièces réunies (Bouktef, Moula nouba, Si Taki et L’homme à la barbe bleue) et la mise en scène d’un florilège de ses œuvres en France. Aujourd’hui, et surtout après des tentatives non abouties de l’ISADAC et du FITUC, l’idée de rendre les Marocains plus familiers avec le théâtre Kenfaoui - et pourquoi pas avec le nom ? - est à l’ordre du jour. Mieux vaut tard que jamais.


Décès : Haïm Zafrani

Historien spécialiste du monde sépharade, attaché à sa double culture juive et marocaine, Haïm Zafrani vient de disparaître. Né en 1922 à Essaouira, il était professeur émérite de l’université de Paris-VIII, où il a dirigé le département de langue hébraïque et de civilisation juive. Titulaire d'un doctorat de recherches en études orientales,il était aussi membre de l’Institut des hautes études sémitiques, membre du comité de parrainage de la revue Horizons maghrébins, membre correspondant de l’Académie du royaume du Maroc... Il est l’auteur de 15 ouvrages et de plus de 150 articles portant sur la pensée, les littératures et les langues juives en Occident musulman.

À Lire : 2000 ans de vie juive au Maroc (Eddif) ; Juifs d'Andalousie et du Maghreb (Maisonneuve-Larose, 1996).

 
 
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