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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Erramach & co : Le parquet hausse le ton

Le réquisitoire du procureur du roi près la Cour spéciale de justice, dans l’affaire Erramach & co, a duré près de quatre heures. Les peines maximales ont été requises contre les 32 accusés dans le dossier. Dans son réquisitoire, le procureur général s’est longuement attardé sur les délits de corruption. Ce faisant, il a livré une vision assez caustique mais réelle des entrailles de la justice. Toujours selon le même responsable, Erramach donnait des pots de vin à des éléments de la Sûreté nationale, de la Gendarmerie royale, des douaniers, des greffiers, des magistrats et des élus de Tétouan. "Il inondait toutes les autorités locales pour couvrir ses activités illicites", s’est exclamé le procureur. Dans la bouche d’un procureur, ces propos ne peuvent que réconforter. Malheureusement, il nous rappelle que "toutes les autorités locales" ne figurent pas sur le banc des accusés.


Catastrophes naturelles : Les psys retournent en classe

Dans la désorganisation totale qui suit les catastrophes naturelles, on a tendance à les oublier et pourtant ils étaient là à Al Hoceima, à Berrechid et à Mohammedia. Le docteur Mohamed Jamai, président de l’Association marocaine des psychiatres d’exercice privé, avoue sans complexe la discrétion de la profession. Deux raisons expliquent cette attitude. D’abord, les secours en général se font davantage suivant le volontariat de chacun que dans le cadre d’un réseau structuré. Deuxième raison, et c’est la plus importante, les psychiatres et psychologues du Maroc ne sont pas formés à la médecine des catastrophes naturelles. "Or, il s’agit d’une discipline hautement spécialisée", poursuit le docteur Jamai. L’AMPEP, "sur sollicitation des autorités", a programmé un séminaire de formation à cette spécialité de la médecine psychiatrique. La formation, qui aura lieu les 3 et 4 avril, sera dispensée par le général des armées françaises, le docteur Louis Crocq. Le conférencier est, en outre, connu pour avoir supervisé, durant l’ère Mitterrand, la mise en place du "service national français des cellules d’urgences médico-psychiatriques". Il est aussi l’un des concepteurs du plan national de réaction aux catastrophes naturelles, un système qui planifie l’intervention de tous les types de secours dans le cadre d’une stratégie harmonisée. À noter que le général Louis Crocq a fait partie, sur invitation du roi, des premiers experts étrangers arrivés à Al Hoceima.


Vol de voitures à Hay Hassani : Un délit mineur !

Hay Hassani est connu de la police pour être un des districts casablancais qui connaissent les plus forts taux de délinquance. Il est aussi connu pour sa pénurie constante en effectif et en matériel. Ajoutez à cela la réquisition d’agents à cause du risque terroriste pour la protection des zones sensibles comme c’est le cas actuellement, cela donne la situation suivante. Depuis deux mois, une vingtaine de vols de voiture ont été signalés. "C’est trop pour un district où le niveau de vie est plutôt bas, mais aucun chef ne se risque à mobiliser ses effectifs de peur de fâcher en haut lieu", explique une source policière. Concrètement, devant le terrorisme, le vol de voiture devient un délit mineur.


Carburant sans plomb : Samir vs distributeurs

Odeur nauséabonde, manque de punch et problème de combustion… L’essence sans plomb ravive la polémique entre la Samir et les distributeurs de carburants. On se rappelle que l’incendie de la raffinerie de Mohammedia en novembre 2002 avait été exploité par les distributeurs pour remettre en cause le monopole dont jouit le raffineur national. Depuis, les distributeurs sautent sur toute occasion pour remettre en cause la capacité, voire la compétence de la Samir. Ainsi, la qualité de l’essence sans plomb est décriée depuis la mi-février. Les distributeurs, rapportant des témoignages d’exploitants de stations-services, dénoncent le manque de punch de ce carburant supposé avoir une meilleure combustion. Pire, il aurait occasionné des dégâts au niveau de la motorisation de certains véhicules, que les stations-services auraient été obligées de réparer. À cela s’ajoute une odeur nauséabonde dégagée par les véhicules qui roulent avec ce carburant. L’explication des distributeurs veut que la raffinerie de Sidi Kacem, qui fournit actuellement les besoins du marché, soit d'un piètre rendement. Pour la Samir, ce n’est que pure fabulation.

 
 
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