Quand "Châles et Foulards" a mis les voiles
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Diamantine totalise 14 points
de vente au Maroc
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Après les attentats de Casablanca, Châles et Foulards, lenseigne qui a démocratisé le hijab en le rendant attrayant pour la bourgeoisie, a laissé sa place à un nom moins suggestif, Diamantine. La chaîne parle de nouvelles orientations marketing. Par Adil Hmaïty
La montée en force de lintégrisme dans la société marocaine a eu ses indicateurs. Le plus palpable demeure les changements dhabitudes vestimentaires observés parmi la population fondamentaliste. |
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Côté hommes, durant les procès consécutifs aux attentats du 16 mai, la mode afghane avait été montrée du doigt. Aujourdhui encore, il faut aller dans larrière boutique de ce vendeur de la Qissaria Haffari à Casablanca pour trouver un modèle de la fameuse gandoura afghane.
Côté femmes, le cas de lenseigne de mode Châles et Foulards demeure le plus emblématique. En août 2003, la chaîne de magasins spécialisée dans la commercialisation du hijab, a tout simplement changé didentité visuelle. Elle est devenue Diamantine. Ses dirigeants, sans doute affectés par la déferlante médiatique qui a suivi le changement de dénomination, affichent une méfiance à toute épreuve.
Le 16 mai pour tous
Nous sommes en avril 2002. Les regards du monde sont tournés vers le royaume, dont la multiplication des procès anti-islamistes ne laisse plus de doute sur son souci sécuritaire. De lextérieur du pays, les analystes traquent les indices de la montée en force des islamistes dans la société marocaine. À ce moment, Stephen Smith, le journaliste du Monde, choisit de titrer sur "Une soirée Châles et Foulards" pour l'un des cinq articles de sa tournée au Maroc. Sur un ton lyrique, le journaliste tente de percer le secret de ce voile, introduit par la chaîne, mi-réservé, mi-coquin bordé de bijoux et que la bourgeoisie sarrache. "Larticle a été accueilli comme une consécration par les propriétaires", se rappelle lun des rares anciens de la chaîne à tenir encore un magasin. Et puis, il y a eu les attentats du 16 mai et ses priorités sécuritaires. Dans les Qissariate, les centres de commerce traditionnels, on traque les cassettes de prêche au même titre que les gandouras et
le foulard. Cest là, en août 2003, que Châles et Foulards cède sa place à un nom moins suggestif, Diamantine. Aussitôt, lenvoyé spécial de LExpress relève le changement, non sans noter que la chaîne "où sapprovisionnent les élégantes a vu son chiffre daffaires sombrer". LÉconomiste conclura tout simplement que les magasins "séloignent de lintégrisme". Fin de la série.
Silence radio
En fait, Diamantine a toujours été la société gestionnaire de la marque Châles et Foulards. Selon les informations publiques contenues dans son registre de commerce, lenseigne est née le 2 octobre 2002 et le seul changement intervenu dans ses statuts a eu lieu le 12 janvier 2004 à loccasion dune importante augmentation de capital. Celui-ci est passée de 100.000 à près de 10 millions de dirhams. La raison ? Madame Zhour Kabbaj, que le relevé du RC indique comme cogérante de Diamantine et dont la famille est également présente dans le secteur textile à travers dautres sociétés comme Soft SARL (source Kompass Maroc), sest refusée à tout commentaire. Pourtant, un passage en revue du nombre de magasins de la chaîne qui a sensiblement augmenté montre que la structure a multiplié les ouvertures. Aujourdhui, le réseau est constitué de 14 points de ventes, Casablanca se taillant la part du lion avec 11 unités, et le reste répartis entre les villes de Fès, Marrakech et Tétouan. "Il sagit dun réseau de distribution appartenant à la société mère et non de franchises comme cela a été dit", note un des responsables de la société. Le 16 mai naurait donc pas été aussi fatal que le laissait entendre LExpress. Côté contenu, Diamantine sest diversifié par rapport à son ancêtre, Châles et Foulards. Les différentes déclinaisons du hijab ont été agrémentées daccessoires, de bijoux, de pyjamas et de différents autres produits féminins. Madame Kabbaj a lâché lors dune conversation brouillée que le changement de nom sexplique par la nouvelle orientation marketing de son produit. Largument est, dailleurs, confirmé par tous les responsables et les agents de magasins que nous avons visités discrètement. Pour eux, le 16 mai est un argument par défaut, retenu par lopinion publique à cause du silence têtu des propriétaires. |
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