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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Le chant d’amour de Jeronimo

"Cette peinture, c’est l’échographie
de mon âme"
Jeronimo Muniz, artiste-peintre espagnol, a vécu de nombreuses années au Maroc, où il revient régulièrement se ressourcer et retrouver l’amour qu’il n’a jamais perdu, celui qui le lie à cette terre qu’il a longtemps peinte. Portrait d’un artiste amoureux.

Il est agréable de rencontrer Jeronimo Muniz. L’artiste est de ceux qui, diserts, donnent du plaisir à écouter leurs petites et grandes histoires de la vie et leurs anecdotes, sans transition et avec des allers et retours présent-passé. Le plus chez Jeronimo Muniz, la soixantaine très jeune, c’est ce panaché de langues
dans lequel il raconte le tout : un français presque parfait, mais joliment teinté d’un fort accent espagnol et ponctué de mots arabes gravés dans ses souvenirs, transformant ainsi "nada de nada" en "oualou de oualou" et répétant à l’infini que "moulana" a toujours été présent pour lui. Le plus chez Jeronimo, c’est sa passion pour le Maroc, ce pays qu’il a fait sien depuis le jour où il y a mis les pieds dans les années 60. Une passion comme celle qu’il aurait portée à une femme, peut-être celle pour laquelle il a quitté son Espagne natale. C’est d’ailleurs au Maroc qu’il commencera sa carrière d’artiste-peintre, exposant ici ou là-bas, en Espagne. Pourtant, et durant toute cette carrière, c’est au Maroc que son pinceau restera profondément attaché. Hasard frappant de la vie, très jeune et encore loin de ce pays, Jeronimo reproduira un premier tableau d’un autre peintre : une scène de vie marocaine.
C’est en approchant de près le personnage - c’en est un -, en l’écoutant parler, s’émouvoir et en apercevant ses yeux embués de larmes à l’évocation de sa terre d’accueil, qu’on apprécie mieux sa peinture. Vraie, sincère, limpide. Comme ces gens de la campagne qu’il a croisés sur son chemin et qu’il a gravés à jamais sur ses toiles et dans ses souvenirs : "Des gens dignes et qui, malgré la dureté de leur quotidien, gardent la tête haute". La peinture de Jeronimo dit, sans conteste, son attachement au Maroc : "Cette peinture, dira-t-il, désignant l’une d’elles, c’est l’échographie de mon âme". Elle montre des hommes et des femmes, ceux-là même qu’il reproduira à l’infini, un ciel, une maison, un champ et la même couleur dégradée, celle de la terre. Face au tableau, les récits qui s’emmêlent de Jeronimo, se délient et deviennent très clairs : il n’a jamais quitté le Maroc.





À l’initiative de l’association Ribat Al Fath, le Théâtre national Mohammed V de Rabat abritera du 22 au 25 avril prochain la 5e édition du Festival international du film animalier et de l’environnement (FIFALE).

Peinture algérienne : Kea Haaek expose trente œuvres à l’Institut Cervantès de Casablanca. À partir du 29 avril jusqu’au 14 mai. 31, rue d’Alger. Tél. 022 26 73 37.

Le théâtre du Centaure, compagnie marseillaise, dédie son travail à l’acteur-centaure, mi-homme, mi-cheval. Des comédiens, des chevaux et un âne investiront les greniers de Moulay Ismaïl à Meknès pour un spectacle nommé Cargo. À ne pas rater, si vous êtes de passage dans la ville ou que vous y habitez. Mais attention à ne pas réveiller les fantômes ! Pour plus de renseignements, appeler l’IF de Meknès au 055 51 58 51.

Exposition sur la recherche archéologique au Maroc au Musée des Oudayas à Rabat, organisée par le Goethe Institut de la ville. Tél. 037 70 65 44.

Sortie nationale de La chambre noire, traduisez en arabe Derb Moulay Cherif, dernier film en date sur les années de plomb - en attendant le prochain - réalisé par Hassan Benjelloun. À côté de chez vous.

Sortie du dernier Tim Burton, réalisateur génial de Edward aux mains d’argent et de Ed Wood. Big Fish sera en salles au Mégarama, au Dawliz Rabat et à Meknès. Sans aucun doute, du grand cinéma vous donne rendez-vous à partir du 21 avril.

La troisième édition du festival Mawazine-Rythmes du Monde vous donne d'ores et déjà rendez-vous à Rabat du 18 au 28 mai. En plein air, comme d’habitude.

Première exposition de la toute jeune galerie les Atlassides à Marrakech. Quatre peintres marocains, et pas des moindres, y seront réunis : Farid Belkahia, Mahi Binebine, Mohamed Melehi et Abderrahim Yamou. Du grand art à partir du 17 avril. Galerie-librairie les Atlassides, av. Yacoub El Marini, Guéliz, Marrakech. Tél. 044 43 79 93.

 
 
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