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N° 124
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1949 : naissance à Settat
    1976 : diplômé en pharmacie
    1983 : lauréat du conservatoire libre du cinéma, Paris
    1990 : première projection du film La fête des autres
    2000 : réalise Jugement d’une femme
    2004 : sortie de Derb Moulay Chrif (La chambre noire)

Smyet Bak ?
Mohamed Bentaleb Benmehdi Belhoucine Ben Boubker Ben Mohamed.

Non mais continuez, on a toute la page pour ça !
Je fais exprès de tout citer parce que nous avons réussi à remonter l’arbre de notre famille.

Bravo. Smyet Mok ?
Zahra Bent Mohamed Belfqih.

C’est tout, vous êtes sur ?
Oui, c’est tout pour elle.

Nimirou d’la carte ?
W 37 001.

Que fait un Benjelloun à Settat ?
Toutes les familles fassies sont représentées à Settat. La ville a pendant longtemps été une sorte d’escale entre Fès et Marrakech et beaucoup de familles ont fini par s’y installer.

Ça n’a rien à voir, mais vous croyez que les Fassis sont une race supérieure ?
Je dirais qu’ils étaient plus proches de la civilisation avant d'être rattrapés par les autres.

C’est drôle, vous semblez presque le regretter !
Non, parce que ça enrichit le Maroc. L’exode des juifs a par exemple, affaibli le degré de civilisation.

Vous qui avez fait un film sur Derb Moulay Chrif, mais n'y avez jamais été. Qu'en connaissez-vous ?
J’ai connu les gens qui y ont été arrêtés. Je l’ai découvert à travers les livres, à travers les policiers et les tortionnaires qui y travaillaient.

Vous avez fréquenté les tortionnaires de Derb Moulay Chrif ?
Oui, certains, pour faire mon film.

Vous avez vu Archane ?
Non, j’ai vu des gens qui ne sont pas connus. J’ai vu les familles. J’ai visité un lieu qui ressemble beaucoup à Derb Moulay Chrif.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour choisir ce sujet ? C’est le plus vendeur du moment ?
C’est d’abord une adaptation d’un roman. Je ne crois pas à l’effet de mode. On peut faire plein de films sur Derb Moulay Chrif, ce ne sera jamais assez. Voyez tous les films sur la guerre d’Algérie, ça intéresse toujours les gens.

Avec le risque de pervertir l’histoire…
Il suffit de faire les choses correctement.

Vous êtes pharmacien ou cinéaste ?
Je suis aussi agriculteur et père de famille. Sur ma CIN, c’est écrit pharmacien, mais sinon, j’ai ma carte de cinéaste, d’agriculteur et beaucoup d’autres cartes professionnelles.

Vous êtes du genre à croire que la carte fait l’homme ?
Non, mais c’est utile pour pas mal de procédures administratives.

Et vous avez le temps de vous consacrer à toutes ces tâches, Super Hassan ?
J’adore faire le comptoir dans ma pharmacie. Je crois qu’il faut juste savoir faire profiter chaque profession de l’autre. Dans ma pharmacie, je reçois jusqu’à 300 personnes par jour. Ça enrichit le cinéaste qui est en moi. Pareil pour l’agriculture. C’est en vendant des veaux que j’ai acheté ma première pellicule. Le berger a servi le cinéaste.

Qu’est-ce que ça vous fait d’entendre parler de nouvelle vague de cinéastes marocains ?
La vague est par définition un mouvement. Je pense que pour notre cas, il est plus approprié de parler de génération. Ça fait plaisir de voir des jeunes, tout frais, faire d’aussi jolis films. De voir qu’ils ont attrapé le virus.

Et qui vous font peut-être de l’ombre ?
Pas à moi. Mon cinéma est planifié. Je sais toujours ce que je vais faire après.
Mon prochain film est en stade d’écriture. Tout est déjà préparé.

Vous avez la réputation de quelqu’un qui accepte de nombreuses invitations à des festivals marginaux. C’est louche !
Dans ma vie, j’ai fait aussi bien les grands que les petits festivals. Je me suis rendu compte que dans les petits, on fait généralement des rencontres très rentables, on fait connaissance plus facilement. Il y a toujours des gens qui proposent de vous donner un coup de main. C’est fantastique.

Dites, c’est bien vu d’être cinéaste quand on a 55 ans au Maroc ?
Oui, je ne vois pourquoi ce ne le serait pas. En plus, je ne suis pas très connu, je travaille tranquillement dans mon coin. Je ne suis pas très médiatisé. Je vis loin des projecteurs.

 
 
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