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N° 124
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Erramach : Une sentence légère

La sentence est tombée très tôt dans la matinée du mercredi 21 avril. Après 17 heures de délibérations, les juges de la Cour spéciale de justice (CSJ) ont tranché dans l’affaire Erramach. L’accusé principal et son alter ego, El Nene, ont été condamnés à trois ans de prison ferme. L’ex-préfet de Tétouan, Mohamed Skoury, et son ex-directeur de la sûreté régional, Mohamed Charaf Eddine, ont été condamnés à deux ans de prison ferme. Les cinq juges poursuivis, dont Abdelhak Serhan, le frère du juge d’instruction en exercice à la CSJ, ont été condamnés à deux ans de prison ferme. Enfin, un lot de vingt prévenus a été acquitté par la cour. Les peines légères, même trop, par rapport à la gravité de ton affiché au tout début du dossier, en août 2003, par le ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ, sont
dues à la nature des charges retenues contre les prévenus. Mounir Erramach et El Nene, présentés comme des trafiquants de drogue notoires, saisies de matériel high tech à l’appui, n’ont été convaincus que du délit de corruption. La cour s’est suffi de la même charge à l’encontre des magistrats et des hauts gradés de la police. Le détournement de deniers publics, délit plus grave, n’a été retenu qu’à l’encontre d’un seul prévenu, Saïd Massou. Quant aux amendes, (5.000 dirhams pour la plus forte), elles prêtent à sourire par rapport aux fortunes avancées lors de l’enquête.


Préfecture d’El Jadida : Bella confirmé aux commandes

Saïd Bella, le préfet chargé de mission au cabinet du général Laânigri, a été officiellement nommé à la tête de la Sûreté de la ville d’El Jadida. La montée en grade de Saïd Bella était attendue. Depuis quelques mois, il avait déserté son poste à la DGSN et collait au ministre de l’Intérieur, Mustapha Sahel, comme conseiller lors de ses déplacements à l’étranger. La nomination confirme, cependant, une tendance affichée du général Laânigri. Le directeur général de la Sûreté nationale semble prendre en affection les damnés de l’ère Hafid Benhachem, son prédécesseur. Car Bella en était un. L’homme collectionnait les mutations, signe de disgrâce dans le milieu. Ainsi, en l’espace de six ans, il a connu quatre affectations différentes et avait finalement atterri à la préfecture de Hay Hassani (Casablanca) ou il a décroché, en 2002, son grade de préfet, dit-on, en dépit du refus de son supérieur. Après le 16 mai, Ahmed Abrouk, le seul de même grade dans la ville, lui a été préféré à Casablanca. En guise de compensation, Bella prendra brièvement en charge le très convoité poste de préfet de Rabat, avant d’échouer à la Direction de la sécurité publique à la DGSN. Sitôt installé, Laânigri l’a placé parmi sa garde rapprochée. Aujourd’hui, il renoue avec la sédentarité à la tête de la Sûreté de la ville d’El Jadida.


Souissi : Sauvé par la presse ?

Souissi est l'un des quartiers les plus huppés de la capitale. Dissocié de la commune de Youssoufia lors des élections de 2003, il est devenu l'un des 5 arrondissements de la ville. Depuis maintenant plus de 6 mois, l’activité du nouveau bureau élu, présidé par Faouzi Chaabi (PPS) y est bloquée. À l’origine, un dysfonctionnement administratif. Selon cet employé de la ville, "le nouvel arrondissement ne disposait pas d’outils de travail". À commencer par le siège, que le nouveau bureau devait partager avec le Conseil de la ville ; le matériel qui fait défaut quand il n’est pas obsolète ; le personnel, désigné mais pas encore affecté et enfin, la fourniture (et les vulgaires imprimés des extraits de naissance toujours pas disponibles plusieurs semaines après les élections). Le nouveau bureau annonce une conférence de presse en fin de semaine dernière. Au menu, tout déballer sur lesdits blocages. L’information est relayée par quelques titres et dimanche (qui a dit que l’administration ne travaille pas le week-end ?), les coups de fil se multiplient pour convaincre les organisateurs de renoncer à leur conférence. Lundi, les derniers bureaux occupés par la ville se libéraient doucement, la liste du personnel affecté circulait de nouveau et tout semblait rentrer dans l’ordre. Le bureau élu de Souissi n’a pas pour autant renoncé à sa conférence de presse. Il attend de vérifier que les promesses seront tenues.

 
 
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