Musique : Abdelghani, percussionniste de Sting
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Abdelghani Krija (au centre),
à sa gauche
Sting
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La success story du Casablancais Abdelghani Krija a débuté comme une blague au téléphone : "Ça vous dirait de jouer sur le prochain album de Sting ?". Ce nétait pas une blague. Par Maria Daïf
ça saute aux yeux, il nen revient toujours pas ! Comme un gosse à qui on aurait fait un cadeau auquel il ne sattendait pas et qui racontera quand et comment il a eu son cadeau, de la même manière, cent fois, mille fois, pour se convaincre lui-même que non, ce nest pas un rêve. Pour son 31e |
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anniversaire, Abdelghani Krija a eu le plus beau cadeau quun musicien pouvait avoir : "Allo, vous êtes Rhani Krija ? Je suis Kipper, le producteur de Sting. Pourriez-vous venir à Paris participer à lenregistrement de lalbum de Sting ? Nous avons besoin dun percussionniste". Imaginez juste un peu la tête du bonhomme après avoir raccroché ! Et ce nétait là encore que le début de lhistoire.
Cest très jeune que Abdelghani Krija, natif dEssaouira mais "ould lMâarif", commencera à tapoter dabord sur tout ce quil peut, puis plus tard, sur une derbouka, instrument qui ne le quittera pas pendant longtemps. Plus tard, pour ne pas perdre la main et se faire un peu dargent de poche, il ne ratera alors aucune occasion pour jouer : mariages, cabarets, même si à lépoque "la musique orientale avait fait pas mal de dégâts". Son bac ès technique en poche, il paye lui-même ses cours dallemand. Son objectif, poursuivre ses études en Allemagne et cest à Aachen quil atterrira en 1992, dans une école délectrotechnique, emportant avec lui son amour inconditionnel des rythmes de son pays et une féroce volonté de continuer à en jouer. La première rencontre sera la bonne. Ce sera celle quil aura avec Jamal Laroussi, à lépoque jeune musicien algérien en préparation dun diplôme dans une école de jazz : "Jamal, pour son examen de fin dannée, devait constituer un groupe et jouer une musique de sa propre composition. Lexamen passé, Jamal maintiendra le groupe quil appellera North African Rythm Project". À partir de là, tout devient clair dans la tête de Abdelghani, devenu Rhani, "parce que pour les Occidentaux, Abdelghani est imprononçable" : pourquoi persister à être ingénieur alors quil avait tout pour être musicien, cest-à-dire le désir et le talent ? Rhani se consacre alors à perfectionner "le don" quil avait : "Je navais pas de boulot, mais je menfermais huit heures par jour avec mes percussions". Tout ira alors très vite : des écoles font appel à lui pour donner des cours, il rejoint plusieurs groupes de jazz et de world music pour des petites tournées en Europe et sa maîtrise des instruments le fait entrer dans le cercle des musiciens les plus demandés pour des enregistrements en studio. Jusquau fameux appel téléphonique, en février de lannée dernière : "Sting préparait son dernier album 'Sacred Love' et avait besoin dun percussionniste. Son batteur, Manu Katché, contactera un journaliste à Paris pour lui demander sil en connaissait un". Le journaliste, lui, appellera devinez qui ? Jamal Laroussi, devenu musicien de world music de renommée. Et à Jamal Laroussi, resté en contact avec Rhani, de donner le numéro de téléphone de celui-ci. Rhani loue une grande voiture et emporte tous ses instruments direction Paris, où se fera lenregistrement : "Imaginez dans quel état jétais quand pour la première fois, jallais voir arriver Sting au studio, me faire un signe de la main : 'Salamou aâlikoum Rhani'. Pendant les neuf morceaux sur lesquels jallais jouer, ma vie défilait devant moi". Rhani accompagnera alors tout le groupe pour la promotion de Sacred Love à travers le monde, tournera un clip avec le musicien - "quelle fut ma surprise quand jai fait la connaissance de la réalisatrice, une Marocaine, Sanaâ Hamri, installée aux États-Unis et qui a conçu les clips de grands artistes comme Prince ou Mariah Carey" -, jouera avec lartiste aux Grammy Awards et serrera la main des plus grandes stars de la musique et du cinéma américains. Le jackpot, ce sera la suite : le producteur propose à Rhani, en janvier 2004, de faire partie du World Tour de Sting. Deux ans de tournée qui le mèneront sur les 5 continents, auprès de lun des plus grands musiciens au monde et à chaque concert lentendre dire au public en le présentant : "Rhani from Morocco !", sa plus grande fierté. Chapeau bas, lartiste. |
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