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N° 123
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Schizophrénie devant Marjane : Arrêté pour achat d’alcool !

Ce n’est pas un secret, le rapport qu’entretient la loi avec l’alcool au Maroc relève de la schizophrénie. Libres dans les faits, la consommation et la vente peuvent, selon le bon vouloir de la police, faire l’objet des pires sanctions. C’est légal mais inique.
L’incident survenu mardi 13 avril à Rabat est symptomatique de cet état de fait. Un coursier parti acheter des spiritueux pour son patron, un homme connu dans l’arène culturelle, a été cueilli à la sortie du magasin par les policiers en poste. Le patron a été convoqué à l’arrondissement. Sérieusement malmenés, les deux hommes ont été finalement relaxés avec un PV en sept copies et la marchandise saisie. En plus du caractère inhabituel et aléatoire de cette interpellation, le lieu n’a rien d’anodin. En effet, il s’agit de Marjane, la célèbre enseigne d’hypermarché, propriété de Cofarma, laquelle est une filiale de l’ONA. En tout cas, du fait de sa proximité avec le Palais (actionnaire de référence de l’ONA), les rayons de la chaîne bénéficiaient d’un état de grâce. Quelle que soit la confession de ses clients - la
loi interdit la vente d’alcool aux musulmans -, ils pouvaient se servir sans risque de représailles. Bévue de la part des officiers du 16e arrondissement de Rabat ou jurisprudence en cours ? Difficile de trancher. Un constat, cependant, s’impose : si cet acte est annonciateur d’une nouvelle tradition aux portes du supermarché, cela veut dire que les clients de l’ONA seront dorénavant logés à la même enseigne que les clients des guerrabas (vendeurs à la sauvette). Rappelons que la moyenne de consommation de bière au Maroc est de 3 litres par habitant (TelQuel n°60). Les consommateurs d’alcool, si nombreux, deviendront-ils donc, à cause du flou administratif, des suspects en liberté provisoire ? Et pourquoi ne pas légaliser la consommation d'alcool pour sortir de cette schizophrénie ? Surtout que certains policiers en profitent allègrement pour avoir leur dose.


DGSN : Mise à jour des galons

Hamidou Laânigri
Kenitra, le centre de formation de la Police nationale, c’est là où le directeur général de la Sûreté, le général Laânigri a choisi de réunir tous les galonnés de son administration. À l’ordre du jour, faire le point sur la situation sécuritaire dans le royaume et une distribution de grades à une dizaine de responsables. Selon une source présente au meeting, le premier point à l’ordre du jour a fait l’objet, malgré les appels à la vigilance, d’éloges de la part des hauts responsables sécuritaires du pays. Et comme pour consacrer la fête, plusieurs responsables sécuritaires ont reçu des galons (beaucoup de galons), en plus. Les bénéficiaires ? Des chefs des directions régionales des villes de Tanger,
Tétouan et Agadir. Ils ont été, ni plus ni moins, propulsés préfets. Les heureux élus s’appellent Abdelaziz Alzou (pour Tanger), Abderrahim Maân (pour Tétouan) et Abdellah Mountassir (pour Agadir). Leur nomination est entrée en application immédiatement ce qui n’a pas manqué de rajouter à la fête. Cependant, les sécuritaires les plus actifs de la DGSN étaient absents. Il s’agit des commissaires de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), dont la majorité se trouve en Espagne. Aux dernières nouvelles, ils vaquaient à une de leur occupation préférée : l’interrogatoire d’un prévenu algérien, arrêté dans le cadre des attentats de Madrid.


Okacha fils : Le bateau de la discorde

L'affaire fait grand bruit à Agadir. Alors que les bateaux de la pêche hauturière sont consignés aux ports, repos biologique oblige, un seul a été autorisé à lever l’ancre. Il s’agit du bateau Khalifa, appartenant à la société Alia Pêche SARL, propriété de Ali Okacha, le fils du président de la deuxième chambre du Parlement. L’ascendance de l’armateur et ses liens partisans - tous deux RNIstes - avec le ministre Taïeb Rhafès alimente une polémique dans le secteur. En fait, le Charif Idrissi, bateau appartenant à l’INRH, s’est adjoint, comme cela est d’usage, les services d’une autre embarcation pour sortir en mer faire une analyse des stocks de poissons. Cependant, et contrairement à l’usage, la requête n’aurait pas fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt. Aussitôt, des voix se sont élevées pour dénoncer la situation. Réponse du ministre : "Si le Khalifa pêche un seul poulpe, je retire sa licence". Et l’armateur de rétorquer : "Comment voulez-vous que j’amortisse le voyage ?". En fait, les missions de l’INRH sont une manne que les armateurs se sont toujours disputés. "Une sortie de deux semaines après 6 mois de repos biologique équivaut à une année de travail", affirme l’un d’eux sous couvert de l’anonymat.

 
 
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