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N° 123
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1961 : naissance à Taza
    1986 : doctorat en traitement de l’image à Paris
    1989 : directeur d’antenne à 2M après plusieurs années passées en France
    2002 : quitte 2M avec fracas, le dossier est encore au tribunal
    2003 : directeur général de 2M

Smyet Bak ?
Mohamed Benali.

Smyet Mok ?
Rkia Amarcha.

Nimirou d’la carte ?
T 25 848.

Huit mois à la tête de la deuxième chaîne. Qu’est- ce que ça a changé en vous ?
Des soucis en plus, une remise en cause plus profonde et une terrible angoisse de décevoir. Nous avons une activité très particulière, qui nous demande parfois de concilier l’inconciliable, sans jamais renoncer aux objectifs de départ. De ne pas faire de concessions, ce qui complique davantage la situation. Notre objectif est de satisfaire le public. C’est une rude tâche à laquelle je veux associer tout le monde. De manière à servir, tous ensemble, la politique globale de la chaîne.

Vous avez déjà déclaré que vous étiez là pour "rééquilibrer les finances de la chaîne". C’est cela votre politique globale ?
Pour réussir dans n’importe quel domaine, il faut que l’outil de production soit performant, souple et réactif. Notre objectif : une entreprise saine qui fonctionne au rythme de ses moyens. Sans illusions. Une entreprise citoyenne qui s’implique et qui séduit au quotidien.

Et comment avez-vous trouvé la chaîne à votre retour ?
Elle s’est alourdie. Beaucoup de production, de moyens techniques et humains mobilisés. La télé vieillit vite. Heureusement que la force de cette chaîne a toujours été cette volonté qui anime ses hommes et ses femmes de faire toujours mieux, de rester fidèles à l’esprit de départ. Celui d’une chaîne privée, d’entreprise.

Parce que vous trouvez que deux fictions par mois, c’est trop de production ?
Il n'y a pas que ça. La machine de l’information est très lourde également. Aujourd’hui, nous en sommes à 22 équipes de reportage. Ce sont des charges très lourdes, comparées à la taille de notre marché. Par rapport à ce qui se fait à l’étranger, ce n’est même pas l’équivalent des ressources financières d’une télé locale française. Mais je le répète, notre force est notre personnel, qui s’est approprié la chaîne.

Comment réagissez-vous aux critiques de la presse ? Vous n’étiez pas plus tranquille en tant que directeur d’antenne ?
Par moments, j’avoue que c’est difficile. Mais cela fait aussi partie de mes fonctions. La responsabilité est un package qu’il faut assumer en entier. J’essaie de continuer à prendre sur moi, d’avancer et de m’oublier souvent.

Vous savez, c’est peut-être de l’envie. Voilà quelqu’un qui est parti avec fracas de la chaîne, a été largement indemnisé, puis est revenu en tant que directeur général. C’est quand même un chouette destin ?
C’est surtout un processus transparent et légal. Pour mon retour, je suis très reconnaissant envers les gens qui m’ont fait confiance. Au-delà des responsabilités, c’est un honneur, mais sans plus. Je ne suis pas propriétaire des lieux. J’ai un mandat et une mission à accomplir. Je prends les choses avec beaucoup de retenue.

D’où votre manque de poigne, peut-être ?
C’est plutôt du respect. Ceci dit, les décisions tranchées, je les prends et je les assume. Il n'y a pas de gestion sans fermeté.

Vous assumez, par exemple, les décisions d’écarter de nombreux animateurs du clan Saïl, vous qui aviez promis de ne pas faire de clanisme ?
Et je le dis toujours, je ne fais pas de clanisme. Je dis aussi qu’il n'y a pas de raison pour que deux salariés perçoivent la même indemnité, alors que l’un d’entre eux ne fait rien et ne s’investit pas assez. L’entreprise n’est pas au service des individus, à commencer par moi-même.
Avouez que vous avez quand même la nostalgie des anciens !
Je crois qu’on se doit de faire appel aux "gloires" du passé et donner leur chance aux jeunes. C’est ce que nous avons essayé de faire dans le programme des "15 ans, 15 talents". Pour ce qui est de la nostalgie, je pense que tout le monde est nostalgique quelque part. Sauf que je ne suis pas là pour satisfaire mes caprices. Je m’impose plus de rigueur que je n’en impose aux autres.

Vous pensez qu’une chaîne est mieux gérée quand elle est dirigée par un ingénieur ou un inspecteur de philosophie ?
Le diplôme ne fait pas l’homme, vous savez. C’est plutôt le parcours, l’addition de savoir-faire et l’enrichissement sur le plan humain. Parce qu’a priori, ne le philosophe ni l’ingénieur ne sont habilités à gérer une télé.

Au fait, c’est vrai que vous êtes PPS ?
Vous parlez, je n’ai même pas ma carte d’électeur.

 
 
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