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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

L’IER a auditionné son fils : L’Affaire Ben Barka sur la table

La vérité enfin ? (Photo AFP)
Bachir Ben Barka, le fils aîné du célèbre disparu, devait se rendre cette semaine au Maroc pour rencontrer, accompagné de l’avocat de la famille, Me Buttin, les membres de l’Instance équité et réconciliation (IER). La nouvelle, que l’on tient de source sûre, a été entourée de la plus grande discrétion. Elle est d’autant plus importante que l’IER a fait savoir, depuis plusieurs semaines, son intention de convoquer l’ancien agent du CAB 1, Ahmed Boukhari, l’un des nombreux témoins concernés par l’affaire Ben Barka. Les modalités de l’audition de l’ancien agent n’ont pas encore été fixées. Ses avocats ont transmis à l’IER le souhait de voir la présence, pendant les séances "d’écoute",
d’observateurs neutres, à l’instar du processus de "réconciliation" qui a été entamé il y a quelques années en Afrique du Sud. Des sources proches de l’IER indiquent que l’instance a reçu des garanties au plus haut niveau pour aller loin dans la recherche de la vérité sur le sort du grand leader socialiste. Reste à savoir quand cette vérité, toute la vérité, sera connue et, surtout, quelle est la partie qui en sera rendue publique.


Un Zaïm de moins : Bensaïd ne préside plus la GSU

Mohamed Bensaïd Aît Idder
C'est officiel. Mohamed Bensaïd Aït Idder a profité du dernier conseil national de la GSU (Gauche socialiste unifiée), tenu dimanche dernier à Casablanca, pour annoncer sa décision : "Je me dégage, a dit le vieux leader, de toute responsabilité au sein de la GSU. Ma décision est irrévocable et elle prendra effet à partir du prochain congrès du parti (ndlr : en juillet 2004)". Bensaïd a longtemps hésité avant d’officialiser son retrait. Régulièrement mis à l’index par certaines composantes radicales de la GSU, le président d’honneur vivait mal, très mal, les dissensions internes de son parti. Dans son entourage, on le dit déçu et fatigué. De fait, l’homme a tourné, depuis de longs
mois, l’essentiel de ses activités vers sa région natale, dans le Souss. Détail important : Bensaïd n’abandonne pas toute activité politique, loin s’en faut. Il n’est plus président - honorifique - de la GSU, mais il ne démissionne pas du parti. Il garde, en outre, son siège de parlementaire. Comme nous l’a confirmé l’un de ses confidents, "Bensaïd n’a pas abdiqué, il a juste fait le calcul de rendre possible une alternance au sein du parti". La GSU, pour rappel, fonctionne théoriquement avec 4 S.G dont l’un, Ahmed Herzenni, est depuis quelque temps aux abonnés absents.


PJD mate opposants : Khalidi "coopté"

Assurément, le PJD est un parti qui a retenu vite et bien toutes les leçons de la gouvernance politique. Son dernier congrès a été une réussite qui a porté, comme prévu, Saâd-Eddine El Othmani à la tête du parti. Mais, il y avait un hic : Mohamed Khalidi. Le fondateur du mouvement "Al-Yakada Wal-Fadila (vigilance et bienfaisance)", concurrent direct du MUR, duquel sont issus la plupart des dirigeants du parti, n’a pas été élu parmi les membres du secrétariat national, première instance de décision au sein du PJD. Plutôt que d’en faire un opposant interne ou, comme certains le prédisaient, le conducteur d’une scission possible à l’intérieur du PJD, les dirigeants viennent, en début de semaine, de le "coopter", en compagnie de deux autres repêchés de dernière minute au secrétariat national, désormais fort de 27 membres. "La décision de repêcher Khalidi, nous commente une source proche du PJD, est un moyen de calmer les ardeurs de l’intéressé, tout en maintenant une mosaïque variée, importante pour la façade de démocratie interne, dans la composition du secrétariat national. C’est aussi un clin d’œil destiné à faire plaisir à El Khatib, qui n’est peut-être pas étranger à cette décision". Les vrais décideurs du PJD, proches du MUR, n’ont pas cédé du terrain pour autant. En voulant repêcher Khalidi, ils affaiblissent sa voix et celle de son association, autrement plus dangereuses dans le rôle d’opposants.

 
 
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