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N° 124
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

"La vie n’attend pas"

Ruses de vivant, Mohamed Kacimi et Abdellatif Lâabi l’ont voulu ensemble. Voilà ce que le second écrit : "Ce livre à deux mains, nous le préparions, Mohammed Kacimi et moi-même, avec une réelle ferveur et j’ajouterai avec soulagement. C’est qu’il ne nous a pas été facile, alors que nous nous connaissions depuis les années 60, de nous 'avouer' le désir réciproque de réaliser un ouvrage commun, où peinture et poésie mettraient dans la balance leur pesant d’âme et de chair (…). Les textes de Ruses de vivant se sont imposés à moi par surprise. (…) J’ai rarement autant ressenti, en écrivant, que quelqu’un d’autre poussait ma main, la retenait et la reposait délicatement sur la page (…). En me relisant aujourd’hui, je me reconnais, certes, dans ces textes (…). Pourtant, j’y ressens fortement une autre présence, celle de l’ami vers lequel allait ma pensée au moment où je les rédigeais". Quant au premier, il n’a pas eu le temps de réaliser les 7 peintures qui allaient accompagner les poèmes manuscrits de Laâbi et réaliser ainsi les 7 exemplaires du livre d’artistes. Alain Gorius, éditeur de Ruses de vivant, explique : "Kacimi n’a pu réaliser que deux peintures et plusieurs dessins quand la mort l’a fauché. Ce sont ces dessins qui sont reproduits dans le livre tel qu’il est aujourd’hui et qui accompagnent les poèmes de Laâbi. Quant aux peintures, elles sont reproduites en
couverture et en quatrième de couverture". Ruses de vivant est disponible actuellement à la librairie-galerie Les Atlassides à Marrakech et sera bientôt disponible dans les autres librairies, au prix de 100 DH et aux Éditions Al Manar. Un livre émouvant, à avoir.


Dommage !

Hassan Benjelloun
À la sortie de la projection de La chambre noire, traduisez en arabe Derb Moulay Chérif, on a du mal à en penser quoi que ce soit. Pire encore, on se rend compte qu’on n’en a rien retenu plus qu’on ne savait déjà : durant les années 70, des hommes ont été arrêtés, torturés, jugés et emprisonnés abusivement, dont un, Jawad M’didech, La chambre noire étant une adaptation de son livre autobiographique. What else ? Des acteurs au jeu linéaire et récitant comme sur les bancs de l’école des bouts de l’Histoire (à l’exception de Hanane Ibrahimi, une pierre brute, qui, travaillée, pourra un jour briller), une musique qui dessert le film et le tire vers le bas et une
émotion degré 0 - pourtant, ce n’est pas la matière qui manque. Le réalisateur, Hassan Benjelloun, a néanmoins réussi l’incroyable : d’abord, faire rire le public pendant un film qui traite des années de plomb (et enlevez-vous de la tête La vie est belle de Roberto Begnini, on en est à des années lumière) ! Ensuite, rendre attachants geôliers et tortionnaires, personnages qu’il a dotés d’une bonne dose d’humour, au détriment des victimes qui, elles, sont restées d’une platitude mal venue. Quant au décor et à la reconstitution des années 70, Benjelloun a commis l’irréparable : les voitures en images de synthèse sont dignes… d’un bon film d’animation. Années de plomb cherchent bons réalisateurs désespérément.





Suite et fin du festival du cinéma animalier. Samedi 24 avril, le théâtre Mohamed V accueillera la projection des films en compétition de 14h30 à 16h30 et la cérémonie de clôture du festival à partir de 19h30. Les films primés le seront au même endroit le lendemain à 14h30. Dimanche : projection des films nominés au centre culturel de
l’Agdal, Rabat.

La galerie Tadghart accueille actuellement une exposition de céramiques de Safi du début du 20e siècle et ce jusqu’au 3 juillet. La même galerie accueille dans son espace peinture, et jusqu’au 1er mai, une exposition des ardoises et travaux sur papier de Guerryam. Galerie Tadghart, angle avenue Hassan 1er et place de la Liberté. Imm Berdaï, galerie commerciale n°11, Guéliz Marrakech. Tél. 044 43 22 58

Anne Roumanoff revient au Maroc pour son nouveau spectacle "Follement Roumanoff" et foulera le 21 mai à 20h30 les planches du Mégarama. Les billets sont au prix de 250, 300, 350 et 400 DH (prix qui correspondent à loin, pas très loin, proche et très proche de l’artiste) et sont en vente au Mégarama tous les jours, sauf le lundi de 10h à 14h30 et de 15h30 à 20h.

Sortie dans les salles de Mille mois (enfin !), premier long-métrage de Faouzi Bensaïdi, primé à Cannes dans la catégorie "Un certain regard". Le 28 avril au Mégarama, au Ritz et à l’ABC à Casablanca, au Colisée à Marraech et au Royal à Rabat.

 
 
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